[DOSSIER] Marseille, 3e place de l'assurance 3/9

Le berceau mutualiste est très agité

Le berceau mutualiste est très agité

Environnement ultraconcurrentiel, accélération des regroupements depuis dix ans, nouvelle fiscalité : les mutuelles connaissent une profonde remise en question dans la ville qui a vu naître le mutualisme.

Marseille a toujours été un bastion de la mutualité. Le Grand Conseil de la Mutualité (GCM) est lancé dès 1821. La première caisse de secours mutuel y voit le jour en 1936. Suivront la première pharmacie mutualiste, le premier site avec un centre de santé mutualiste, mais aussi, en 1986, la naissance des Mutuelles de France. Dans les années 80-90, la ville compte plus d'une centaine de mutuelles. La décennie 2000 sonnera l'heure des regroupements.

Resserrer les rangs pour affronter l'ANI

La Mutuelle de France Sud, déjà créée par le rassemblement de 35 mutuelles en 2008, ira même au secours de sa consoeur lyonnaise Mutuelles Santé Plus pour l'absorber en 2011, créant la Mutuelle de France Plus, première mutuelle de la Fédération des mutuelles de France (FMF). Depuis une dizaine d'années, autour du Vieux-Port, d'autres mutuelles engagent des regroupements. AG2R-La Mondiale a ainsi planté son drapeau sur la Mutuelle du Midi (2002) et Prémalliance (protocole de fusion en 2009). En 2008, les Mutuelles du Soleil (Mutualité française) fusionnaient avec cinq consoeurs (290 000 personnes protégées).

« Dans le contexte hyperconcurrentiel de la complémentaire santé, nous devons nous battre avec les autres mutuelles qui ne sont pas dans notre groupe, mais aussi avec les institutions de prévoyance et les compagnies d'assurances », commente Serge Jacquet, président de la Mutuelle de France Plus (250 000 personnes protégées, 120 salariés). « Le marché se restreint et nous subissons le dumping des grands groupes en plus de nouvelles taxes. »

Au point qu'en 2012, six mutuelles de la FMF, dont la Mutuelle de France Plus, créaient Solimut (qui affiche 380 M€ de cotisations pour 760 000 personnes protégées). Objectif : mutualiser les ressources et les outils de gestion et se renforcer sur les contrats de groupe (complémentaire santé et prévoyance). Une réponse notamment à l'accord national interprofessionnel de janvier 2013 qui a rendu obligatoire une couverture santé minimale pour tous les salariés en 2016.

Le marché de la santé est restreint et nous subissons le dumping des grands groupes en plus de nouvelles taxes.

Serge Jacquet, président de la Mutuelle de France Plus

L'avenir est aux pôles d'adossement

Des marchés convoités également par les « autres » mutuelles comme la Macif ou la Matmut. « Cette assurance collective ne touchera pas les jeunes, les seniors et les non-salariés. Or, à Marseille, ils représentent une population importante. Il faudra donc à la fois être prudent et dynamique ! », commente Philippe Ricard, directeur régional Provence-Méditerranée de la Macif, basé à Carqueiranne, dans le Var. Sa région (10 départements, 330 000 sociétaires, 540 salariés pour des cotisations de 400 M€) dispose de deux points de vente à Marseille, où elle compte 70 salariés, dont 40 sur sa plate-forme Macitel fondée en 1990.

Toujours dans les Bouches-du-Rhône, une autre plate-forme accueille 50 salariés à Arles. « Nous devons consolider notre portefeuille et travailler l'équipement dans notre coeur de métier, l'IARD. Mais nous avons beaucoup à faire en santé, notamment avec le pôle santé-prévoyance du groupe Macif, qui se veut un pôle d'adossement, même si les mutuelles santé exercent une très forte concurrence à Marseille, d'autant plus qu'elles se regroupent », poursuit Philippe Ricard. La solution ? « Nous allons vers des adossements avec les mutuelles. Les partenariats sont l'avenir. »

Le grand conseil de la mutualité en convalescence

Un long sursis. C'est ce qu'a obtenu du tribunal de grande instance de Marseille le Grand Conseil de la Mutualité des Bouches-du-Rhône le 7 mai 2013 en décrochant un plan de continuation. Le premier réseau de services et de soins privés à but non lucratif a dix ans pour rembourser ses dettes et mettre en place son plan d'investissement de 17 M€. En redressement judiciaire depuis le 9 novembre 2011 à cause d'un passif de 28M€, le GCM (200 000 patients traités par an et 839 salariés) regroupe 11 centres médicaux, 21 centres dentaires, 9 magasins d'optique, 1 service d'hospitalisation à domicile, 5 services de soins infirmiers à domicile et 1 foyer-logement pour personnes âgées. Il possédait même une clinique (Bonneveine), actuellement en vente, sacrifiée sur l'autel de la réorganisation au même titre que 33 médecins généralistes salariés. Une souscription « Sauver la santé dans le 13 » a d'ailleurs été lancée en février pour aider l'institution, née en 1821 à Marseille.

Testez L'Argus de l'assurance en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Le Magazine

ÉDITION DU 23 avril 2021

ÉDITION DU 23 avril 2021 Je consulte

Emploi

Cabinet DAUBRIAC ET LETRON

Gestionnaire Sinistres H/F

Postuler

Futur Associé H/F

Postuler

+ de 10 000 postes
vous attendent

Accéder aux offres d'emploi

APPELS D'OFFRES

Proposé par   Marchés Online

Commentaires

Le berceau mutualiste est très agité

Merci de confirmer que vous n’êtes pas un robot

Votre e-mail ne sera pas publié