Les politiques de taux bas ont coûté 400 Md$ aux assureurs européens et américains (Swiss Re)

Les politiques de taux bas ont coûté 400 Md$ aux assureurs européens et américains (Swiss Re)
Les mesures d'assouplissement quantitatif (QE) annoncées par la BCE, le 22 janvier 2015, risquent de détourner les investisseurs institutionnels du financement à long terme de l'économie. © D.R.

Les politiques de taux bas menées par les Banques centrales sont  source de «répression financière» pour les investisseurs institutionnels, qui risquent de se détourner du financement à long terme de l'économie réelle, selon Swiss Re. Le réassureur plaide pour l'émergence rapide d'un véritable marché de la dette d'infrastructures.

Les politiques de taux bas menées par les Banques centrales depuis la crise financière ont certes des effets (artificiellement) positifs en réduisant le poids des déficits publics, en baissant les coûts de financement et en stimulant la croissance. Mais elles sont également source de «répression financière» pour les épargnants et pour les investisseurs institutionnels, notamment en augmentant le prix des actifs financiers (actions et obligations). Swiss Re a mesuré l’impact de cette répression financière : elle aurait ainsi coûté – en intérêt perdus 400 Md$ (367 Md€) aux assureurs européens et américains sur la période 2008-2013.

Risque pour la stabilité financière

Ce chiffre, qui correspond à leur manque à gagner en matière de rendement financier, représente selon Swiss Re une «taxe» annuelle correspondant en moyenne à 0,8% de leurs actifs. Pour le réassureur, le fait d’avoir des taux d’intérêt «artificiellement bas, voire négatifs», présente donc un risque en termes de stabilité financière et de financement de la croissance, en perturbant le fonctionnement des marchés (avec la création de potentielles bulles sur certains actifs) et en obérant la capacité des investisseurs institutionnels à déployer leur capital dans le financement à long terme de l’économie réelle. Pour mémoire, en Europe, les assureurs représentent 9 500 Md$ (8 721 Md€) d’actifs sous gestion, soit environ 60% des fonds disponibles pour l’investissement à long terme.

Créer un marché de la dette d’infrastructures

«Plus les politiques monétaires non conventionnelles dureront longtemps, plus la sortie de celles-ci sera complexe à gérer», prévient Swiss Re. Le réassureur estime toutefois que les travaux en cours sur le traitement des infrastructures constituent une «fenêtre d’opportunité» à ne pas manquer pour créer un véritable marché de la dette d’infrastructures. La Commission européenne a en effet demandé au superviseur européen des assurances et des pensions professionnelles (Eiopa) de travailler pour la fin juin sur une définition de ce qui pourrait être une nouvelle classe d’actifs, notamment dans l’idée d’en abaisser le calibrage sous Solvabilité 2. «Nous avons besoin que la dette d’infrastructure soit une classe d’actifs négociable, de façon à ne pas dépendre du secteur public pour investir», explique Guidö Furer, le directeur des investissements de Swiss Re.

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