[DOSSIER] Présidentielle 2017 : l'assurance et la santé au sein [...] 12/17

Présidentielle 2017 : Jean-Luc Mélenchon précise ses intentions pour les complémentaires santé

Présidentielle 2017 : Jean-Luc Mélenchon précise ses intentions pour les complémentaires santé
Pierre-Selim / Wikimedia Commons Le candidat de la France Insoumise n'a pu se rendre à l'événement "Place de la Santé" du 21 février 2017, organisé par la Mutualité Française.

Le candidat de la France Insoumise, s’il veut mettre en place une Sécurité sociale dite «intégrale», se veut toutefois rassurant pour le monde de la Mutualité.

Il était l’un des deux grands absents du rendez-vous de la Mutualité Française, tenu ce mardi dans le cadre de la campagne présidentielle. Jean-Luc Mélenchon (La France Insoumise) n’a pu se rendre au Palais Brongniart pour préciser ses intentions quant à la santé et la protection sociale, au contraire de Benoît Hamon, Emmanuel Macron et François Fillon – ainsi que Yannick Jadot et Nicolas Dupont-Aignan.

Il s’explique toutefois sur son absence dans un courrier adressé à la Mutualité Française, considérant qu’il aurait pu être représenté par un porte-parole ou un responsable de programme santé – ce que la FNMF ne voulait pas. Il revient surtout sur l’idée-force de son programme : la mise en place d’une «Sécurité sociale intégrale».

Des chiffrages contestés

M. Mélenchon dément ainsi l’affirmation de la FNMF, voyant dans la prise en charge des soins à 100% par l’Assurance maladie prônée par le candidat de la France insoumise un motif de hausse de la dette et des prélèvements obligatoires. Pour rappel, si le déficit de la Sécurité sociale se réduit depuis quelques années (prévu à 400 millions d’euros hors FSV en 2017, mais 4,3 milliards d’euros en l’incluant), la dette sociale reste de son côté élevée à 121 milliards d’euros.

Cette interprétation mathématique est toutefois contestée par la France Insoumise, considérant que cette Sécurité sociale dite «intégrale» est «entièrement financée». Comment faire en sorte que les dépenses de santé aujourd’hui prises en charge par les complémentaires santé ou les ménages (un peu plus de 42 milliards d’euros par an), transmises donc à l’assurance maladie obligatoire selon ce schéma, soient solvabilisées ?

Dépenses de santé : qui paie quoi ?

Les dépenses de santé peuvent être prises en charge par quatre financeurs : la Sécurité sociale, les complémentaires santé, les ménages (reste à charge) et l'Etat (AME, CMU-C). Si, sur les 195 milliards d'euros de dépenses annuelles en 2015 (selon les Comptes de la santé, DREES), la Sécurité sociale en prend en charge 77%, ces pourcentages diffèrent selon les postes de soins. Ainsi, les restes à charge peuvent se révéler importants sur l'audioprothèse, le dentaire (23%) et l'optique (24%).

CSBM totale (Consommation de services et biens médicaux)

 
194,6 milliards d'euros 100%
Sécurité sociale 149,5 milliards d'euros 76,8%
Organismes complémentaire santé 25,9 milliards d'euros 13,3%
Ménages (reste à charge) 16,3 milliards d'euros 8,4%
Etat 2,9 milliards d'euros 1,5%

 

Vers une réintégration d'effectifs ?

Deux pistes d’action sont mises en avant. Tout d’abord, sur la part complémentaire, M. Mélenchon veut transformer les cotisations aujourd’hui versées aux organismes complémentaires en cotisations pour l’assurance maladie, considérant que ce transfert rendra le dispositif «plus égalitaire». Le candidat met notamment en avant les risques accrus de tarification à l’âge (une récente étude de la Drees faisait le point sur ce sujet) et considère que «la concurrence sur le marché de l’assurance maladie privée conduise inéluctablement à la disparition des pratiques de tarification dite solidaire».

Sur la part aujourd’hui couverte par les ménages, plusieurs pistes de financement sont avancées : suppression des frais de gestion des complémentaires santé, renégociations des prix des médicaments, régulation de tarifs sur l’optique, l’audioprothèse et le dentaire (rejoignant en ce sens le « reste à charge zéro » porté par les concurrents de M. Mélenchon à l’élection présidentielle) ou encore la suppression des dépassements d’honoraires.

Selon les calculs de la France insoumise, ce 100% Sécu bénéficierait ainsi de «ressources largement supérieures aux besoins», ce qui permettrait ainsi à l’Assurance maladie d’embaucher en son sein l’ensemble des salariés travaillant aujourd’hui pour les organismes complémentaires santé – permettant également aux salariés des services de soins et d’accompagnement mutualistes (SSAM) de développer leurs actions. Il mettrait un terme à l’habituel financement qualifié ici de «dual» entre AMO et AMC, financement «de plus en plus inefficient et inégalitaire».

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