Mutuelles : les ambitions de l'UNMI

Mutuelles : les ambitions de l'UNMI
Michel Liautard, président de l’Unmi et Loredana Maier, directrice générale de l’Unmi

Deux ans après avoir acquis son autonomie vis-à-vis de Malakoff Médéric, l’Union Nationale Mutualiste Interprofessionnelle (UNMI) se met en ordre de bataille pour atteindre les 100 M€ de chiffre d’affaires d’ici à 2020. Son président, Michel Liautard, et sa directrice générale, Loredana Maïer, expliquent à L’Argus comment ils comptent y parvenir.

Argus de l'Assurance : En quoi consiste le plan stratégique Agile 2020 ?

Michel Liautard - Agile 2020 s’appuie sur la dimension politi­que de notre métier : notre mission principale est d’aider nos mutuelles partenaires, régionales, départementales, locales, à se développer. C’est la condition sine qua non pour que la mutualité continue à exister, avec son éthique, sa manière spécifique d’aborder le lien social… L’ambition de ce plan stratégique est de passer d’une phase de développement d’opportunisme à un développement plus structuré.

Loredana Maïer - Agile 2020 est constitué autour de trois principaux axes. Premièrement, et c’est évidemment l’axe prioritaire, poursuivre le développement de notre activité avec nos mutuelles membres. Nous considérons que, dans un contexte de concentration mutualiste, il y a plus que jamais la place, voire même la nécessité, pour un tissu de petites et moyennes mutuelles dynamiques. Nous entendons également, deuxième axe, développer de nouveaux canaux de distribution, ce qui passe notamment par le courtage : le schisme entre les courtiers et les mutuelles est d’un autre temps. Enfin, notre but, et troisième axe, est également de proposer des solutions assurancielles à des populations en difficulté : c’est ce que nous menons sur l’ACS et allons développer, notamment, pour les seniors.

Quel développement politique et commercial ?

M. L. - L’UNMI est aujourd’hui, peu de temps après sa renaissance, en position de force. Elle est la seule union technique à destination des mutuelles ! C’est, notamment, ce qui a expliqué notre positionnement en 2016 sur la question du RSI. Nous avons été contactés par plusieurs mutuelles pour voir s’il était possible de mettre en place une union, afin de satisfaire aux nouveaux critères de seuil (NDLR : de 23 000 à 600 000 personnes couvertes). Certaines vivent intégralement du régime obligatoire, occasionnant de nombreuses craintes sur le maintien de l’emploi. C’était d’ailleurs un processus similaire qui avait amené l’UNMI à se positionner sur l’appel d’offres ACS.

L. M. - Notre développement commercial sur la prévoyance pas­se par des partenariats gagnant/gagnant avec nos mutuel­les. Le principal problème des petites et moyennes mutuelles est qu’elles n’ont, généralement, pas de ressources internes et/ou techniques pour mener à bien cette stratégie de diversification. Celle-ci est pourtant fondamentale aujourd’hui, au vu du marché de la complémentaire santé… Nous menons, pour l’heure, ces partenariats avec un petit nom­bre de mutuelles-tests. Par exemple, un commercial de l’UNMI travail­le avec la Mutualité française de La Réunion pour former les personnels à la vente de produits de prévoyance. Un procédé gratuit pour nos mutuel–les, parce que nous sommes en capacité de redistribuer les fruits de nos bons résultats ! Si ce dispositif fonctionne, il pourrait devenir généralisable en 2018.

M. L. - Nous poursuivons, par ailleurs, le développement de notre ancrage au sein des bran­ches professionnelles, plutôt de taille réduite et à ancrage régional, pour les équiper en prévoyance : identification des branches, prises de contact… sont au programme des deux prochaines années.

L’offre ACS, Proxime Santé, trouve-t-elle son public ?

L. M. - Nous sommes satisfaits des premiers pas de notre offre ACS Proxime Santé, qui compte au 31 décembre 2016 près de 87 000 personnes protégées, notre objectif initial étant de 50 000. Surtout, notre résultat technique est quasiment à l’équilibre... Ce n’était pourtant pas évident puisque lors de l’appel d’offres sur l’ACS, notre cotisation était la plus élevée des 11 offres finalement retenues. Toutefois, elle n’a pas augmenté et n’augmentera pas durant toute la pério­de 2015-2018.

Proxime Santé est l’illustration même de la pertinence du troisiè­me axe stratégique Agile 2020, à savoir le soutien aux popu­lations en difficulté – c’est pourquoi nous nous positionnerons naturellement sur le prochain appel d’offres ACS. Nos mutuelles rencontrent toutefois des difficul­tés, déjà connues, pour sensibiliser les publics à l’existence même de l’ACS (NDLR : connue par seule­ment 29 % des person­nes concernées, selon des données BVA/Drees de 2014). Nous travail­lons actuellement avec le Fonds-CMU et les autres mutuel­les concernées pour améliorer cette situation.

Quel premier bilan pour le dispositif Acpa (viager) ?

L. M. - La dépendance est un sujet d’actualité récurrent, mais sur lequel les pouvoirs publics ne proposent plus de solutions depuis des années. Plus récemment, le viager revient, lui aussi, au goût du jour, ce qui nous a amenés à lancer l’offre Acpa (Agir contre la perte d’autonomie). Si nous tirons, pour l’heure, un bilan plutôt positif de ce dispositif, avec un bon taux de rentabilité interne, il décolle toutefois difficilement. Peu de mutuelles ont, pour l’heure, décidé d’y participer, rendant plus difficile sa mutualisation, même si elles ont été formées et sensibilisées sur ce sujet. Nous voulons, néanmoins, élargir le périmètre de cette offre, avec de nouveaux partenaires. C’est un sujet en cours de concrétisation.

Comment se portent les activités réassurance et services ?

L. M. - Le développement de l’UNMI passe, également, par son activité de réassurance, avec plusieurs nouveaux traités conclus en 2016. Nous avons les capacités financières pour les mener à bien et soutenir le développement de nos mutuelles membres, sans pour autant impacter négativement notre solvabilité.

M. L. - L’union est aussi un bouquet de services pour nos membres (techniques, comptables, juridiques…), notamment, mis en difficulté avec l’application de Solvabilité 2. Il est d’ailleurs atterrant de voir que certaines mutuel­les cherchent volontairement à ne pas dépasser le cap des 5 M€ de chiffre d’affai­res pour ne pas y être soumis… Notre service de veille juridique est par ailleurs en cours de finalisation.

Quels nouveaux leviers de croissance envisagez-vous ?

L. M. - Nous poursuivons nos réflexions sur le lancement d’une offre en assurance emprunteur à destination des seniors, quelques mois après avoir mis en place Acpa. Mais l’UNMI veut aussi devenir un laboratoire d’idées : nous sommes, par exemple, en train de lancer un projet concernant l’Afrique. Notre constat : plus de 300 M€ sont, aujourd’hui, envoyés par an par la diaspora aux populations locales pour couvrir leurs besoins en santé. Notre ambition ? Participer à la structuration de l’accès aux soins sur place, en se basant sur l’exemple mutualiste français – un travail que nous menons actuellement en Côte d’Ivoire.

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