Mutuelles : dissolution de la FNMI, création d’une association

La Fédération nationale de la mutualité interprofessionnelle (FNMI), une des composantes de la Mutualité française (FNMF), a voté sa dissolution. Ses membres garderont un lieu de dialogue au sein d’une nouvelle association.

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Mutuelles : dissolution de la FNMI, création d’une association
Maurice Ronat, président de la FNMI

Réunie le 11 juin en assemblée générale, la Fédération nationale de la mutualité interprofessionnelle (FNMI), qui regroupe une partie des «interpros» – celles qui ne sont pas des mutuelles de la fonction publique ni d’entreprises –, a donné son aval par 128 voix pour et 2 abstentions à la proposition du conseil d’administration de dissoudre la fédération. Elle a ensuite adopté une résolution entérinant «le principe de la création d'une association ouverte à toutes les mutuelles ou unions de mutuelles qui le souhaitent, ayant des valeurs et des intérêts partagés». L'association pourrait notamment s'ouvrir à des mutuelles d'entreprises.

Des équilibres bouleversés

«Cette décision est le résultat des fusions que nous avons connues ces dernières années», explique Maurice Ronat, président de la FNMI, en rappelant quelques chiffres : il y a quinze ans, la FNMI rassemblait plus de cent mutuelles pour une dizaine de millions de personnes protégées. Aujourd’hui, elle n’en compte plus que 26. Et les trois premières d’entre elles (Harmonie Mutuelle, Eovi, présidée par Maurice Ronat, et Adrea) totalisent plus de 6 millions de personnes protégées sur un total à peu près équivalent à celui du début des années 2000 – tandis que la plus petite ne recense que 1 600 personnes protégées. Ce mouvement de concentration, qui n'est pas limité aux interpros, a bousculé les équilibres au sein de l'ensemble de la Mutualité française.

Des besoins qui évoluent

«Au fil du temps, les mutuelles grossissant avec les fusions, nous nous sommes aperçus que la plupart des mutuelles disposaient en interne des services que leur proposait la fédération, alors qu’il y a quinze ans, très peu d’entre elles disposaient de juristes et d'actuaires, ou même de contrats de prestation extérieurs, comme c’est le cas aujourd’hui», poursuit Maurice Ronat. La FNMI fournissait aussi des prestations en matière d’informatique de santé, en particulier pour accompagner la dématérialisation des relations avec la caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), dans le cadre de Sesam Vitale. Il faut rappeler que la télétransmission des feuilles de soins électroniques (FSE) ne date que de la fin des années 1990. Mais, aujourd’hui, elle est banalisée. Tant et si bien que le périmètre d'action de la FNMI s'était considérablement réduit, l'information et la communication occupant toutefois toujours un rôle de premier plan. Mais les missions qui restaient dévolues à la FNMI ne justifaient apparemment plus le maintien d'une fédération, avec les coûts qu'elle implique pour ses membres (0,20 € par personne protégée et par an).

Un lieu d'échanges

«Ce que les mutuelles recherchent aujourd’hui, c’est un lieu de dialogue», souligne Maurice Ronat. La future association, dont les statuts et le nom seront définis à la rentrée, aura donc avant tout vocation à être un lieu d’échange et de réflexion entre «des mutuelles ayant des caractéristiques partagées», à «promouvoir leurs positions et leurs intérêts stratégiques», ainsi qu’à «organiser leur juste représentation et leur expression au sein du mouvement mutualiste».

Toutes les mutuelles seront sur un pied d’égalité dans les instances de l’association, puisqu’elle sera fondée sur le principe «une mutuelle, une voix». Le financement sera forfaitaire et beaucoup plus modique que celui d’une fédération, car la strcuture opérationnelle sera «très limitée», précise encore la résolution.

L’enjeu de l’emploi

Le seul point délicat qui reste à régler est celui de l’emploi. Outre la directrice générale, la FNMI occupait encore neuf salariés. Deux d’entre eux étant proches de l’âge de la retraite, il en reste donc sept pour qui il faudra trouver une solution. La FNMI a transmis leurs dossiers aux mutuelles et à la FNMF pour y parvenir. «Nous avons espoir de recevoir des propositions dans les semaines et les mois qui viennent», indique Maurice Ronat.

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