Réassurance : après CNP, la MNT fait le choix de partenaires multiples

Réassurance : après CNP, la MNT fait le choix de partenaires multiples
L’emploi très physique dans la fonction publique territoriale explique, en partie, un taux d’absentéisme important.

Séparée de son partenaire historique, la Mutuelle nationale territoriale (MNT) a signé un traité de cinq ans avec un pool de réassureurs, parmi lesquels Hannover Re et le Français CCR Re.

La Mutuelle nationale territoriale (MNT) a digéré la rupture avec CNP Assurances. Après douze ans de mariage, les deux partenaires ont décidé, l’an dernier, de se séparer. En cause : des vues irréconciliables quant à l’avenir de la relation entre la mutuelle et son réassureur. Risque déficitaire, la prévoyance des fonctionnaires territoriaux a vu son ratio P/C (prestations/cotisations) se ­dégrader à plus de 130%. La MNT a également perdu 30 000 adhérents depuis 2012. Le désaccord a fini par se cristalliser autour de la stratégie de redressement. « Nous étions d’accord sur le passé, mais pas sur l’évolution du risque et le contexte de marché. Dans le contexte d’entrée en vigueur de Solvabilité 2, nous n’avions pas la même vision prospective », expli­que Marc Bertolini, directeur général adjoint Assurances ­Produits & Services de la MNT.

Un traité de réassurance inédit

Séparée de CNP, la MNT tourne aujourd’hui la page. Avec non pas un, mais cinq partenaires. Un traité de réassurance d’un genre nouveau qui vise à diluer le ris­que. La MNT a fait appel à un courtier ayant pignon sur rue, Aon Benfield, afin d’organiser rapidement un tour de table avec des réassureurs notés A- au minimum. « Le nouveau plan de réassurance a été conclu en six mois, mais cela a été un marathon de convaincre les réassureurs que ce risque, bien que déficitaire, était maîtrisé. Nous avions peu de temps pour créer la confiance », raconte Marc Bertolini.

Pour les séduire, la MNT a bétonné son plan de redressement qui vise un retour à l’équilibre en 2018, en maîtrisant les durées d’indemnisations et les fréquen­ces et en développant le contrôle médical, la prévention et l’accompagnement des collectivités locales. « Les réassureurs qui ont pris des parts ont été convaincus de la réalité du plan de redressement de la MNT. D’où une transparence absolue dans le montage, de 5 ans renouvelables, et le choix d’une structure en quotes-parts », souligne Arnaud Chevalier, directeur commercial et technique du département vie, accident, et santé d’Aon Benfield. En gage de confiance, la mutuelle s’est surtout montrée prête à conserver un tiers du risque. Les deux tiers restants sont répartis entre l’Allemand Hannover Re (détenteur de la plus grande quote-part), le Français CCR Re, les Espagnols Mapfre Re et Nacional de Reaseguros et enfin le réassureur des Bermudes Sirius (détenu par un groupe singapourien).

Certains participants au tour de table, comme Scor, n’ont pas ­rejoint le pool mais ont contribué à faire évoluer le montage de réassurance dans une dynamique d’échange continuel. Plutôt que des acteurs traditionnels à la vision de long terme, ce sont des réassureurs capables de déve­lopper une gestion dynamique des risques qui ont signé cet accord très moderne. « La cession des risques doit évoluer en fonction de ces derniers. Qui plus est, dans un environnement réglementaire changeant, on ne peut pas figer le P/C ou les différentes variables. Afin de le rendre pérenne dans la durée, nous avons inscrit dans le traité de réassurance une vision dynamique des risques », précise Arnaud ­Chevalier.

VERS DE NOUVELLES RELATIONS

Hannover Re et CCR présentaient l’avantage de déjà connaître le marché des collectivités locales en France et ses spécificités. « Historiquement présents, nous avions abandonné tous nos traités vie avec des collectivités locales. Les résultats étaient déficitaires de manière récurrente, faute d’une réelle maîtrise de la sinistralité », explique Hervé Nessi, CUO Markets de CCR Re. La prévoyance des fonctionnaires publics territoriaux – en cas d’incapacité temporaire de travail ou de mise en retraite pour invalidité – constitue, en effet, un risque particulier, réputé mauvais. La MNT, acteur historique de ce marché, a toutefois réussi à convaincre les réassureurs en cédant également les risques bénéficiaires de son ­portefeuille. La garantie maintien de salaires, offerte en cas d’incapa­cité de travail, est l’activité la plus déficitaire en raison d’arrêts ­fréquents et de plus en plus prolongés. La MNT l’a donc mutualisée avec les risques ­décès et dépendance ainsi qu’une partie du portefeuille en santé, structurellement bénéficiaires.

La prévoyance des fonctionnaires territoriaux, un risque réputé mauvais

La prévoyance des agents de la fonction publique territoriale traîne une réputation exécrable : il s’agirait d’un mauvais risque, voire même d’un risque inassurable. L’équilibre des contrats serait miné par des taux d’absentéisme et d’accidents du travail élevés. C’est certes une réalité : en novembre 2016, une étude du cabinet de courtage Sofaxis chiffrait le taux d’absentéisme pour raison de santé dans les collectivités territoriales à 9,3 % en 2015, soit presque deux fois plus que le taux national. L’écart s’explique par plusieurs facteurs. Tout d’abord la nature de l’emploi, très ouvrier et manuel. Par ailleurs, la couverture prévoyance, lorsqu’elle existe au sein des collectivités, reste facultative, ce qui se traduit par un risque d’antisélection, et des problèmes de mutualisation en cas d’invalidité. Mais les spécialistes de la fonction publique territoriale considèrent que le principal risque n’est pas la prévoyance, mais la mauvaise tarification de certains de leurs concurrents qui ont cassé les prix pour acheter des parts de marché?

Laure Viel

 

« L’approche atypique proposée par Aon et la MNT nous a paru intéressante pour appréhender à nouveau et différemment ce risque. Ce partenariat reflète notre volonté de réaliser l’étude de dossiers moins classiques grâce à l’exper­tise de nos équipes CCR Re », commente Hervé Nessi. La signature du traité avec la MNT coïncide, en effet, avec la séparation juridique des activités de réassurance de marché au sein du groupe CCR. La filiale dédiée CCR Re est opérationnelle depuis le 1er janvier.

Le partenariat multiple conclu par la MNT annonce-t-il l’avènement de nouvelles relations entre les cédantes et les réassureurs ? « Nous avons effectué un travail important de vulgarisation d’un risque complexe pour structurer de la confiance en jouant la transparence. L’enjeu est de rendre un risque cessible d’un côté et acceptable de l’autre pour construire un équilibre de marché. Il n’y a pas que le prix comme variable. D’ailleurs, les risques seront de moins en moins standardisés », relève Arnaud Chevalier. En matière de réassurance, les ménages à ­plusieurs pourraient peut-être devenir tendance.

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