[DOSSIER] Dossier : Gestion d'actifs, la chasse aux rendements [...] 3/3

Quel avenir pour les fonds de prêts à l’économie

Quel avenir pour  les fonds de prêts à l’économie

Trois ans après leur lancement en grande pompe, les fonds de prêts à l’économie ont séduit le marché, mais pour encore combien de temps ?

Les assureurs ont répon­du présents à l’appel des fonds de prêts à l’économie. En 2015, ils finan­çaient les entreprises par la dette à hauteur de 25,5 Md€ selon les chiffres de l’AFA. Sur les fonds Novo, 1,015 Md€ a été appor­té dès le départ par 24 inves­tisseurs dont 18 assureurs. À l’occasion de leur premier anniversaire, la Caisse des dépôts avait dressé un premier bilan : 461 M€ de prêts obligataires étaient déjà accordés pour un montant moyen de 29 M€ auprès de 16 ETI. « Depuis, le 1,015 Md€ a été investi dans le financement de plus de 40 entreprises comme Alès groupe, Direct énergie, GPS, Manitou. La Caisse des dépôts en supervise la bonne exécution », explique Thierry Giami, conseiller de la direction de la Caisse des dépôts et président de l’Observatoire du financement des entreprises par le marché. Mais aussi Altrad, MK2, IDvaleurs, iXBlue qui ont des chiffres d’affaires compris entre 50 et 700 M€.

Les assureurs ont investi…

  • 53,4 Md€ dans les PME et ETI
  • 27,9 Md€ Financement en capital
  • 25,5 Md€ Financement par la dette

Dans le sillage des fonds de place, l’offre s’est étoffée avec des fonds comme France investissement Assurance (Allianz, Axa, BNP Paribas Cardif, CNP Assurances et Crédit agricole Assurances), qui a servi au financement en fonds propres de plusieurs entreprises comme le groupe Bélier, Plastibell, ADS. Ou des fonds plus confidentiels comme le Fonds SP Eurocréances 2014 (voir ci-contre). « En France, plus d’une centaine de fonds de prêts à l’économie se sont créés depuis 2013 dont plus de la moitié concerne le financement des PME et des ETI. Ces fonds sont gérés par des sociétés de gestion de portefeuilles qui savent accorder des prêts en EuroPP », explique Thierry Giami. Pour mémoire, une charte EuroPP a été établie pour fournir un cadre non contraignant des pratiques essen­tielles au développement des placements privés, dits « Euro PP ». Avec des rendements tournant en moyenne autour de 4 % à 5 %, les investisseurs se disent prêts à augmenter leurs engagements en 2016.

Exemple de FPE

Le cas du fonds SP Eurocréances 2014
  • Investisseurs : une quinzaine de sociétés d’assurances, mutuelles et institutions de prévoyance dont Suravenir, Maif, Thélem Assurances, Radiance, Agéas.
  • Un fonds de 170 M€
  • En 1 an, 60 % ont été engagés soit 16 entreprises financées
  • Des investissements moyens unitaires compris entre 5 M€ et 7 M€ dans des entreprises dont le siège social est en France, représentant un total de 29 300 emplois directs sur les 16 entreprises financées.
  • Rendement de 4,53 %

Au service de l’économie réelle

« Nous sommes présents dans une douzaine de fonds de prêt à l’écono­mie, comme BNP Paribas France Crédit, par exemple, pour des investissements de l’ordre de 250 M€. C’est un marché de désintermédiation intéressant pour les assureurs. Comme les prêts sont assortis de garanties, le placement est moins risqué que sur le private equity où le financement en capital comporte un risque de perte plus élevé. Le rendement est attrac­tif même si le placement n’est pas liquide » explique Olivier Héreil, directeur général adjoint, responsable gestion d’actifs de BNP Paribas Cardif. En outre, le traitement réglementaire sous Solvabilité 2 est plus favorable que sur certaines autres classes d’actifs même s’il varie en fonction de la composition du fonds (sont notamment prises en compte la notation de l’émetteur et la duration du prêt). Cette possibilité ouverte pour les assureurs d’investir sur de nouveaux supports présente un avantage certain, mais limité. En moyenne, le marché déclare investir environ 2 % de l’allocation d’actifs dans le finan­cement de l’économie en direct ou via des fonds de prêts. Les FPE sont en effet une classe d’actifs illiquides supplémentaires et, diversification oblige, tous ne tiennent pas à immobiliser une part trop importante de leur allocation. Sans compter qu’avec l’extension en 2014 de la possibilité aux mutuelles et institutions de prévoyance d’investir sur ses fonds, la pression commen­ce à se faire sentir sur les rendements, qui ont déjà commen­cé à baisser. L’afflux d’investisseurs fait craindre une désynchronisation de l’offre et de la demande. D’autant que le contexte économique pèse lourd sur le tissu entrepreneurial français. « Aujourd’hui, nous sommes très sélectifs envers les nouveaux engagements dans des fonds de prêts à l’économie, car il y a plus d’offres que de demandes. Et ceci pour le périmètre assuranciel où la part sur le financement de l’écono­mie représente 2,5 % de l’actif. Le règlement financier des fédérations Agirc Arrco est strict et ne nous permet pas d’investir sur cette classe d’actifs », explique Jean-Louis Charles, directeur des investissements d’AG2R La Mondiale.

A retenir

  • Fonds novo Premiers fonds de prêts à l’économie avec un financement en prêts obligataires, de montants de 10 à 50 M€, à taux fixe, d’une durée 5 à 7 ans.
    Montant : 1,015 Md€, géré par BNPP IP et Tikehau IM.
  • Fonds Nova Fonds d’investissement en actions cotées d’une durée de 5 ans.
    Montant : 161, 5M€, géré par CMC CIC et Amiral Gestion.
  • Fonds Novi Fonds de financement mixte en fonds propres de montants de 3 à 20 M€, d’une durée de 6 à 8 ans, et/ou prêts obligataires de montants de 3 à 20 M€, d’une durée de 4 à 6 ans.
    Montant : 580 M€

 

Un sourcing rigoureux

La possibilité d’investir est également rendue complexe par le besoin d’une expertise pointue et spécifique. En effet, une des clés de réussite de ces placements réside dans une sélectivité impor­tante des entreprises à finan­cer pour limiter le risque de pertes. Et donc dans l’expertise de gestionnaires capable de trouver les meilleures opportunités à travers un sourcing rigoureux. « Par nature, ce type de transaction est complexe à standardiser. Il est donc difficile de trouver des économies d’échelle en jouant sur l’importance des volumes à investir. Comme le rôle des spécialistes est déterminant tant dans la structuration que pour la sélection des investissements, externaliser la ressource permet de multiplier les capacités à trouver des opportunités d’investissement et diversifier les stratégies sur ces marchés… », explique Richard Brague, senior advisor chez Schelcher Prince Gestion et Huma­nis Gestion d’actifs. Si les FPE sont aujourd’hui encore une bonne source de diversification des placements, ils nécessitent d’engager du temps et des expertises spécifiques, le tout pour un effet de levier encore assez faible. Car l’apprentissage de cette nouvelle classe d’actifs est encore bien neuf.

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