Thierry Martel (Groupama) : « L’assurance-vie et l’asset management, ce n’est pas la même chose ! »

Thierry Martel (Groupama) : « L’assurance-vie et l’asset management, ce n’est pas la même chose ! »
Thierry Martel Groupama

Le directeur général de Groupama émet des réserves sur les projets de réforme de l’épargne. Réaffirmant son identité mutualiste, il compte redonner à son organe central un statut de société d’assurance mutuelle.

 

Thierry Martel lance un pavé dans la mare. « L’assurance a d’abord un rôle de solidarité et de mutualisation à jouer. Il ne s’agit pas de défendre le business des assureurs, mais l’intérêt des assurés ! », a rappelé le directeur général de Groupama, vendredi 16 mars, à l’occasion de la présentation de ses résultats annuels. Le mutualiste digère mal les réflexions en cours sur la réforme de l’épargne, voulue par Bercy afin d’encourager la prise de risque des épargnants et le financement de l’économie. « L’assurance-vie et l’asset management, ce n’est pas du tout la même chose ! ». Et de pointer « la petite musique dangereuse qu’on entend de la part des asset managers », quelques semaines après que le président Emmanuel Macron a reçu les dirigeants de Blackrock et Fidelity à l'Elysée.

Pour Thierry Martel, « transférer le risque des institutions financières vers les particuliers peut fonctionner tant que les marchés sont porteurs, mais cela risque de poser des difficultés demain s’ils se retournent. C’est une analyse à courte vue ». Dans le cas de la retraite, notamment, les épargnants veulent « de la sécurité ». Et de fustiger le projet de réforme en discussion qui « mettrait tout le monde dans le même panier », riches comme pauvres, et reviendrait à « promouvoir la retraite collective ».

Groupama SA redevient une SAM

Selon le directeur général de Groupama, c’est « la réglementation », en particulier Solvabilité 2, qui a poussé les assureurs à « la financiarisation » et à une allocation de l’épargne « plus individualisée et volatile ». Mais il souhaite aujourd’hui réaffirmer l’identité mutualiste de l’assureur et « sa raison d’être ». Pour cela, l’organe central de Groupama, devenu en 2003 une société anonyme capitalistique Groupama SA, va redevenir une société d’assurance mutuelle (SAM) au même titre que ses caisses régionales, lors de la prochaine assemblée générale du 7 juin. Formellement, l’organe central sera une « caisse de réassurance mutuelle agricole ». Un changement de statut déjà réclamé en 2016 dans un amendement à la loi Sapin 2, déposé par... Christophe Castaner, alors député socialiste.

« Groupama est un mouvement mutualiste décentralisé. L’organe central n’a pas vocation à dégager des profits et distribuer des dividendes aux caisses régionales. Nous replaçons l’église au centre du village », explique Thierry Martel. Outre les questions de cohérence, il met en avant la taille critique et le bénéfice de la diversification qui permet de réduire les besoins en capital et en réassurance. La mutualisation permettra aussi de réaliser les investissements nécessaires dans la transition technologique (intelligence artificielle, data lakes).  A l’heure de la consolidation dans le monde mutualiste, le directeur général de Groupama ambitionne ainsi d’en faire « un hub » auquel sont invités à se joindre des « confrères mutualistes » qui pourront garder leur autonomie, tout en mutualisant lorsque cela est possible. Un « rapprochement souple », plutôt qu'une logique de fusion à l'image des mariages annoncés AG2R La Mondiale-Matmut et Aesio-Macif.

Rentabilité technique retrouvée

Après avoir renforcé ses fonds propres (8,9 Md€) et renoué avec la rentabilité technique (le ratio combiné en dommages s’améliore à 98,9% en 2017), Groupama souhaite ainsi ouvrir une nouvelle page de son histoire et « repartir en croissance ». Après une année 2016 marquée par une sinistralité climatique exceptionnelle sur les récoltes agricoles, le mutualiste redresse la barre. Son résultat opérationnel progresse de 80,8 %, à 349 M€. Son résultat net baisse toutefois de 10%, à 292 M€, en raison d’une charge exceptionnelle de 187 M€. Cette dernière est liée, d’une part, au transfert de la charge de la revalorisation annuelle des rentes viagères de l’Etat vers les assureurs et, d’autre part, à la surtaxe d’impôt sur les sociétés décidée par le gouvernement et au recul de la valeur des pertes fiscales reportables. Le bénéfice net a été tiré en 2017 par l’activité à l’international, dont la contribution progresse de 35%.

 

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