[DOSSIER] Réassurance santé et prévoyance 5/5

Optimiser les tarifs de réassurance vie

Optimiser les tarifs de réassurance vie

Soumis à la même pression sur les marges techniques qu’en dommages, les réassureurs vie font de l’optimisation des tarifs et du budget réassurance des cédantes un enjeu central.

Certes, le marché français de la réassurance vie ouvre des perspectives de développement, en particulier en dépendance et en prévoyance, plus forte qu’en dommages. Il n’en demeure pas moins un segment très concurrentiel dans lequel les acteurs se livrent une bataille tarifaire. À l’instar de la non-vie, la réassurance cat’vie fait face à un mouvement de baisse des tarifs. La preuve : selon le 13e benchmark réalisé par le courtier en réassurance Aon ­Benfield en 2016, le rate on line (ROL) – ratio du prix exprimé en pourcentage de la capacité – s’est établi à 1,02 %, soit une diminution de deux points par rapport à 2015 (voir ci-contre). Il confirme une tendance générale au repli, amorcée depuis 2012 sur l’ensemble des protections en excédent de sinistre (XS), de type accidents, garantie accidents de la vie (GAV) et prévoyance collective. La baisse apparaît d’autant plus prononcée en accident et GAV où le ROL recule de 12 points entre 2015 et 2016. Les causes de cette pression tarifaire et concurrentielle ne manquent pas. Elles tiennent aux critères mêmes de tarification. « La tarification de la réassurance ­prévoyance/santé dépend de trois composantes principales. D’abord l’expérience propre du portefeuille réassuré, et de ses évolutions ­probables, ainsi que des garanties accordées ; ensuite évidemment, de la structure de réassurance mise en place ; et enfin des réassureurs ­approchés ! », souligne Arnaud ­Chevalier, directeur de clientèle vie accident et santé d’Aon Benfield. Et d’ajouter : « Pour réussir à optimiser son budget, il faut savoir utiliser au mieux ces trois composantes. »

Coût et impact

Autre raison, et non des moindres : avec l’entrée en vigueur de Solva 2 au 1er janvier 2016, chaque cession en réassurance, quelles que soient la nature du risque et sa durée, ne peut plus éluder la question de son coût en capital et de son impact chez les cédantes. « Formaliser et rédiger une politique de réassurance a permis aux cédantes de prendre conscience de leurs besoins : quelle priorité optimale fixer sans se mettre en danger ? Quel est mon risque maximal ? », relève Estelle ­Villermet, consultant senior santé et ­prévoyance chez Actuaris. Ces ­dernières n’ont toutefois pas ­attendu le nouveau cadre prudentiel pour chercher à optimiser leur couverture en réassurance en agissant notamment sur les portées (à la baisse) et les priorités (à la hausse). Dès lors, en dehors des traités en quote-part (QP) où la prime ­commerciale (coût du risque et chargements) est répartie propor­tion­nellement, les réassureurs vie disposent de leviers pour améliorer la connaissance du risque, en ­réduire le coût et maîtriser la charge sinistres.

Un tarif, c'est...

  • La prime pure
    - Sinistres de masse
    - Sinistres de pointe
    C’est l’équivalent du coût réel du risque, ce que le réassureur va supporter comme charge. On l’obtient en calculant la fréquence par le coût moyen d’un sinistre. En réassurance santé, les sinistres sont essentiellement de masse. Les quelques cas de sinistres de pointe peuvent concerner l’hospitalisation, le dentaire ou l’assuré expatrié.
  • Les chargements
    - Commissions de réassurance
    - Commissions de courtage
    - Frais de gestion
    La prime pure ne correspond pas à la prime payée par la cédante. Viennent s’ajouter des chargements dont l’essentiel correspond aux commissions de courtage et de réassurance. À la différence de l’assurance, les tarifs de réassurance ne comportent pas de taxes en fonction des garanties. Avec l’ANI, certaines cédantes n’ont pas hésité à réclamer une baisse des commissions de réassurance pour tenir des tarifs très compétitifs (voire low cost) en collective.
  • Le taux de marge
    La rentabilité d’un programme de réassurance vie s’apprécie selon plusieurs critères : la politique de souscription du réassureur, le nombre de traités chez une même cédante et la nature des risques. « Sur des risques longs comme la dépendance, le réassureur peut consentir à sacrifier une partie de sa marge pour permettre à la cédante de dégager des résultats rapidement. Dans ce cas, le cycle de rentabilité est décalé », observe Estelle Villermet.

TROIS LEVIERS à actionner

  • Modéliser avec des données disponibles et de qualité
    Le réassureur doit pouvoir s’appuyer sur des données pertinentes pour modéliser le risque. Si, en volume, il dispose généralement d’une profusion de données lui permettant d’appréhender au mieux le coût de la réassurance, il se heurte néanmoins à une problématique de qualité et de disponibilités des données en provenance des cédantes. Ce constat est d’autant plus vrai en collective. « Dans le cadre d’une affiliation globale, l’assureur ne dispose que d’informations génériques assez frustres : masse salariale, effectifs, âge... », évoque Estelle Villermet d’Actuaris. Le marché suit de près les débats entourant les données de santé (anonymes) dans la mesure où leur accès peut contribuer à l’amélioration de la connaissance d’un risque et donc de son coût.
  • Agir sur les exclusions
    C’est l’un des leviers les plus évidents à actionner pour moduler un tarif de réassurance. Les conditions du traité peuvent, en effet, varier selon le type d’exclusions. Les plus fréquentes porteront, en collectif, sur des risques spéciaux, tels que l’extraction pétrolière, l’off shore, le minier ou l’expatriation dans des pays réputés dangereux. Elles peuvent se lever moyennant un surcoût pour la cédante. « Les réassureurs ne pratiquent plus d’exclusions sur le risque terroriste ou le nucléaire (fission). Cette pratique n’est plus admissible par les cédantes », rappelle Estelle Villermet d’Actuaris.
  • Sélectionner soi-même le risque
    Le tarif correspond à un coût associé à une fréquence de sinistres. Pour la maîtriser, les réassureurs du marché disposent de leur propre sélection médicale en individuel pour des risques comme l’emprunteur, la GAV, la dépendance et le décès. Les principaux opérateurs du marché européen, à l’instar de Scor, Munich Re, RGA, Swiss Re et Hannover Re, ont engagé des dépenses d’investissement pour moderniser leurs outils de souscription (plateformes de sélection automatisées).

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