[DOSSIER] Catastrophes et réassurance 3/5

Terrorisme, une catastrophe mal appréhendée

Terrorisme, une catastrophe mal appréhendée

Face au terrorisme, menace occulte et mouvante, le marché tente d'affûter ses armes en s'inspirant de son expérience en cat' nat'.

Après d'une décennie des attentats de Madrid et de Londres, la menace terroriste sommeille. « Le terrorisme reste sous-estimé. Il n'est pas pris en compte de manière explicite par le marché », regrette François Vilnet, président de l'Apref. Et d'affirmer : « L'éclairage de la réassurance met un coup de projecteur sur la sévérité d'un tel risque plus que sur sa fréquence ». Car c'est bien d'un risque cat' qu'il s'agit. Face à cette menace abstraite, les cédantes s'en remettent au Gareat, la solution de place créée par le marché français, une forme de réassurance stop-loss (en excédent de perte) qui protège leur bilan (lire p. 43).

60 Md€

L'impact de l'explosion d'une bombe radiologique sur les Champs-Élysées à Paris est estimé entre 24 et 60 Md€. Sans compter les retombées en termes d'image pour la France.

Source : CCR

Un périmètre à étendre

Le dispositif va plus loin. « Après un acte de terrorisme, l'intervention des acteurs du montage - assureurs, Gareat, réassureurs, dont CCR avec la garantie illimitée de l'État - offre un système garantissant un apport de cash, qui permet de relancer l'économie et de réinstaurer la confiance », précise Laurent Montador, directeur des catastrophes naturelles à la CCR. Un principe commun avec les cat'nat'.

Régulièrement, la couverture du terrorisme est redimensionnée en vertu de la progression du risque et surtout de sa connaissance. Car le terrorisme en France, comme les cat'nat', est une hydre aux multiples visages, ce qui rend son appréhension et sa définition difficiles. Selon Loïc Garnier, contrôleur général de la Police nationale, chef de l'unité de coordination de la lutte antiterroriste, « nombre d'actes dits terroristes sont assimilés par la police française à des exactions mafieuses ». Résultat, seule la moitié des sinistres déclarés terroristes ces dix dernières années ont été reconnus comme tels. S'il réfute la menace d'hyperterrorisme soulignée par l'Apref et le Gareat, Loïc Garnier n'occulte pas les éventualités de cyberterrorisme, « inquiétant s'il combinait une attaque des systèmes d'information des hôpitaux à une bombe sale ».

Rien ne distingue donc le terrorisme des autres risques cat'. Pas même certains dommages collatéraux, comme les carences fournisseurs. Toutefois, rappelle Christiane de Bondy, secrétaire générale du Gareat, « celles-ci, couvertes par Gareat, ne sont pas prises en charge par la couverture illimitée de la CCR » (1).

De manière générale, le Gareat comme l'Apref identifient des insuffisances dans l'appréhension des effets en cascade sur l'économie et la population. Dans son livre blanc, l'Apref souligne la nécessité d'étendre le dispositif actuel à des branches comme les transports, la santé et la vie, afin de garantir la protection financière des personnes et des biens.

Scénario catastrophe

Le terrorisme, à l'instar des cat'nat', est un risque qui se modélise. Sa couverture repose sur une tarification « faite en macroscopie et sur un principe de solidarité et de transparence », rappelle Laurent Montador. Mais la comparaison s'arrête là. À la différence des autres catastrophes, la couverture terrorisme ne peut se nourrir de la sinistralité ni de la probabilité de survenance. La modélisation menée depuis 2011 par CCR s'effectue par scénarios. « Cet outil automatisé permet aux cédantes de mesurer le risque encouru en fonction de la position de la source NRBC-€ (2), sa quantité et les paramètres météo, vitesse et direction du vent », explique Pierre Tinard, modélisateur senior de CCR. Et d'exposer une thèse probable :une attaque terroriste sous forme de bombe sale, à base d'isotope radioactif... sur les Champs-Élysées à Paris.

1. Suivant le périmètre de l'article L. 126-2.

2. Nucléaire, radiologique, biologique, chimique et explosive.

L'éclairage de la réassurance met un coup de projecteur sur la sévérité d'un tel risque.

François Vilnet, président de l'Apref

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