[DOSSIER] Assurance vie 2/4

« Il faut proposer du neuf ! »

Dernière véritable innovation, les contrats à revenus garantis, créés au milieu des années 2000, cherchent encore leur voie. François Robinet, directeur général d'Axa Life Invest, explique pourquoi il croit à l'émergence de la deuxième génération de ces contrats et plus généralement à l'innovation dans l'assurance vie.


Quel est le rôle d'Axa Life Invest ?
Cette unité du groupe Axa conçoit des produits d'épargne long terme avec une dimension assurantielle, comme les contrats d'assurance vie à revenus garantis, hérités des vieux produits « variables annuities ». A l'avant-garde sur ce produit dès 1996 aux Etats-Unis, Axa s'est recentré, après la crise du milieu des années 2000, sur les marchés à fort potentiel : Etats-Unis, Japon, Royaume-Uni, Suisse et France, et a renforcé la gestion du risque. Finalement, la crise a servi de stress test et conduit à la création de ces produits de deuxième génération.

En quoi ces contrats à revenus garantis constituent-ils une innovation par rapport aux contrats d'assurance vie traditionnels ?
S'ils utilisent l'enveloppe de l'assurance vie, il s'agit davantage d'épargne de très long terme dotée d'une assurance de revenus garantis à vie. La première spécificité est que l'assuré connaît, à la souscription, le montant minimum en euros de ses revenus annuels et leur revalorisation (3% par an actuellement). La deuxième spécificité est la promesse de performances. Investi en actions et en obligations internationales, un contrat peut rapporter entre 5% et 7% par an sur longue période. La troisième différence, par rapport au Perp par exemple, est que le capital n'est pas aliéné. Il est rachetable lors de la phase d'épargne et la phase de distribution des revenus. Et au moment du décès, les fonds sont transmis aux ayants-droit.

On leur reproche leurs frais élevés...
Ils sont devenus plus lisibles pour les clients. Les frais de gestion pour l'unité de compte s'élèvent à 0,99% (en dessous du marché) auxquels s'ajoute 1,4% de prime d'assurance : c'est le coût pour être certain d'obtenir, à partir de 67 ans par exemple, des revenus garantis à vie d'au moins 4% par an. Ces frais de 2,4% au total sont déduits du rendement brut mais les 4% garantis sont nets de frais. Certes, si le contrat ne rapporte rien, les frais sont prélevés sur le capital. Mais ce produit s'adresse d'abord aux clients qui ont besoin de revenus.

Font-ils sens par rapport au futur contrat eurocroissance ?
Ils font sens comme épargne longue. Je suis partisan d'une logique de gamme où il pourrait y avoir l'eurocroissance pour le moyen terme (10 ans) et les revenus garantis pour le plus long terme (20 ans) : les deux sont complémentaires.

Quel est le poids du marché en France ?
En France, le marché reste confidentiel. Tous intervenants confondus, la collecte annuelle doit avoisiner 500 M€. Chez Axa, l'encours sur les deux générations de produits est légèrement supérieur à 1 Md€. Mais le marché est amené à se développer. Ainsi au Royaume-Uni, on parle d'une collecte de 4 à 5 Md£ dès l'année prochaine, suite à la réforme du marché des retraites.

Comment le développer ?
Il doit être davantage connu. En France, nous le distribuons via des banques privées (LCL et BNP Paribas pour l'essentiel) et le réseau Axa. Jusqu'ici, seuls les agents Prévoyance et Patrimoine le distribuent. Mais dès la rentrée prochaine, il sera disponible pour tous les agents. Le produit n'est accessible qu'à partir de 25 000 € mais nous réfléchissons à le démocratiser davantage.

Pourquoi le marché de l'assurance vie doit-il innover ?
En assurance vie, les produits les plus diffusés ont plus de 30 ans. Il faut proposer du neuf ! Dans un environnement en train de changer, les assureurs ont un devoir d'innovation très important pour répondre aux besoins des clients. Il faut aussi trouver des stratégies nouvelles face à un environnement de taux bas. Parfois les assureurs sont poussés par les pouvoirs publics à innover, comme au Royaume-Uni où le gouvernement a décidé récemment de ne plus obliger les retraités à acheter des rentes viagères individuelles ou, en France, avec la création de l'eurocroissance.

Les assureurs doivent trouver des stratégies nouvelles face à un environnement de taux bas.

François Robinet, directeur général d'Axa Life Invest

 

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