Résultats 2016 : Macif en avance sur son plan stratégique

Résultats 2016 : Macif en avance sur son plan stratégique
Mourad Chefail / Macif Alain Montarant, président de Macif

Après un premier semestre 2016 calamiteux, la mutuelle d’assurance a réussi à renverser la situation. Son résultat net baisse de 7,5%, mais son chiffre d’affaires et ses fonds propres terminent l'année en hausse. Techniquement, Macif est dans le vert.

Avec 5,3 millions de sociétaires, qui détiennent 18,4 millions de contrats, le groupe Macif présente pour 2016 des résultats supérieurs à la trajectoire prévue par son plan stratégique 2016-2020 baptisé #macifutur : le chiffre d'affaires s'établit à 6 293 M€ (+3%) répartis entre 3 116 M€ de cotisations acquises par le pôle dommages, 2 196 M€ par le pôle finance/épargne (980 M€ de cotisations acquises) et 980 M€ par le pôle santé-prévoyance. Ses fonds propres part du groupe (en normes IFRS) s'élèvent à 3 447 M€ (+11%) et le ratio combiné IARD s'est quasi-stabilisé à 99,3% (+0,1 point) et s'est amélioré en santé-prévoyance à 95,9% (-1,3 point). Enfin, le ratio de solvabilité atteint 199%.

Renversement des comptes

Et pourtant, au regard des résultats inquiétants du premier semestre, qui avait vu le résultat net part du groupe chuter de 90% par rapport aux six premiers mois de 2015, l'année 2016 était très loin d'être gagnée pour la mutuelle d’assurance. « Le premier semestre 2016 a été morose, nous avons connu une charge liée aux événements climatiques de 150 M€ conjuguée à des taux en baisse sur les marchés », relate Alain Montarant, président du groupe, « puis la sinistralité s’est avérée moindre au second semestre, les taux se sont stabilisés et la réassurance a joué à plein, preuve définitive qu'il faut toujours se méfier des résultats semestriels avec la volatilité qui caractérise notre marché ». Au final, la baisse de la marge financière liée au contexte de taux bas se traduit par un résultat net de 186 M€, en recul de 7,5%, mais supérieur aux objectifs du plan sur cinq ans dont aucune ligne, du coup, n'a été modifié.

Une stratégie inchangée

Par pôle, l'IARD représente donc 50% du CA du groupe en reste l'ADN avec un résultat net à hauteur de 109 M€ malgré plusieurs événements climatiques significatifs. La marge technique du secteur dommages a aussi été pénalisée par le rechargement des provisions mathématiques de rentes généré par la baisse du taux moyen d’emprunts d’État (TME). Leader sur le marché de l’assurance automobile avec 5,9 millions de contrats pour un chiffre d’affaires de 1 912 millions d’euros (+1 %), la mutuelle assure aussi 4,2 millions de contrats MRH, pour un chiffre d’affaires de 838 millions d’euros (+4 %).« La loi Hamon a perturbé 2016 avec plus de turn-over, mais nous n'avons pas regressé, il y a plus de gens qui rejoignent Macif que de sociétaires qui la quittent, ce qui nous inscrit dans une dynamique de conquête et de fidélisation permanente », explique Jean-Marc Raby, directeur général de Macif.

Inflexion digitale

Lancée en avril 2016, la dernière offre habitation revue et connectée a généré près de 990 000 nouveaux devis et 200 000 nouveaux contrats avec, au final, 11 000 contrats supplémentaires par rapport à la même période l'année précédente. « Nous sommes satisfaits car c'est un terrain très concurrentiel, celui des bancassureurs », souligne Jean-Marc Raby qui visait toutefois plus de ventes. Reste qu'avec 47 000 devis effectués sur Internet pour ce produit, les douze premières semaines de 2017 contre 27 000 demandes en ligne de tarifs envoyées à la même période de 2016, l'attrait est chiffrable, en partie due à la refonte du parcours client en ligne. A ce jour, le nombre de souscriptions 100% digitale s'élève à 8% et 60% des internautes arrivent à aller au bout du processus. « Sur l'automobile, nous enregistrons 15 fois plus de devis... », ajoute Olivier Arlès, Directeur général délégué en charge du pilotage économique et financier au sein du groupe Macif qui a impulsé la révision de la tarification nationale automobile et MRH en mutualisant les tarifs des 5 entités régionales du groupe fin 2016.

Jouer un rôle en matière de protection sociale complémentaire

Côté santé/prévoyance, le pôle, qui apporte 15 % du chiffre d’affaires total du groupe, contribue à hauteur de 38 M€ au résultat net. Si l'on retire l'intégration d'Apivia Mutuelle  - entité née de la fusion de Smip et Smam Mutuelle l'an dernier - la croissance de CA de l'activité est de 2,5% et non pas de 23%. « C'est pas mal dans le contexte qu'a connu la santé en 2016, notamment grâce à une croissance sensible sur le petit collectif et les contrats ACS », précise Olivier Arlès.
Les cotisations se répartissent entre 693 M€ en santé des particuliers, 119 M€ en prévoyance des particuliers, et 169 M€ au titre des contrats d’entreprise. La bascule du stock de contrats individuels vers les contrats collectifs (effet de la généralisation de la complémentaire santé) s’avère progressive. À fin 2016, Macif compte environ 1 355 000 personnes protégées en santé et près de 665 000 assurées. Quid de l'Union Mutualiste de Groupe (UMG) composée de 5 mutuelles qui doit donner corps au pôle ? « Elle démarrera au 1er janvier 2018 et nous espérons qu'elle constituera un accélérateur pour nos activités santé-prévoyance. Après une année de pause en termes d'alliances, la mise en place de l'UMG au sein du groupe Macif vise aussi à proposer un modèle ouvert à d'autres partenaires intéressés pour rejoindre notre modèle de coopération », confie Alain Montarant.

Finance/Épargne

Enfin, le pôle finance/épargne, avec un encaissement de 2 196 millions d’euros, qui représente 35 % du chiffre d’affaires total, participe au résultat net à hauteur de 38 M€. En assurance vie, la collecte nette 2016 baisse à 430 M€, reflétant d’une part la croissance des prestations (+9 %) et, de l’autre, la tendance à la baisse des encaissements observée sur l’ensemble du marché français. Le nombre de souscripteurs est en hausse de 1,1 % et la collecte sur les supports en unités de compte, bien qu’encore modeste, évolue favorablement grâce notamment au lancement du nouveau contrat d’épargne assurance-vie multisupport Multi Vie qui doit renouveler l'offre Mutavie. « On enregistre 85% de nouvelles souscriptions en 2016 sur le multisupport contre 25% en 2015 », confie Jean-Marc Raby qui veut développer les soucriptions avec 20% de parts en UC. L’épargne gérée progresse de 4,2 % pour atteindre 21,6 milliards d’euros. Sur l’activité bancaire, la dynamique commerciale s’est poursuivie en 2016 avec plus de 26 000 nouvelles ouvertures de comptes à vue, portant le stock à près de 102 000 comptes bancaires. Le nombre de livrets et comptes d’épargne s’établit à 48 000, en augmentation de +26 %. En matière de crédits, la production 2016 s’élève à 53 500 crédits pour un montant de fonds mis à disposition qui augmente de 6,1 % pour atteindre près de 500 M€.

Cap sur l'innovation

L’année 2017 s’inscrit donc dans la poursuite de ces résultats avec l’innovation comme chantier stratégique déployé en priorité sur ce nouvel exercice. A preuve, le lancement récent d'un fonds dédié. Quant à la politique de centralisation et la réorganisation en 5 territoires du groupe, il reste aux systèmes d'information à suivre. Le premier trimestre 2017 serait, selon les dirigeants, satisfaisant avec des résultats encourageants et « une vraie dynamique qui s'enclenche et un premier effet des changements ».

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