[DOSSIER] Catastrophes et réassurance 4/5

Pandémie, l'urgence de solutions non traditionnelles

Pandémie, l'urgence de solutions non traditionnelles

Longtemps refoulé, le risque de pandémie a refait surface avec le Sras, la grippe H1N1 et plus récemment avec le coronavirus et le H7N9. La menace n'est pas assez perceptible pour inquiéter le marché.

«L'offre reste limitée et chère, car il y a très peu de demande », déplore Marcel Kahn, président de la ROAM et directeur général du groupe MACSF, qui porte lui-même ce risque par le biais de sa captive de réassurance. Sans doute le « flop » de la pandémie H1N1 joue-t-il contre cette prise de conscience. « Il est très difficile d'inciter les cédantes à acheter des couvertures pandémie quand le risque n'est pas apparent », reconnaît Franck Pinette, CEO vie Europe chez Guy Carpenter. Ce marché reste donc soumis à un fort paramètre psychologique. Mais en l'absence de sinistre majeur en France, il reste profitable. Toutefois, comme le remarque Philippe Virolle, directeur général adjoint de la branche vie accident et santé d'Aon Benfield, « si toutes les cédantes devaient acheter une couverture demain, nous manquerions de capacités sur le marché traditionnel ». Et de préciser que sur le prix de la pandémie, la structuration de la couverture et notamment le niveau de priorité est un élément prépondérant.

16% des portefeuilles prévoyance ont une protection spécifique Pandémie auprès des marchés traditionnels

Source : Aon Benfield France

Stop-loss recommandé

C'est dire si la pandémie ne peut être couverte comme une cat' ordinaire. Il s'agit en effet d'un dommage qui intervient graduellement et dont les triggers (déclencheurs) ne sont pas définis précisément, à moins d'utiliser l'indice OMS. Aussi, la couverture stop-loss (en excédent de pertes) qui intervient bien au-dessus de la sinistralité moyenne, apparaît-elle dans ce contexte comme la plus adaptée. « En un mot, la cédante doit commencer à perdre de l'argent pour que la réassurance intervienne », résume Franck Pinette. Pour autant, en cas de pandémie un stop-loss annuel peut poser des problèmes, les réassureurs pouvant se retirer de la couverture au moment de son renouvellement. Le courtier en réassurance a ainsi convaincu un bancassureur de l'achat d'une couverture triennale renouvelable par tiers.

Du reste, les cédantes commencent à envisager ces solutions de réassurance comme un moyen d'économiser des fonds propres. « Il existe une réelle motivation à acheter des couvertures stop-loss sous Solva 2 notamment pour des portefeuilles d'assurés de durée d'un an, dans la mesure où cela permet de réduire le risque et par conséquent le capital exigible de façon significative », poursuit Franck Pinette. Un conseil qui vaut tout particulièrement pour les acteurs des collectives, à commencer par les institutions de prévoyance.

Philippe Virolle, directeur général adjoint de la branche vie, accident et santé d'Aon Benfield France « S'immuniser à long terme »

  • Aon Benfield place la moitié de la capacité catastrophe en assurance de personnes. Quels sont les besoins des cédantes face au risque pandémie ?

Les cédantes confondent encore parfois la couverture cat' avec la couverture pandémie. La réassurance vie étant davantage sous forme proportionnelle que la réassurance non-vie, cela engage déjà beaucoup les réassureurs. La véritable stratégie de protection, c'est de garantir le résultat, d'immuniser à long terme par des couvertures pluriannuelles, sachant que certaines cédantes sont plus exposées que d'autres. Je pense par exemple aux institutions de prévoyance, qui comptent un engagement en collectives important dans leur portefeuille.

  • Vous avez été le premier à modéliser en couverture XL aggregate en 2005 (1) les risques pandémie. Comment appréhende-t-on ce risque aujourd'hui ?

La probabilité d'une pandémie est de deux à trois fois tous les cent ans. Nous allons rester sur cette cadence. L'épidémie n'est pas un risque de pointe en tant que tel, mais si le virus devient pathogène (fort taux de létalité), elle le devient. Si la stratégie est de couvrir les risques de pointes, elle doit être couverte. Ceci dit, les risques liés sont multiples : surmortalité, arrêts de travail, frais médicaux... Il n'existe cependant aucune sinistralité de référence avec les barrières prophylactiques d'aujourd'hui.

1. Excédent de sinistre.

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