Réassurance : pourquoi les perspectives de marché resteront faibles en 2016 (S&P)

Réassurance : pourquoi les perspectives de marché resteront faibles en 2016 (S&P)

Les bonnes performances enregistrées par les réassureurs mondiaux en 2015 ne marquent pas un renversement favorable des conditions de marché, selon Standard & Poor’s. Loin de là. L’agence de notation, qui maintient sa perspective stable sur le secteur, appelle les réassureurs à maitriser le capital et manager leurs risques pour protéger leurs bilans.

Un effet trompe l’œil ! Les résultats 2015 des réassureurs issus du Top 5 mondial se sont illustrés par des bénéfices en nets hausse voire record, des ratios de solvabilité confortables, un rendement des fonds propres annualisé (ROE) supérieur à 10%... sans compter une distribution généreuse de dividendes aux actionnaires.

Bref, des voyants au vert mais qui ne doivent pas faire oublier des fondamentaux de marché inchangés, prévient Standard & Poor’s dans une note sectorielle. « La bonne année de la réassurance mondiale en 2015 provient largement du faible niveau des pertes liées aux catastrophes et d’un niveau élevé de réserves publiées », souligne l’agence de notation, qui a maintenu sa perspective stable sur le secteur en 2016. Et de compléter : « En dehors de ces deux facteurs, nous observons que les résultats confortent notre vision selon laquelle les conditions de marché demeurent faibles. »

Pourquoi le marché est-il soft ?

Les maux dont souffre le secteur de la réassurance, en particulier en biens et responsabilités (property & casualty) ne sont pas nouveaux : opportunités limitées en termes de souscription, pression tarifaire persistante à la baisse, en particulier sur les risques «cat'», et une détérioration généralisée des termes et conditions du fait de l’intense concurrence, notamment en provenance des marchés financiers.

Les prix poursuivent leur érosion entamée depuis quelques années. Les renouvellements de janvier ont confirmé une baisse moyenne de 5% des traités P&C et ce, sur l’ensemble des zones concernées (Etats-Unis, Europe et Asie). En Asie, le recul est encore plus prononcé, de l’ordre de 8 à 20% sur les traités cat’.

Dans ce contexte, les cédantes en ont profité pour élargir leurs couvertures sur d’autres risques : aviation, marine, terrorisme et cyber-risk. La demande des cédantes devrait toutefois « se stabiliser en 2016 », estime S&P.

Evolution des prix sur les différents traités de réassurance lors des renouvellements de janvier 2016 :

La réassurance alternative plafonne

C’est sans doute une petite éclaircie. La réassurance alternative en provenance des hedge funds et des fonds de pension, qui concurrence la réassurance traditionnelle, a marqué le pas en 2015 après des années de croissance fulgurante. Non pas que les capacités en capital alternatif ont diminué - elles atteignent 70 Md$ en 2015, selon Aon Benfield - mais la progression est moins rapide que prévu. « Cette tendance indique qu’un point de basculement a été atteint. Le prix de la réassurance traditionnelle est redevenu meilleur marché que le coût des solutions alternatives de type ILS [lire ci-dessous], dans certaines régions », pointe S&P.

Des poches de croissance existent

Dans ce tableau un peu sombre, Standard & Poor’s a identifié de possibles leviers de croissance. Des lignes de business à l’instar de la réassurance auto en Europe ont vu leurs prix et les volumes de primes associés progresser en janvier 2016.

L’entrée en vigueur de Solvabilité 2 constitue une autre source d’opportunité d’affaires identifiée par l’agence de notation. Un marché « soft » peut encourager certaines cédantes à souscrire des protections additionnelles sur des risques à niveau de rétention élevé.

Vers une segmentation de l’industrie ?

Pour 2016, l’agence de notation anticipe un ratio combiné compris entre 97% et 102% en 2016 ainsi qu’un ROE de l’ordre de 8 à 10% pour l’ensemble du secteur. L’industrie devrait être en mesure de maintenir son haut niveau de capital, lequel n’aura pas d’incidence sur les notations.

Dans le détail, Standard & Poor’s estime que les enjeux de marché affecteront de façon disproportionnés les acteurs, les réassureurs monoliners ou exposés aux risques cat’ étant les plus vulnérables. « Pour eux, le risk management jouera un rôle crucial afin d’explorer de nouveaux marchés et lignes de produits. A l’inverse, les réassureurs qui ont une approche mondiales seront les mieux placés pour adresser une clientèle en demande croissante », avance S&P. Au risque de créer un marché à deux vitesses…

Glossaire :

- Réassurance alternative : marché de la réassurance qui proposent ses capacités principalement via 4 produits : les cat bonds, les side cars, les ILW et la réassurance collateralisée. Ils représentent environ 20% de la capacité réassurance Cat globale.

- Insurance linked securities (ILS) : classe d’actifs qui repose sur un mécanisme de couverture des risques liés aux catastrophes naturelles, négociés sur les marchés financiers, qu’il s’agisse d'obligations catastrophes naturelles (catbonds) ou de contrats collatéralisés.
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