Moody’s adopte à son tour une perspective négative sur la réassurance

Moody’s adopte à son tour une perspective négative sur la réassurance

Et de trois. Après Standard & Poor’s en janvier et Fitch en mai, c’est au tour de l’agence de notation Moody’s d’adopter une perspective négative sur la réassurance mondiale. « Au cours des 12 à 18 prochains mois, nous nous attendons à ce que les réassureurs subissent des pressions sur plusieurs fronts à la fois : excès de capacité, nouveaux entrants apportant des formes alternatives de capital, augmentation du nombre de produits de substitution, taux d’intérêt bas, et amélioration du pouvoir de négociation des cédantes », explique l’agence dans une note datée du 18 juin.

Moindres besoins des cédantes

Pour Moody’s, la dynamique de marché actuelle ressemble à celle qui prévalait à la fin des années 90, et qui portait en germe les prémices d’une consolidation. A une grosse différence près : « les acheteurs de réassurance ont aujourd’hui bien plus d’incitations à gérer efficacement leur capital, ce qui limite leur besoin de réassurance », note Moody’s, évoquant à la fois les pressions réglementaires de type Solvabilité 2, et les restructurations internes ayant conduit, chez les gros acteurs, à consolider les achats de réassurance pour maximiser leur bénéfice de diversification, augmenter leur rétention et faire des économies de coût et de capital. « Cette tendance a entrainé une baisse de la demande en matière de réassurance dommages (hors cat’) et de responsabilité, augmentant le poids de la réassurance catastrophes dans les business plans des réassureurs », poursuit Moody’s. Allianz, par exemple, a cédé pour 4 Md€ de primes dommages et responsabilité (P&C) en 2013, contre 5,5 Md€ en 2005. Zurich Insurance, de son côté, est passé de 24% de primes cédées en P&C en 2002, à 16% en 2013.

Emergence d’acteurs low costs sur les cat’

Parallèlement, le marché de la réassurance catastrophe voit apparaître des acteurs low costs, profitant de l’intérêt, pour les investisseurs, de ce type d’activités no corrélées avec les marchés financiers. D’où une claire pression des prix à la baisse, et le retour, selon Moody’s, à des tarifs à des niveaux « pré-Katrina ». Cet afflux de capital « non traditionnel » aurait ainsi doublé depuis 2008, à 50 Md$, soit environ 15% de la capacité mondiale en réassurance dommages cat’. Le sujet n’est pas anodin, car, comme le rappelle Moody’s, « la réassurance catastrophe dicte les besoins en capital des réassureurs et leur structure. Même si la réassurance cat’ ne compte que pour 10% à 20% des primes, elle peut consommer jusqu’à 50% du capital alloué. Si un réassureur décidait de réduire de façon significative son portefeuille cat’, il serait contraint de redéployer des montants importants de capital [sur d’autres activités], ou de le redistribuer [aux actionnaires] ».

Stratégies défensives

Quelles sont alors les portes de sortie ? Recherche de sources de capital moins onéreuses (rétrocession, cat-bonds, sidecars), versements exceptionnels aux actionnaires, diversification sur de nouvelles lignes d’activité, augmentation du niveau de risque pris sur les actifs… « Pour rester compétitifs et continuer à couvrir le coût de leur capital, les réassureurs tentent nombre de stratégies défensives, qui, au mieux, ont un effet neutre sur la qualité de crédit », répond Moody’s. Rien de très enthousiasmant, donc.

Retrouvez les enseignements de l’étude Moody’s sous forme graphique dans le data center de l’Argus.

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