Réassurance, le marché fourbit ses nouvelles armes

Réassurance, le marché fourbit ses nouvelles armes

Diversification et spécialisation ont été les maîtres mots des « Rendez-vous de septembre » de la réassurance à Monaco. Les réassureurs y ont évoqué de nouvelles stratégies pour échapper à la pression sur les prix d'une part, et aux effets des faibles taux d'intérêts, de l'autre.

Aucune effervescence n'est venue troubler cette année le ballet des assureurs, courtiers et réassureurs sur la place du casino de la Principauté. Les réassureurs, qui ont mené la danse pendant ces quatre jours, s'affirment sereins. Lors des prochains renouvellements, la bataille des prix n'aura pas lieu. « Pour la partie dommages, nous nous attendons à une stabilité tarifaire en 2014 », a prédit, comme ses principaux concurrents, Ulrich Wallin, président du directoire d'Hannover Re, numéro trois mondial.

L’étude d’impact du premier semestre sur Solvabilité 2 a montré que le système était beaucoup trop volatile. Il faut donc, maintenant, trouver une solution convergente et que le superviseur y mette du sien. Car sans un effort collectif, on risque d’aboutir à ce que le système soit bloqué

Bernard Spitz, président de la FFsA

Les réassureurs doivent ce soulagement à la prolifération des événements - grêle(1) et inondations - dans l'est de l'Europe depuis le début de l'année. Il en va autrement pour la branche catastrophes naturelles aux États-unis, où de nouvelles baisses de prix de 15 à 20% ont été notées lors des derniers renouvellements.

Acquisition de compétences

La surcapacité de la réassurance mondiale, qui est à l'origine de cette pression sur les prix, provient d'une capitalisation record des réassureurs à 500 Md$ et d'un marché alternatif (titrisation, side cars...) lourd de 44 Md$. Cela n'arrange en rien les réassureurs, qui devraient théoriquement compenser par une hausse de tarifs les conséquences des faibles taux d'intérêts sur le rendement de leurs actifs. Ils ne disposent guère de latitude, si ce n'est d'améliorer leurs marges techniques et de trouver de nouveaux champs de croissance. Tandis que les plus grands d'entre eux affûtent déjà le profil qui leur permettra de se différencier sur ce marché très concurrencé, les réassureurs plus petits, moins diversifiés et offrant moins d'expertises, risquent de ne pas pouvoir résister très longtemps à cette pression. Selon Stefan Knipper, président directeur général d'Axis Re, « des acquisitions pourraient intervenir dès l'année prochaine et conduire, d'ici à trois ou quatre ans, à une consolidation du marché ».

Plus que d’équilibre, nous parlons d’optimisation, comme l’indique notre nouveau plan triennal, Optimal Dynamics. Nous cherchons à optimiser entre l’utilisation du capital, la profitabilité et la solvabilité, et ce en temps réel et à mesure que les affaires sont souscrites.

Victor peignet, directeur général de scor P&c

Un mouvement qui est déjà en marche, puisque l'on dénombre pas moins de cinq fusions-acquisitions en moins d'un an. Ces opérations, menées en majorité par des acteurs majeurs, contribuent à affiner leur physionomie. C'est ainsi que Scor vient d'acquérir la branche vie de Generali aux États-Unis afin de se renforcer dans les risques biométriques et de se propulser au premier rang de la réassurance vie américaine. Munich Re s'est également attaché des compétences supplémentaires en rachetant, début septembre, RenRe Energy Advisors Ltd (Real), filiale du réassureur bermudien Renaissance Re, spécialisée dans les risques énergétiques.

Ce qui est normal, c’est qu’aucun réassureur ne soit classé comme présentant un risque systémique. Ce qui est anormal, c’est que des assureurs le soient. Cela démontre, de la part du régulateur, une méconnaissance des fondamentaux de notre métier. L’assimilation entre banque et assurance fait que les régulateurs ont établi une liste d’assureurs

Claude tendil, président des «rendez-vous de septembre» et Pdg de generali

Nouveaux achats, nouvelles tensions

Cette évolution dépasse le seul secteur de la réassurance et concerne également des sociétés d'assurances. Hannover Re, après avoir acquis il y a trois ans Scottish Re, investit actuellement dans l'assurance vie au premier euro, avec des prises de participation au sein d'Heidelberger Leben. Ces mouvements devraient susciter une nouvelle dynamique sur le marché, sinon des tensions qui bénéficieraient à une remontée des tarifs. Dans cet élan de concentration, les réassureurs sont devancés par les courtiers. Une rumeur, aux Rendez-vous de septembre faisait état d'un rachat de la branche réassurance de Towers Watson par Willis Re...

Alors que les Français sont couverts à plus de 90% et que le système de solidarité mis en place par la loi de 1982 permet une bonne couverture dans des conditions économiques tout à fait acceptables, l’Allemagne n’a encore qu’une couverture de 30%. Avec pour conséquence qu’Angela Merkel a dû dégager un plan de huit milliards d’euros.

Stéphane paLLez, Pdg de ccr

1. Selon Munich Re, la grêle a provoqué 1,5 Md€ de dommages assurés.

Les Bermudes sur liste noire, dossier explosif

Bien que restés très discrets à Monte-Carlo sur la décision récente de la France d'inscrire leur pays à la liste des États non-coopératifs (arrêté du 21 août 2013, pris en vertu de l'article 238-0 A du CGI), les réassureurs bermudiens ne peuvent en nier les conséquences sur leurs activités. Les Bermudes devront en effet payer la contrepartie d'être un pays non-coopératif, mettant en première ligne les réassureurs locaux, essentiellement spécialisés en risques cat' nat' américains et pesant 8% de la réassurance mondiale. En effet, l'article 182 B du code général des impôts, qui s'applique désormais, prévoit une retenue à la source, de 75%, des rémunérations versées par une société française aux entreprises sises aux Bermudes.

À moins de parvenir à démontrer que ces primes correspondent à un transfert de risques, que l'objet de la transaction n'est pas fiscal et que le choix du réassureur bermudien a été établi en raison de ses qualités de service, de ses tarifs, de la solidité de son capital et non pour échapper à l'impôt. À charge à la cédante de le prouver.

Par ailleurs, les sociétés imposées en France ne pourront plus déduire de leur bénéfice imposable les produits perçus de leurs filiales établies aux Bermudes (CGI, art. 145). Et lorsque les produits ou revenus de l'entreprise française comprennent des dividendes en provenance des Bermudes, les retenues à la source auxquelles ils ont donné lieu ne sont plus imputables sur l'impôt sur les sociétés (CGI, art. 209 B). D'où une double imposition. S'ajoute, en vertu du Livre des procédures fiscales (LPF), une obligation de documentation renforcée sur les prix de transfert. Le dossier s'annonce donc lourd et complexe pour les assureurs et réassureurs français qui se hasarderont dans l'archipel ! MARIE LUGINSLAND ET JÉRÔME SPERONI

 

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