[DOSSIER] Dossier : la gestion de sinistres auto 3/4

Pourquoi Covéa détruit les voitures dans son labo

Pourquoi Covéa détruit les voitures dans son labo
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Le groupe mutualiste d'assurance Covéa détient un centre de recherche technique original. En simulant des accidents, il produit toute une batterie de données afin d’optimiser la gestion de sinistres.

AIS, pour Assistance Indemnisations Services, est le département de Covéa dédié à la gestion des 4 millions de sinistres traités par Maaf, MMA et GMF en 2015. Un chiffre qui comprend un million de missions d’assis­tance effec­tuées par sa filia­le Fidélia. Ce pôle indemnisation (5 Md€ versés) gère aussi les réseaux de prestataires dont 4 200 réparateurs agréés. Mais la corde qui fait briller son arc, c’est Cesvi France.

Créé en 1999 à l’initiative de la Maaf et de Groupama, ce techno-centre a été racheté à 90 % (1) par Covéa en novembre dernier. Cette structure, basée à Poitiers, abrite 26 collaborateurs, surtout des ingénieurs, qui réalisent une quinzaine de crash-tests par an. Ils accidentent donc volontairement l’avant et l’arrière de véhicules neufs, à une vitesse règlementée de 15 km/h.

Le juste prix… de la prime d’assurance

« Ensuite, nous les réparons et voyons ainsi quel est le coût de réparation précis. Car la solution qui consiste à se référer à l’ancienne génération pour calculer l’évolution de son prix à l’après-vente est un leurre, tant les voitures embar­quent aujourd’hui de capteurs, de radars, d’équipements et de technologies », détaille Laurent Decelle, directeur pôle performance auto de Covéa AIS. La dernière Audi A4, par exemple, revient à 4 000 € pièce, soit un montant plus élevé que la génération antérieure. Crashés et autop­siés par Covéa, ces véhicules permettent aussi à sa direction technique IARD de mieux ta­rifer les primes, en amont. « Cela évite l’anti-sélection avec des tarifs inadaptés pendant les deux premières années dans nos portefeuilles clients », précise Laurent Decelle.

En clair : les données de Cesvi France raffi­nent celles de SRA (Service Réparations Automobiles) utilisées par la profession afin d’obtenir le juste niveau de la prime d’assurance. Ces mêmes crash-tests permettent aussi de rédiger des méthodes de réparation pour les partenaires réparateurs et les experts de Covéa qui viennent se former au centre. 1 000 stagiaires y ont été reçus l’an dernier. « L’idée consiste à optimiser la réparation plutôt que le rempla­cement de pièces, de faire un juste diagnostic », souligne Laurent Decelle. Et l’affinage ne s’arrête pas là.

Evaluer les responsabilités

Une activité parallèle de reconstruction d’accidents de trafic facilite le partage de respon­sabilités dans le cas des accidents corporels lourds en simu­lant les conditions du choc (vitesse, visibilité…). Une reconfigu­ration est possible à l’aide de formules mathématiques complexes basées sur des relevés topographiques. « Nous scannons alors des véhicules, l’environnement, le lieu où s’est déroulé l’accident… C’est très utile lorsqu’il s’agit de deux-roues et évite de dépendre des relevés des forces de l’ordre », détail­le Laurent Decelle.

Prédire la fréquence des sinistres

Enfin, d’autres tests sur les systè­mes d’aides à la conduite permet­tent de prédire la fréquence des sinistres. « Il faut imaginer des cibles mobiles et des véhicules dotés de système de freinage d’urgen­ce. Nous vérifions à 30 km/h si les promesses des constructeurs se vérifient. Nous prédisons ainsi les fréquences », décrit le directeur de Cesvi France qui anticipe une réduc­tion assez significative des fréquences matérielles de l’ordre de 30 % d’ici à 2030. Un minimum, selon lui. Cela correspond à ce que la profes­sion observe sur le bris de glace en réduction de fréquence depuis 20 ans.

Si cette décroissance se fera lentement en raison de l’âge moyen élevé du parc automobile (9 ans), « elle doit être anticipée », assure Laurent Decelle. Outil désor­mais propriétaire, Cesvi France permet à Covéa AIS d’économiser sur la charge sinis­tre matérielle via la maîtrise des coûts d’indemnisation, la prévention des risques et l’aide à la tarifi­ca­tion. « Il nous différencie », esti­me-t-il.

Laurent Decelle, directeur pôle performance auto de Covéa AIS
« On observe des dommages plus marqués »

  • Votre centre de crash-tests Cesvi vous permet de tarifer les véhicules au plus juste. Quelles tendances révèle-t-il ?
    On observe que le niveau du panier de pièces se dégrade sensiblement car les aides à la conduite, comme les radars sont vulnérables, que l’allègement des véhicules se traduit par une moindre réparabilité des voitures et des dommages plus marqués.
  • Optimiser les coûts est l’objectif phare de cette structure. Sur le volet de l’expérience client, quels sont les leviers de Covéa AIS ?
    Le client est au cœur de notre stratégie, nous ne le segmentons pas. Nous sensibilisons aujourd’hui nos équipes au comportemental, en sus de la réparation du dommage. L’expérience doit être à la fois rationnelle et émotionnelle en s’appuyant sur un parcours cohérent.

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