Groupe Macif, à fond la centralisation !

Après avoir redressé ses résultats techniques, la Macif enclenche sa rénovation. Son nouveau plan stratégique, Macifutur, doit lui permettre de transformer ses 11 « petites industries régionales » en une entreprise unifiée d’ici 2020.

Abracadabra ! La Macif a enfin les moyens de faire sa révolution et la mutuelle ne va pas se gêner ! Les étapes de sa transformation ont été détaillées le 26 janvier dernier à l’occasion de la présentation de Macifutur, son nouveau plan stratégique pour 2016-2020. Mission : redevenir l’assureur de tous, avec les meilleures solutions, au meilleur prix, en dommages, santé-prévoyance et finance- épargne. Soit un retour aux fondamentaux mutualistes pour la Macif qui s’était fait sa place dans les années 1970 en « cassant les rentes des assurances », dixit Alain Montarant, président du groupe, avec des tarifs 30% inférieurs à ceux des concurrents.

Toutefois, se positionner comme le mieux-disant du marché sans grever sa rentabilité technique, tout juste restaurée, pose une équation a priori impossible. En effet, le ratio combiné ressort aujourd’hui en deçà de 100% contre 103,5% en 2012 au moment du démarrage du plan moyen terme de redressement. Et Macifutur prévoit de le maintenir sous ce seuil. La solution ? Des économies ! Le groupe va, en fait, industrialiser son modèle IARD, activité qui représente 50% de son chiffre d’affaires. Après avoir déjà réduit ses frais généraux de 28 % à 25% sur les trois dernières années, économisant ainsi 90 M€ de façon structurelle (NDLR : un point de taux gagné équivaut à 30 M€), la mutuelle entend encore également les contenir afin de dégager des capacités d’investissement. « L’unification de l’arrière-boutique sera notre levier de compétitivité », assure Jean-Marc Raby, directeur général du groupe. Cette centralisation passera par la rationalisation du modèle interne de gestion en assurance dommages (back-office), le coeur du réacteur de la Macif. Les « onze petites industries régionales » ont vocation à devenir une « grosse industrie unifiée. » À titre d’exemple, les flux informatiques seront pilotés au niveau national depuis Niort par un seul outil contre onze systèmes d’exploitation régionaux à l’heure actuelle. Une lourdeur susceptible de porter préjudice à la relation client. De la même manière, la gestion de sinistres sera demain confiée au siège, notamment pour mieux appréhender les pics d’activité et les situations de sous-effectifs en région, entre autres lors d’événements climatiques. Cette centralisation servira également le projet numérique sous-jacent à Macifutur. Car dans le domaine de l’e-mutualisme, tout reste à faire pour transformer l’expérience des sociétaires. De fait, l’omnicanalité est actuellement inexistante, pourtant celle-ci permettrait au client de démarrer son devis en ligne, de le poursuivre au téléphone et de l’achever en agence. Une nécessité commerciale. La mutuelle estime, à cet égard, que la part des souscriptions 100 % en ligne représentera 10 % de ses ventes en 2020.

Nouveaux produits, nouveaux formats

Les produits, justement, seront aussi rénovés. De nouveaux formats d’assurance sont prévus, à commencer par un nouveau contrat MRH et certainement une assurance auto « Pay How You Drive » à destination des jeunes conducteurs. En assurance de personnes, une nouvelle formule multisupport sera commercialisée dès février. « Nous souhaitons animer le marché », promet Jean-Marc Raby qui caresse, ce faisant, l’espoir de multi-équiper les clients. Ces derniers détiennent actuellement 3,2 contrats, mais pourraient, selon lui, facilement en posséder 7 ! Un challenge commercial pour les 530 agences qui composent le réseau. Leur nombre ne devrait pas fléchir, mais une centaine d’entre elles sera relocalisée dans des emplacements prompts à favoriser une « meilleure visibilité de la marque ».

Restaurer la compétitivité dans les rouages de la mutuelle niortaise ne saurait, enfin, se passer du lifting de la machinerie politique… « Nous entendons différencier l’appareil politique de représentation sociétaire de l’organisation technique », concède Jean-Marc Raby. Une révolution copernicienne dans l’histoire de la Macif depuis le tournant de la régionalisation opéré à la fin des années 1980. Et pour cause : aux 5 nouveaux pôles territoriaux (non définis) qui constitueront autant de grandes directions commerciales chargées de la diffusion des produits, se superposeront à fin 2017, 13 ensembles calqués sur la carte des régions administratives. Sans connexion apparente. L’élection des 2 000 délégués régionaux et nationaux sera quant à elle, simplifiée avec un seul scrutin dès 2017. Une entorse au mutualisme d’origine, justifiée par la rénovation du modèle économique et la conquête de 500 000 nouveaux sociétaires ?

  • Le plan stratégique Macifutur transformera la physionomie de la mutuelle. Exit les 11 régions actuelles, bienvenu aux 5 nouveaux pôles territoriaux qui seront chargés, dès le 1er janvier 2018, de gérer et, surtout, de réchauffer les relations avec les 4,9 millions de sociétaires. Derrière le rideau régional, l’organisation sera progressivement centralisée.

    Objectif : gagner en agilité. À noter que ces 5 super-directions commerciales, se superposeront à 13 ensembles destinés à la vie politique de la mutuelle.

Sferen : Macif et Matmut revoient leur tempo prudentiel

La conversion de Macif et Matmut en groupe prudentiel prend du temps. Les gouvernances des deux mutualistes consommeront vraisemblablement tout le délai de la transitoire d’exécution fixée par l’ACPR au 31 décembre 2017 pour effectuer leur mue prudentielle. Objectif : remettre une copie propre à l’occasion des assemblées générales de juin 2017 et non plus de juin 2016 comme annoncé initialement. Un retard que Jean-Marc Raby justifie au nom de « l’effet d’aubaine de la réglementation ». Et d’ajouter : « Compte tenu de l’importance des travaux, nous préférons bénéficier de ce laps de temps. » D’autant que les deux entités ont opté pour une Sgam de Sgam, structure juridique à deux étages, laquelle reposera sur une Sgam de tête (exigences réglementaires, solidarité financière...) et deux Sgam intermédiaires, Macif et Matmut. Une architecture où les stratégies opérationnelles seront définies au niveau des Sgam intermédiaires, en particulier sur les métiers traditionnels (IARD). En revanche, « tout ce qui n’est pas lié au métier historique IARD a vocation à être rassemblé à terme au niveau de Sferen », avance Jean-Marc Raby. Soit la santé, la prévoyance, la gestion d’actifs, et la finance-épargne.

Nous avons réparé notre situation économique ces trois dernières années. Nous pouvons investir.

Jean-Marc Raby, directeur général de la Macif

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