[DOSSIER] Digital : zoom sur les initiatives dans l’assurance 6/7

Quand les « digital natives » coachent leurs dirigeants

Quand les « digital natives » coachent  leurs dirigeants
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De plus en plus de jeunes salariés de l'assurance forment directement les cadres expérimentés de leur entreprise aux usages du digital.

Dans toutes les entreprises ayant entamé leur transformation digitale, c'est l'un des termes à la mode : reverse mentoring, mentorat ou tutorat inversé en français. Ou comment des salariés, issus essentiellement de la génération Y (nés après 1980), forment aujourd'hui leurs aînés aux enjeux des réseaux sociaux et du numérique.

55

Le nombre de jeunes mentors chez Axa France
« Ces jeunes, qui arrivent dans le monde du travail, ont grandi avec Internet et les outils nomades. Ils ont donc tout naturellement les compétences appropriées pour sensibiliser nos collaborateurs aux usages du digital », explique Nicolas Rolland, directeur de la culture et de l'innovation chez Axa France.

À l'occasion de sa conférence sur le digital organisée le 12 novembre dernier, la compagnie d'assurance a annoncé avoir déployé en septembre une formation de reverse mentoring, basée sur le volontariat. Résultat, en moins de deux mois, 55 personnes ont endossé le rôle de formateur auprès de 250 salariés d'Axa France, leur expliquant comment utiliser au mieux les outils de recherche et de gestion de l'information, ou encore comment gérer leur image dans un monde digital.

Une formation en interne

« Ces séances de formation, qu'elles soient individuelles ou collectives, ne ressemblent pas à des cours dispensés dans une salle. C'est beaucoup plus interactif, car nous sommes dans une logique d'apprentissage immédiat par l'action », observe Nicolas Rolland.

Seulement voilà, si cette nouvelle pratique interpelle, c'est surtout parce que les jeunes mentors coachent directement des cadres de leur entreprise, mettant de côté le lien hiérarchique qui existe pourtant entre eux. À la Maif, tous les membres du comité exécutif ont ainsi eu un rendez-vous dédié au digital avec deux étudiants vacataires. Sans que cela ne pose a priori problème ni aux uns, ni aux autres. « Je comprends que cela puisse être perçu comme un exercice délicat, mais au final, nous avons travaillé sans filtre, la prise de parole des jeunes étant libre, directe et sans complexe à notre égard », indique Olivier Ruthardt, directeur délégué des ressources humaines du groupe Maif. Qui ajoute : « Cette connexion intergénérationnelle est en tout cas à l'image des relations qui se développent dans l'entreprise, à savoir que nous communiquons tout autant de manière horizontale que verticale ».

Ces jeunes, qui arrivent dans le monde du travail, ont grandi avec Internet et les outils nomades.

Nicolas Rolland, Axa France

Pour autant, selon Thierry Raickman, partner au sein du cabinet de conseil en recrutement Eurosearch et Associés, cette pratique passerait moins bien auprès d'autres salariés. « Quand vous êtes dans le management intermédiaire, cela peut être perturbant d'être formé par quelqu'un de moins expérimenté que soi. Car c'est reconnaître que cette personne a des compétences que vous n'avez pas. » Pas sûr que cela soit toutefois suffisant pour convaincre les dirigeants de ne pas utiliser de plus en plus le reverse mentoring. Comme le précise Nicolas Rolland, d'Axa France : « C'est aussi une façon de se familiariser avec les usages d'une nouvelle génération, de voir quels sont leurs modes de consommation. Bref de travailler au plus près sur les pratiques de nos futurs clients ».

Ces DG accros à Twitter

Certains directeurs généraux n'ont pas besoin de se familiariser avec l'usage des réseaux sociaux. Ils sont déjà aujourd'hui très actifs sur Internet, via leur compte Twitter. Avec plus de 1 000 abonnés, Éric Lombard (directeur général de Générali France), Jacques Richier (président-directeur général d'Allianz France) et Ronan Le Moal (directeur général de Crédit mutuel Arkéa) sont ainsi coutumiers de cet outil de communication en 140 signes. À l'inverse des grandes compagnies d'assurance, les mutuelles sont plus discrètes sur Twitter. Car communiquer en 140 signes n'est pas sans risque : une information mal maîtrisée peut en effet tout de suite être largement reprise sur la Toile.

 

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