Smacl assurances tombe dans le rouge après la forte sinistralité de 2010

Smacl assurances tombe dans le rouge après la forte sinistralité de 2010
Un an après la tempête Xynthia, qui a lourdement pesé sur ses comptes, la mutuelle des collectivités territoriales enregistre un résultat 2010 déficitaire. Elle a décidé d'augmenter ses tarifs pour la première fois depuis cinq ans.

Xynthia n'a pas seulement touché les particuliers. La facture de la tempête de février 2010 a également été lourde pour les collectivités, et Smacl assurances, la mutuelle spécialisée dans leur couverture, en fait aujourd'hui directement les frais. L'ensemble des indemnités provisionnées par la mutuelle niortaise pour le compte de la Communauté d'agglomération de La Rochelle s'élève ainsi à près de 9 M€, dont 7,8 M€ pour la seule station d'épuration et un peu plus de 1 M€ pour la médiathèque, la Maison de l'étudiant, La Coursive et divers bâtiments communautaires. À ce jour, Smacl assurances a déjà versé 7,6 M€ d'indemnisation. Au total, ce sont près de 800 collectivités sociétaires qui ont été concernées par l'événement, pour un total de 32 M€.

Ce sinistre est le plus important auquel la mutuelle ait eu à faire face depuis sa création. En octobre dernier, elle a également supporté une indemnisation de 7,7 M€ pour l'incendie du collège Val-d'Huisne au Mans. « Notre activité est, par définition, dominée par l'assurance des collectivités, très différente de celle des particuliers, qui représente moins de 5 % de notre encaissement : nos risques sont lourds et à déroulement long. C'est pourquoi nous disposons d'un plan de réassurance très protecteur, mais dont le coût ne cesse d'augmenter », explique le président du conseil de surveillance de Smacl assurances, Michel Paves.

La violence des cieux après celle des cités

La mutuelle, qui cherche d'ailleurs à nouer des partenariats en coassurance (la Maif ayant mis un terme à son accord en 2009) et en réassurance, a donc décidé d'augmenter ses tarifs de 4,9 % en 2011 pour la garantie dommages aux biens des collectivités. La dernière fois qu'elle l'avait fait, dans le même ordre de grandeur, remonte au lendemain des émeutes de l'automne 2005. « Il y a cinq ans, l'émergence du phénomène des violences urbaines, qui nous a durement frappés en 2005 et, surtout, qui faisait apparaître un nouveau risque particulièrement lourd pour les collectivités, nous avait conduits à une révision drastique de nos conditions d'assurance », poursuit Michel Paves. Depuis, la facture n'a cessé de s'alourdir, et il n'y a pas d'espoir qu'elle s'allège, puisque la décision du Conseil d'État du 2 juin 2010 a définitivement enterré toute possibilité de recours des assureurs contre l'État. « Les bâtiments publics restent très exposés. Régulièrement, dans des flambées de violences sporadiques, ils sont victimes ici et là d'incendies que l'on dit pudiquement " volontaires " », indique Michel Paves.

Premières pertes de son histoire

La mutuelle a également décidé de pratiquer une meilleure sélection des risques. Elle réfléchit actuellement à un durcissement de ses conditions de souscription, afin de privilégier les collectivités qui s'engagent de manière volontariste dans des démarches actives de prévention, notamment à travers les plans communaux de sauvegarde. « Il s'agit d'ajuster nos conditions d'assurance, notamment tarifaires, en fonction de l'historique de la sinistralité des collectivités. Ce durcissement ne nous a pas empêchés de renouveler les 20 % de notre portefeuille réglementairement remis en concurrence fin 2010 », explique-t-il.

Au final, si la mutuelle affiche pour 2010 un chiffre d'affaires de 280 M€, en croissance de 2 % par rapport à 2009, elle subira, pour la première fois de son histoire, des pertes au titre de l'année 2010. « Les comptes ne sont pas encore arrêtés, mais la situation sera très tendue. Nous allons accuser un léger déficit, sans toutefois attaquer nos fonds propres », conclut Michel Paves. La question est : jusqu'à quand ?

Le chiffre

32 M€

d'indemnités ont été versées par la Smacl à 800 collectivités touchées par la tempête Xynthia, qui a ravagé l'ouest de la France le 28 février 2010.

Testez L'Argus de l'assurance en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Le Magazine

ÉDITION DU 03 avril 2020

ÉDITION DU 03 avril 2020 Je consulte

Emploi

GROUPAMA OCEAN INDIEN

Responsable du pôle courtage professionnel entreprises et collectivités H/F

Postuler

Assurances Saint Germain

Rédacteur Production Sinistres H/F

Postuler

+ de 10 000 postes
vous attendent

Accéder aux offres d'emploi

Commentaires

Smacl assurances tombe dans le rouge après la forte sinistralité de 2010

Merci de confirmer que vous n’êtes pas un robot

Votre e-mail ne sera pas publié