Quand les Français rognent sur leur complémentaire santé

Quand les Français rognent sur leur complémentaire santé
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La plus faible progression de l’assurance santé ces dernières années n’est peut-être pas simplement liée à la transformation de la contribution CMU en taxe. Nombre d’acteurs témoignent de ce que les Français revoient à la baisse leur couverture santé. Et ce n’est pas qu’un sentiment. « Notre formule la plus protectrice est en recul de 5%, alors que notre garantie d’entrée de gamme progresse de 9% et que notre garantie hospitalisation fait un bond de 15% », a révélé Jacques Chemarin, président de Macif Mutualité, lors d’une rencontre organisée par l’Association des journalistes de l’information sociale (AJIS).
Quasiment disparue à la suite de l’instauration des contrats responsables, celle que l’on appelle aussi la garantie chirurgicale effectue donc son grand retour. Et c’est d’ailleurs ce qui expliquerait pour partie le dynamisme des dépenses hospitalières au sein des organismes complémentaires d’assurance maladie. « Pour la première fois en 2010, le poste hôpital a connu une croissance supérieure à la progression des soins de ville », a rappelé Etienne Caniard, président de la Mutualité française, lors de cette même rencontre AJIS. Et s’il n’est pas forcément convaincu du développement des contrats non responsables, Gérard Andreck , président du Groupement des entreprises mutuelles d'assurance (Gema) s’est dit à cette même occasion inquiet « de ce que la logique d’auto-assurance » fasse son chemin dans l’opinion : « Il y a l’idée que la complémentaire n’est pas forcément indispensable, qu’il vaut mieux être son propre assureur ».

Une avalanche de taxes
En tout état de cause, le président du Gema et celui de la Mutualité française se retrouvent côte-à-côte pour tirer la sonnette d’alarme et pousser le thème du « droit à la complémentaire santé », à l’occasion de la campagne électorale pour la présidentielle. « Le bénéfice de la complémentaire santé est indispensable pour l’accès aux soins – tout le monde s’accorde sur ce constat – mais il est de plus en plus difficile d’y avoir accès », a insisté Etienne Caniard,
Et ce en premier lieu en raison du coût de la complémentaire, même si d’autres facteurs interviennent. « La question financière est la problématique n°1 des usagers », a confirmé Christian Saout, président du CISS, collectif de 37 associations d’usagers de la santé, lors du colloque organisé le 14 décembre dernier par Uniprévoyance, en évoquant les tarifs de la complémentaire santé et les dépassements d’honoraires. Une réalité que les représentants des trois familles de la complémentaires - institutions de prévoyance, compagnies d’assurance et mutuelles - n’ont pas contesté, mais en pointant les raisons qui concourent à la hausse du prix des contrats.
Aucun secteur économique n’a subi une telle hausse de la fiscalité en moins de trois ans, a expliqué en substance Fabrice Henry, président de l’Unocam, après avoir révélé que le produit des taxes sur la santé avait été multiplié par 20 entre 2008 (177 M€) et 2011 (3,5 Md€ en intégrant la dernière hausse de la TSCA). Et Alain Rouché, directeur santé de la FFSA, a regretté que les pouvoirs publics entravent l’action des organismes complémentaires en matière de gestion du risque, et empêchent ces derniers « de faire valoir leur plus-value » sur les domaines qu’ils financent majoritairement. Ce n’est pas le dossier du secteur optionnel qui va changer les choses puisque les complémentaires reconnaissent qu’il y a peu de chances qu’un accord soit trouvé avec les professionnels de santé et l'assurance maladie d’ici à la fin janvier sur la prise en charge des dépassements d’honoraires de certains spécialistes, malgré l’ultimatum de Xavier Bertrand.

Un label contesté
Parmi les propositions de la Mutualité, que « le Gema partage totalement » dixit son président, Gérard Andreck, figure cette revendication récurrente des organismes complémentaires d’en finir avec la position de payeur aveugle. Mais la fédération mutualiste défend également une régulation des organismes complémentaires sous peine selon Etienne Caniard , d’une « extrême individualisation […] et d’une disparition de la mutualisation ». : « Il faut se mettre autour de la table pour regarder quelles règles notamment de solidarité peuvent être instituées au sein de la complémentaire ». La FNMF a ainsi décidé de travailler sur la labellisation des contrats prévu par le projet de financement de la Sécurité sociale pour 2012 pour les populations très modestes mais exclus de la CMU : « Il ne s’agit pas de rentrer dans la logique du contrat repère ou socle, mais de répondre au plus près des besoins exprimés. C’est un sujet majeur pour les organismes complémentaires sous peine de se retrouver dans la situation de la CMUC gérer à près de 90% par le régime obligatoire. » Si ce n’est que beaucoup d’acteurs complémentaires, y compris chez certains mutualistes, voient dans ce label une remise en cause de leur liberté contractuelle.

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