[DOSSIER] Dossier : Conseils en gestion de patrimoine indépendants 2/4

Olivier Rozenfeld (Fidroit) : «Le client va devenir juge du niveau de rémunération» (Dossier CGPI)

Olivier Rozenfeld (Fidroit) : «Le client va devenir juge du niveau de rémunération» (Dossier CGPI)
Fidroit Olivier Rozenfeld, président du groupe Fidroit.

Que pensez-vous de la position de l’Esma ?
Par certains aspects, l’Esma a restreint ses ambitions. Mais il faut être lucide : sa position est plutôt défavorable aux CGPI et va générer de nouvelles contraintes.

Pourquoi est-elle défavorable ?
Depuis plus de vingt ans, les CGPI essaient de se différencier des autres acteurs, notamment des conseillers bancaires et des réseaux d’assureurs, en revendiquant leur indépendance. Or, désormais, seuls ceux qui afficheront une non-indépendance pourront toucher des commissions. Cela va contribuer à reconfigurer le marché.

De quelle façon ?
Les CGP qui veulent rester sur un modèle de commissions vont évoluer pour certains vers un statut d’agent lié et d’autres devront atteindre une taille critique pour maintenir leur situation en l’état. Certaines structures se mettent en ordre de marche pour devenir des réceptacles de professionnels qui perdront un peu de liberté. Or, elles auront un droit de regard sur l’activité du CGP, voire un droit de contrôle, car elles assumeront une part de responsabilité sur les agissements des professionnels. Cela signifie davantage de frais et, par conséquent, une rémunération plus faible.

Quel peut être l’impact de la transparence des rémunérations ?
La transparence ira très loin, par exemple en incluant les incentives. Les CGP devront démontrer qu’il n’y a pas conflit d’intérêt. La transparence va surtout révéler la dépendance des rémunérations. Dans ce climat, c’est le client qui va devenir juge du niveau de rémunération et revenir au centre du dispositif. On arrive à un moment de vérité.

Les CGP auront-ils intérêt à se regrouper ?
Ils y seront contraints, car les cabinets de taille modeste ne disposent pas de toutes les armes face aux banquiers, leurs concurrents naturels. Les CGP seront tiraillés entre le modèle bancaire et celui d’autres professionnels libéraux comme les expertscomptables, plus portés sur le conseil. Vous n’êtes guère optimiste… Je suis vigilant. Le marché va très vite et il y a un décalage entre cette évolution et la vitesse de la transformation des cabinets. Nous constatons tous les jours des cabinets qui arrêtent, d’autres qui se vendent, d’autres encore qui deviennent salariés. Dans notre hot line, nous recevons en moyenne soixante-dix appels par jour. On sent les professionnels pressés et inquiets. Et pour d’autres, au contraire plus structurés, cela va bien !

Leur relation avec les assureurs va-t-elle évoluer ?
Avec les compagnies, les règles du jeu vont changer. Certaines commencent à restreindre le nombre de professionnels codifiés, car leur rentabilité est en baisse. Si elles accompagnent et aident les CGP demain, cela ne se fera pas sans contrepartie.

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