Quand digital rime avec qualité de vie au travail

Quand digital rime avec qualité de vie au travail

Engagée dans une profonde transformation numérique, La Mutuelle générale a veillé – au travers d’un accord – à ce que les nouvelles technologies n’empiètent pas sur la vie privée de ses salariés.

C’est l’une des thématiques développées au sein du monde de l’assurance au cours des derniers mois. Que ce soit du côté des employeurs ou des salariés, la qualité de vie au travail (QVT) est dans toutes les têtes, et La Mutuelle générale n’échappe pas à cette tendance.

Le 21?juin dernier, la direction de la mutuelle et trois organisations syndicales représentatives (CGT, FO et CFE-CGC), soit environ 80 % des voix recueillies lors des élections professionnelles, ont signé un accord sur la QVT et l’égalité professionnelle. Avec une particularité : la transformation numérique est au cœur de ce texte. « Notre accord sur la qualité de vie au travail est l’un des premiers du genre à intégrer le digital à ce niveau d’importance. Car nous estimons que si les nouvelles technologies sont au service de la compétitivité de l’entreprise, elles doivent aussi être respectueuses de la vie privée », indique Stéphane Gannac, directeur des ressources humaines de La Mutuelle générale. Depuis deux ans, le numérique est entré de plain-pied au sein des ressources humaines de la mutuelle. Des outils collaboratifs – tels qu’un réseau social d’entreprise – sont apparus. Des plateformes d’e-learning ont été développées, et surtout une partie des salariés a été équipée de smartphones professionnels. « Pour autant, nous veillons à ce que ce développement des Nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) se fasse dans le cadre d’une bonne articulation vie pro/vie perso de nos collaborateurs », explique le DRH de La Mutuelle générale.

La vie après le travail est un droit

De fait, des mesures concrètes ont été inscrites dans l’accord QVT. Au premier rang desquelles figure le droit à la déconnexion. Entre 20?heures et 8?heures la semaine, ainsi que les week-ends, les ­emails envoyés par, ou aux ­collaborateurs sont désormais automatiquement accompa­gnés d’un bandeau invitant le destinataire à ne pas y répon­dre pendant ce laps de temps, sauf urgence.

Le texte insis­te aussi sur « l’exemplarité des managers » dans l’utilisation des smartphones : il leur est deman­dé d’éviter les communications auprès de leurs équipes les soirs et week-ends. L’accord précise enfin qu’aucune procédure disciplinaire ne pourra être mise en œuvre à l’encontre d’un salarié qui ne répondrait pas à une sollicitation (par email ou télé­phonique) professionnelle, en dehors de ses heures de travail.

« C’est a priori évident, mais c’est mieux que cette recommandation soit inscrite noir sur blanc », souligne Valérie Delhom­me, déléguée syndicale centrale FO de La Mutuelle générale. En outre, afin de sensibiliser les collaborateurs aux risques potentiels d’une surconnexion sur leur santé, des actions d’infor­mations seront désormais réalisées sur l’Intranet de la mutuelle, alors qu’un ­module sur l’articulation vie privée/vie pro sera intégré à la formation des nouveaux managers.

Mais l’accord ne s’arrête pas là. Grâce aux ordinateurs portables, il est désormais possible de travailler à distance. « Or, cette nouvelle organisation du travail peut parfois poser des problèmes mana­gériaux », souffle un syndicaliste. La Mutuelle générale a en tout cas souhaité aborder cette thématique dans son accord QVT. « La direction et les organisations syndicales rappellent que le présentéisme dans l’entreprise ne doit pas être associé à la notion de mérite et d’efficacité », peut-on lire dans le texte.

Le télétravail s’invite aux négociations

Dans ce sens, une négociation sur la mise en place du télétravail a été ainsi ouverte au sein de la mutuelle en septembre dernier. « Nous n’étions pas forcément ­favorables à cette mesure, mais comme beaucoup d’autres avancées ont été inscrites dans le texte, nous avons accepté ­finalement de signer », indique ­Valérie ­Delhomme, mettant en avant les horaires des réunions qui ont été limités ou encore le lancement d’un service d’assistance ­social (voir encadré ci-contre).

En fait, une seule organisation syndicale représentative n’a pas souhaité parapher l’accord : la CFDT. Pourquoi ? Parce qu’une des mesures qu’elle soutenait – à savoir la mise en place d’une conciergerie – n’a pas été intégrée. La moitié des 2 000 salariés de La Mutuelle générale travaillant en région, la direction estimait qu’il était compliqué de mettre en place ce service dans chacun de ses 70 sites se situant en province.

Elle semble toutefois avoir revu aujourd’hui sa position. « Nous réfléchissons actuellement à un partenariat avec une conciergerie… digitale ! », conclut le DRH de La Mutuelle générale.

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