Professions de santé : MACSF, se dit prêt à changer d’échelle

Après avoir investi dans des projets structurants, et fort de ses bons résultats en 2015, le groupe mutualiste MACSF envisage de passer un nouveau cap. Les portes de sa Sgam sont ouvertes.

La MACSF achève sa mue. Lancée après la nomination, en mai 2014, de ­Stéphane Dessirier à la tête du groupe mutualiste, la réorganisation arrive à son terme. Elle visait à moderniser la distribution et les services clients. Et apparemment, le projet porte ses fruits. Le groupe mutualiste spécialisé dans l’assurance des professionnels de santé libéraux clôture l’exercice 2015 sur un résultat « historique » de 207,8 M€, en hausse de 62 % par rapport à 2014. « C’est la ­première fois que nous passons la barre des 200 M€ », se félicite ­Stéphane Dessirier.

Ces résultats tiennent aux bonnes performances réalisées sur le plan technique et financier. « Il n’y a pas eu d’événements climatiques majeurs, ce qui nous a aidés en assurance IARD. De plus, nous avons fortement réduit nos frais généraux : en trois ans, ils sont passés de 30 à 27,4 % sur le périmètre du groupe et à 26 % hors épargne retraite. Sur le plan ­financier, la gestion dynamique de nos actifs nous a permis de réaliser de belles plus-values », précise le directeur général. Le groupe qui vise 25 % de frais généraux en 2020, a réduit ses dépenses en cessant de recourir à certains prestataires externes (conseil). Mais la modernisation de l’organisation a également joué de manière favorable. « La numé­risation des échanges avec les socié­taires nous a permis de réduire considérablement les coûts d’affranchissement qui représentent encore 4 M€ sur 210 M€ de frais généraux », poursuit-il.

Au final, ces bons scores ont ­bénéficié aux sociétaires qui ont vu, pour certaines lignes de produits, les tarifs se stabiliser (en santé), voire baisser (en prévoyance), et les taux de rendements du fonds euros en assurance vie se maintenir au-dessus de la moyenne du marché.

Un changement qui concerne aussi les salariés

Les performances enregistrées en 2015 ont également profité aux collaborateurs du groupe. « Nous avons versé l’équivalent de plus de trois mois de salaires en participation et en intéressement et procédé à des augmentations de salaires de 2,25 % en 2015 et en 2016 », ­indique Stéphane Dessirier. Le groupe a, par ailleurs, accordé des primes exceptionnelles de 400 € aux 400 salariés (sur un effectif de 1 550) directement concernés par le plan de réorganisation de la distribution.

Pour rappel, celui-ci avait pour objectif de transférer sur Internet le maximum d’opérations de ­gestion qui revenaient auparavant aux équipes basées au siège ou en agences. « Les appels auparavant traités en agences sont désormais pris en charge par des centres de relations à distance afin que les conseillers se concentrent sur les rendez-vous en face à face avec les sociétaires », précise ­Stéphane Dessirier. Dans le cadre de ce projet, « un certain nombre de métiers ont évolué, des person­nes qui faisaient auparavant de la gestion ont évolué vers des ­fonctions plus polyvalentes de relations clients à distance par téléphone, SMS, email, tchat et Web callback (NDLR : rappel téléphonique après demande en ligne). » Le groupe a accompagné le mouvement en recrutant une quarantaine de personnes en CDI, essentiellement des commerciaux, et en formant les équipes. En 2015, 30 000 heures de formations ont été dispensées et 35 000 sont programmées en 2016.

Malgré ces efforts, le projet qui s’achève a laissé des traces. Les changements de fonctions et les surcharges de travail ponctuelles ont créé quelques tensions en ­interne. « Une des difficultés que nous avons rencontrées a été de calibrer les équipes et de faire en sorte que les nouvelles missions ou le transfert de tâches des agences vers les services clients à distance, par exemple, soient absorbées. Certains collaborateurs ont été un peu chahutés », reconnaît le ­directeur général, « mais au final, leur travail est aujourd’hui plus diversifié. »

Aucun impact négatif sur les ventes

Pour les sociétaires, cette importante réorganisation s’est concrétisée fin 2015 par une refonte complète du site Internet intégrant davantage de fonctionnalités. Les professionnels de santé peuvent désormais y effectuer des simulations de crédit, obtenir des devis et souscrire des contrats : automobile, MRH, RC professionnelle (dans certains cas), et assurance vie, dès septembre. En assurance habitation, 8 % des souscriptions sont désormais réalisées entièrement en ligne.

Les aléas de ce chantier de transformation n’ont pas eu d’effets négatifs sur les ventes. Reste mainte­nant à tirer parti des changements opérés. Le groupe vise ­désormais une croissance de 20 % de ses ­affaires nouvelles (lire ci-dessus).Autre chantier de taille pour le groupe mutualiste : la mise en conformité avec Solvabilité 2. « Pour un groupe très capitalisé tel que le nôtre, Solvabilité 2 n’est pas un problème en soi en termes de métriques. Ce qui nous pose problème c’est la charge considérable que représente le passage au nouveau régime prudentiel. Au total, nous avons investi 15 M€ en informatique et nous avons embauché 25 personnes », souligne Stéphane Dessirier.

En tant que groupe prudentiel, la Sgam MACSF affiche sur la base des indicateurs 2014, un taux de couverture du SCR (capital de solvabilité requis) confortable : 365 %. Mais le chantier n’est pas entièrement bouclé pour autant. Le groupe doit encore faire valider sa gouvernance. « En juillet 2015, nous avons présenté l’organigramme du groupe à l’ACPR, qui nous a informés en janvier 2016 que les dirigeants effectifs du groupe (NDLR : Guillaume Rosenwald, Stéphane Dessirier et Nicolas Gombault) ne pouvaient pas être les dirigeants effectifs des entités solos sans être mandataires sociaux de celles-ci. Il a donc fallu qu’ils soient nommés DG délégués des sociétés solos. À ce stade, nous sommes toujours en attente d’une réponse écrite de l’ACPR. »

Arrivé quasiment au terme de ces chantiers structurants et doté de fonds propres renforcés (2,45 Md€), le groupe MACSF entend maintenant franchir une nouvelle étape (lire ci-dessus) en s’ouvrant vers l’extérieur.

Stéphane Dessirier, directeur général de la MACSF
«La Sgam MACSF est prête à accueillir des partenaires »

  • Comment abordez-vous 2016 ?
    La réorganisation est quasiment terminée. Nous enregistrons déjà des signaux encourageants en termes d’utilisation du site Internet et de productivité. En juin, nous disposerons d’une belle machine de guerre qui devrait nous permettre d’augmenter nos affaires nouvelles de 20 %. Après ces deux années passées à nous concentrer sur notre organisation et sur nos marges de développement commercial, il est temps de relever la tête et de nous tourner vers l’extérieur.
  • Quels sont vos projets ?
    La Sgam MACSF, qui est restée pendant longtemps fermée, est aujourd’hui bien structurée, solide financièrement et prête à accueillir des partenaires. Pendant longtemps, nous sommes restés dans un cercle très consanguin, les sociétés qui ont rejoint le groupe dans le passé nous étaient très proches : avec le Sou médical, par exemple, nous avions des liens historiques de coassurance. Dans un contexte de taux bas et d’évolutions de la réglementation à différents niveaux, certains acteurs de petite taille très spécialisés pourraient avoir intérêt à se tourner vers un groupe comme le nôtre.
  • Vers quels types d’acteurs comptez-vous vous tourner ?
    Nous sommes prêts à accueillir d’autres mutuelles – voire des sociétés anonymes – qui opèrent comme nous sur le marché des professions libérales, par exemple. Nous avons déjà commencé à explorer d’autres marchés : avocats et architectes. Mais nous pouvons aller plus loin. Constituer un groupe qui serait l’assureur spécialiste des professions de santé et libérales, cela pourrait faire sens.
    Propos recueillis par ESTELLE DURAND

LES CHIFFRES DE LA RÉORGANISATION

  • 400 personnes (sur un effectif de 1 500) ont vu leurs fonctions évoluer.
  • 65 000 heures de formation dispensées en deux ans.
  • 40 recrutements de commerciaux.

Les chiffres 2015

  • 2,2 Md€ Chiffre d’affaires 2015, stable par rapport à 2014.
  • 207,8 M€ Résultat net 2015, en hausse de 62 % par rapport à 2014.
  • 2,45 Md€ Les fonds propres ont été renforcés de 200 M€ en 2015.
  • 365 % Taux de couverture du capital de solvabilité requis (SCR) sous S2 sur la base des indicateurs à fin 2014.
    - MACSF Assurances : 559 % ;
    - MACSF Prévoyance : 545 % ;
    - MACSF Épargne Retraite : 277 % ;
    - Le Sou médical : 222 %

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