[DOSSIER] Objets connectés 2/4

Objets connectés : la révolution de la connexion

Objets connectés : la révolution de la connexion

Entrés dans les mœurs, l’Internet des objets et l’hyperconnexion vont davantage révolutionner le monde de l’assurance dommages que celui de l’assurance de personnes.

Quand on leur parle d’objets connectés, les Français semblent s’intéresser davantage à leur santé, leur alimentation ou leurs pratiques sportives qu’à leur maison ou leur voiture. Parmi les 2,6 objets qu’ils sont capables de citer spontanément*, la montre connectée (citée par 53 % des personnes interrogées) et le smartphone (37 %) arrivent très nettement en tête, loin devant le téléviseur (15 %), l’alarme ou la caméra de sécurité (12 %), l’électroménager (10 %), le thermostat et le chauffage (9 %).

Difficile de déterminer lesquels de ces objets auront le plus d’impact sur leur vie quotidienne. On peut en revanche parier que cette hyperconnexion va davantage révolutionner le monde de l’assurance dommages que celui de l’assurance de personnes. Les assureurs en sont conscients : leurs investissements et leurs réflexions sont largement orientés vers l’auto et l’habitat connectés. C’est ainsi que Covéa a créé, en décembre 2014, Covéa Next, structure dédiée au financement de sociétés innovantes. En 2015, la Maif a doté son fonds Maif Avenir de 125 M€ jusqu’en 2018 (soit 30 M€ par an) pour investir dans l’innovation, la transformation digitale et l’économie collaborative. En septembre 2015, Sferen (qui regroupe la Macif et ­Matmut) a annoncé la création de Sferen Innovation, nouvelle ­entité ­chargée, elle aussi, d’investir dans des jeunes sociétés ­innovantes. De leur côté, Harmonie Mutuelle et IMA Protect (société d’assistance créée par Macif, Maaf et Maif) sont devenues ­actionnaires de la Cité des objets connectés d’Angers : un lieu de recherche et de prospective, inauguré en juin 2015, dont le directeur, Philippe Ménard, n’a pas souhaité répondre à nos questions : «Les projets que nous suivons exigent la confidentialité».

Le sujet est donc suffisamment stratégique pour que l’ensemble de la chaîne de l’innovation se barricade derrière le secret ­défense. À juste titre, sans doute… même si les enjeux sont aujour­d’hui moins high-tech que ­commerciaux. Les technologies existent : restent à en évaluer les usages et à trouver les modèles économiques pertinents.

Gagnant-gagnant

«La grande période du rêve digital est passée», estime Godefroy de Colombe, président-directeur général de Direct Assurances. «Aujourd’hui, les industriels et les assureurs sont plus dans une ­logique de sélection des business cases qui fonctionnent». De plus, les assurés ont compris que leurs données personnelles valent de l’argent : ils souhaitent des contreparties concrètes quand ils ­acceptent de les donner. C’est précisément là que les assureurs ont des arguments à faire valoir : les clients peuvent trouver leur compte (en réduction tarifaire ou en prévention des sinistres), s’ils acceptent de les laisser entrer dans leur domicile ou sous le capot de leur voiture. Les Google, Amazon, Facebook et autres Apple ne peuvent pas ­forcément en dire autant…

* Source : sondage OpinionWay pour DestreeConnect sur les Français et les objets connectés, mené du 8 au 12 mars 2017 auprès d'un échantillon représentatif de 1070 personnes.

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