[DOSSIER] Présidentielle 2017 (Spécial) 10/11

Présidentielle 2017 : quelle réforme pour la retraite ?

Présidentielle 2017 : quelle réforme pour la retraite ?
Nicolas TAVERNIER/REA Manifestation intersyndicale pour la défense des retraites et la revalorisation des pensions, à Paris, le 9 juin 2016.

Alors qu’une réforme paraît inéluctable pour préserver l’équilibre du système des retraites en France, les propositions des candidats à l’élection présidentielle peinent aujourd’hui à séduire les épargnants et les acteurs du marché.

C’est l’un des sujets les plus clivants de la campagne ­présidentielle... Pour­tant, il n’est pas mis en avant lors des ­débats. «Les candidats ont fait le choix de ­placer la retraite en second plan dans leur programme, derrière des thé­matiques de société qui parlent davantage au plus grand nombre d’électeurs», observe ainsi Patrice Bonin, directeur général d’Arial CNP Assurances.

Pourtant, les idées et les divergences ne manquent pas. Pour ne citer qu’un exemple : quand certains candidats (Nathalie Arthaud, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon ou ­Philippe Poutou) proposent de restaurer le droit à la retraite à 60 ans à taux plein, un autre (François Fillon) ­envisage plutôt un passage progressif de l’âge légal de départ à la retraite de 62 à 65 ans.

Des réformes nécessaires pour éviter des sacrifices

Tous s’accordent néanmoins sur un point : le système actuel doit être ­réformé. «En dépit des engagements des gouvernements successifs en la matière, l’équilibre financier des retraites en France reste extrêmement fragile. Pour assurer la pérennité du système et éviter qu’il y ait un sacrifice sur plusieurs générations, une nouvelle réforme du systè­me semble nécessaire», explique Christel Bonnet, consultante retraite au sein de Mercer France. Selon l’agence financière Bloomberg, avec 2,2 actifs par retraité, les salariés français seraient aujourd’hui ceux qui portent le plus le poids du financement des retraites dans le monde. Or, d’après les prévisions du Comité d’orientation des retraites, ce ratio démographique devrait passer à 1,7 cotisant par retraité en 2018 et à 1,4 en 2040. Autant dire que si rien ne change, le risque d’accroître les diffi­cultés de financement existe.

  • 65 % des Français estiment que la retraite n’est pas assez abordée dans la campagne présidentielle.
  • 26 % seraient prêts à reculer le départ à la retraite pour pérenniser le système des retraites.
  • 7 % seraient prêts à diminuer le montant des pensions.
    Source : Baromètre 2017 sur « Les Français, l’épargne et la retraite », réalisé par Le Cercle des épargnants.

Le rapport Pébereau publié en ­février dernier sur la situation des finances publiques va d’ailleurs dans ce sens. Il indique que de nouvelles réformes sont nécessaires et prône notamment de revoir la durée de cotisation et l’âge de départ sans décote. Malgré ce constat, et si 87 % des Français se disent inquiets du système actuel des retraites, peu d’entre eux sont favorables à des propositions liées au recul de l’âge de départ ou à la diminution des pensions.

De fait, d’autres solutions sont envisagées pour pérenniser le système des retraites. François Fillon et ­Emmanuel Macron proposent de supprimer les régimes spéciaux, comme ceux de la SNCF ou de la RATP. Le fondateur du mouvement En Marche ! indique même vouloir faire disparaître les régimes de retraite de la fonction publique et les régimes de retraite des parlementaires. «Le problème, c’est que s’attaquer aux régimes spéciaux risquerait de créer des tensions sociales dans tout le pays», souffle Christel Bonnet (Mercer). Tant et si bien que pour beaucoup de spécialistes de la ­retraite, aucun candidat à la présidentielle n’a vraiment osé proposer une réforme structurelle du système. «Les Français ne veulent pas qu’on touche au système par répartition», observe Olivier de Fontenay, associé fondateur du cabinet spécialisé en épargne et retraite Eres. Il ajoute : «La meilleure solution pour assurer l’avenir des retraites en France serait pourtant de revoir ce qui relève de la retraite par répartition, de la retraite complémentaire obligatoire et de la retraite supplémentaire. Mais c’est un sujet tellement explosif qu’aucun candi­dat n’a envie d’agiter le chiffon rouge».

Un chantier constant depuis quinze ans

  • RÉFORME FILLON (2003)
    - Durée de cotisation pour bénéficier d’une pension à taux plein dans le public, alignée graduellement sur celle du privé.
    - Passage progressif à 42 ans de la durée de cotisation.
    - Création d’une décote en cas de départ à la retraite sans avoir atteint la durée de cotisation requise et d’une surcote pour ceux qui continuent de travailler au-delà de l’âge requis.
    - Création du plan d’épargne retraite populaire (Perp) et du plan d’épargne pour la retraite collectif (Perco).
  • RÉFORME WOERTH (2010)
    - Âge légal de départ repoussé à 62 ans (dès la génération 1955).
    - Âge pour éviter la décote (sans disposer de tous les trimestres requis) repoussé à 67 ans.
  • RÉFORME AYRAULT (2013)
    - Allongement progressif de la durée de cotisation pour atteindre 43 ans en 2035.
    - Augmentation des cotisations salariales et patronales de 0,3 point entre 2014 et 2017.
    - Création d’un compte personnel de prévention de la pénibilité.

Les acteurs de l’épargne retraite mobilisés

Mais si la place accordée aujourd’hui à l’épargne retraite est totalement absente des débats, les acteurs de ce marché ne baissent pas les bras. «Le bureau de l’association a prévu d’inter­roger les différents candidats pour leur signifier qu’il n’y a pas, pour les fonctionnaires et les agents publics, l’équivalent d’une épargne retraite d’entreprise à l’image des salariés du privé qui peuvent bénéficier de dispositifs tels que les “­Article 83”. Nous poussons depuis longtemps à la ­réfle­xion sur la mise en œuvre de dispositifs de prévoyance retraite accessibles à l’employeur public afin d’encourager l’épargne de long terme», insiste Christian ­Carrega, directeur général de la ­Préfon. «Afin de faire évoluer l’architecture générale des ­retraites dans notre pays, l’épargne retraite entreprise devrait évoluer vers un ANI ­retraite, comme on l’a vu pour la ­complémentaire santé», ajoute ­Patrice Bonin (Arial CNP Assurances). Et pour autant, cette discrétion sur les produits d’épargne retrai­te n’est pas forcément vue d’un mauvais œil sur le marché. «Les ­dispositifs de retraite supplémentaire ont besoin de temps pour s’installer, pour que les épargnants les comprennent et les utilisent. C’est donc ­plutôt bien si le futur président ne ­complexifie pas encore le système», explique ­Olivier de Fontenay, d’Eres. Lancé en 2003, le Perp a ainsi mis plus de dix ans avant de voir sa collecte décoller...

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