Pourquoi la Mutuelle Générale fait le choix d’un groupe de protection sociale

Pourquoi la Mutuelle Générale fait le choix d’un groupe de protection sociale
Patrick Sagon, président de la Mutuelle Générale : « La famille mutualiste va devoir revisiter ses plans stratégiques, sinon le bateau va couler. » © © dr

Soucieuse de bâtir un groupe d’assurance de personnes, La Mutuelle Générale n'a retenu que des groupes de protection sociale, Humanis et Malakoff Médéric, pour conclure un partenariat de long terme. Son président, Patrick Sagon, est très critique sur sa famille mutualiste.

 

Patrick Sagon va encore faire grincer bien des dents au sein de la famille mutualiste. Le président de la Mutuelle Générale n’est pas très tendre avec ses collègues des autres mutuelles lorsqu’il évoque son futur partenariat destiné à « construire un véritable groupe d’assurance de personnes ». Lors de la présentation des résultats 2013 de la Mutuelle Générale (lire encadré), son directeur général délégué, Stanislas Bressange a donc confirmé qu’au terme d’un long processus de consultation, ne subsistaient que deux partenaires potentiels : Humanis et Malakoff Médéric. Le choix définitif pourrait intervenir lors d’un conseil d’administration programmé le 26 juin prochain.

L'expérience avec Mornay

Sans s’attarder sur les forces et faiblesses de chacun des deux candidats restant en lice, Patrick Sagon a toutefois argumenté sur l’intérêt de s’allier avec un groupe paritaire. « Nous recherchons un partenaire capable de nous fournir des flux qualifiés », a justifié le président  de la mutuelle, en évoquant la hausse des coûts d'acquisition et l’exploitation généralement faible des sorties de contrats collectifs par les groupes paritaires. Et de souligner que l’expérience menée dans le passé sur ce terrain avec le groupe Mornay avait donné de bons résultats.

Non aux clubs de boules

Mais le président de la mutuelle a également mis en avant la solidité financière des paritaires : «Je ne connais pas de groupe mutualiste qui ait suffisamment de fonds propres pour assurer un développement en prévoyance.» Et de critiquer implicitement Mutex, la société créée par de grandes mutuelles interprofessionnelles, lorsqu’il évoque «une usine à gaz qui ne nous fait pas rêver». Bref, les mutualistes ne seraient pas à la hauteur des mutations du marché, voire friseraient carrément l’amateurisme : «Nous voulons des acteurs matures, dans une logique d’efficacité. Nous n’entendons pas revivre le traumatisme de Mutaris [union mutualiste créée avec la MNT et la GMF : NDLR], les clubs de boules ne nous intéressent pas.»


Sinon le bateau mutualiste va couler

De fait, Patrick Sagon estime que la généralisation de la complémentaire santé à tous les salariés va entrainer une « guerre des prix » et laminer les marges en santé. Le salut ne peut donc venir que d’une diversification sur la prévoyance et l’épargne. « Nous voulons couvrir toute la panoplie de l’assurance de personnes. Nous nous interrogeons même sur l’IARD , en partenariat bien évidement », explique-t-il alors qu’a contrario « les acteurs mono-activité seront très fragilisés ». Ce qui est le cas de nombre d’organismes mutualistes. Et le président de la Mutuelle Générale d’enfoncer le clou : « La famille mutualiste va devoir revisiter ses plans stratégiques, sinon le bateau va couler. ».

Trouver une gouvernnace agile

Reste que les partenariats structurants entre mutualistes et paritaires sont toujours complexes, du fait d’une gouvernance très différente. « Il faut une structure combinante et la Sgam répond bien à cette problématique », analyse Patrick Sagon, avant d’évoquer des évolutions au sein des deux familles et la nécessité de « mettre de l’agilité dans la gouvernance ». De fait, car dans l’exemple le plus connu, la Sgam AG2R La Mondiale, André Renaudin est seul aux manettes opérationnelles. Or difficile d’imaginer Patrick Sagon laisser demain la direction de l’ensemble des opérations à Guillaume Sarkozy ou Jean-Pierre Menanteau, les dirigeants respectifs de Malakoff Médéric et Humanis.

Une forte hausse sur le collectif
La Mutuelle Générale a engrangé en 2013 un chiffre d’affaires de 1,076 Md€, en progression de 2,4%. La progression de l’activité est surtout marquée en assurances collectives (+29%), avec un effectif moyen de 76 personnes pour les nouvelles entreprises clientes. Ce qui, selon la Mutuelle Générale, est de bon augure dans le contexte de la généralisation de la couverture santé collective.
Le résultat net est de 16,2 M€ , en nette baisse du fait du «poids nouveau de la fiscalité», mais demeure «satisfaisant» pour une structure de l’économie sociale. Le ratio de couverture de marge de solvabilité ressort à 3,84 et le ratio combiné de 100,8% « se maintient par rapport à 2012 ».
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