Rencontres économiques d’Aix : les assureurs très présents

Rencontres économiques d’Aix : les assureurs très présents

Le secteur de l’assurance était très bien représenté à Aix-en-Provence ce week-end, à l’occasion de la 14ème édition des Rencontres économiques organisées par le Cercle des économistes. Parmi les quelque 2000 personnes assistant aux débats, se sont croisées, entre autres, dans les couloirs de l’Université, de Sciences-Po et dans les rues de la vieille ville, Eric Lombard (Generali) ; Bernard Spitz (FFSA) ; Jean-Paul Lacam (Ctip) ; Jean-Martin Cohen-Solal (FNMF) ; Kadidja Sinz (XL) ou encore Jean-Pierre Wiedmer (Mercer) ; Jean-Pierre Menanteau (Humanis) ou Philippe Trainar (Scor).

En marge de l’évènement, Eric Lombard, directeur général de Generali France, et Bernard Spitz, président de la FFSA, pointent les grands thèmes macro-économiques susceptibles d’impacter durablement le marché : le contexte de taux bas, l’absence de croissance, le réchauffement climatique et le digital.

Indiscutablement, les compagnies d’assurances doivent désormais être gérées dans un environnement de taux bas et cela « durablement», souligne Eric Lombard qui estime qu’il s’agit là d’un « nouveau modèle de l’assurance ». En vie, en 2013, jamais l’écart entre l’OAT (taux d’emprunt de l’Etat français à 10 ans) et le rendement n’aura été aussi élevé : 110 points de base. « C’est dire si les rendements des contrats en euro sont favorables aux emprunteurs », lance le directeur général de Generali. Ce contexte rare conduit les assureurs à modifier les stratégies d’allocation d’actifs tout en tenant compte des règles de Solvabilité 2, dont l’entrée en vigueur est prévue le 1er janvier 2016. « Nous ne sommes pas revenus vers les dettes souveraines périphériques qui n’offrent finalement pas des rendements très intéressants. En revanche, nous faisons beaucoup de crédits aux entreprises en obligataire ou en loans ».

L’économie en panne

A cette faiblesse des taux s’ajoute une absence de croissance criante en Europe en général et plus particulièrement dans la zone euro. Si ce contexte pèse sur le moral, la confiance et donc l’investissement, comme l’ont souligné plusieurs orateurs d’une table ronde consacrée à ce thème lors des Rencontres économiques d’Aix, les assureurs en souffriraient moins que d’autres. « Il y a de la croissance dans nos activités à la faveur de la création de nouveaux risques, du désengagement des pouvoirs publics sur la santé, par exemple, ou encore d’une demande de protection en perpétuelle croissance », analyse Eric Lombard. Reste que bien souvent les assureurs sont appelés à la rescousse en tant qu’investisseurs au service d’une économie aujourd’hui en panne. Et si des initiatives comme les fonds Novo sont régulièrement saluées, le directeur général de Generali souligne qu’en termes de financement des entreprises, « le problème n’est pas le financement, mais l’absence de projet ! ».

Un objectif : la conférence climat de novembre 2015

Dire que les assureurs sont météo-sensibles est un euphémisme, et les récents épisodes de grêles ne font que confirmer cet état de fait. « Or, nous constatons un manque de réaction des pouvoirs politiques qui nous incite à prendre, nous, ce sujet très au sérieux », affirme Eric Lombard, rejoint dans ses propos par Bernard Spitz qui annonce d’ores et déjà une présence très significative de la FFSA lors de la Conférence Climat de novembre 2015, qui se tiendra à Paris. Cette question majeure du réchauffement climatique et des investissements qu’il faudrait consentir pour en limiter des effets a animé de nombreux échanges à l’occasion des Rencontres économiques d’Aix.  Il en ressort, en substance, que si les indicateurs sont tous dans le rouge, la seule solution pour les Etats est de « déplacer le débat de la peur vers le bénéfice individuel », comme l’explique Vera Songwe de la Banque Mondiale. Une stratégie déjà conduite en Corée du Sud où toutes les actions en faveur de l’environnement sont présentées sous le prisme de la création d’emplois et de l’amélioration de la qualité de vie.

Digital « first »

Pas un sujet n’est évoqué lors des nombreux échanges organisés à l’occasion des Rencontres économiques d’Aix sans que le mot « digital » n’intervienne dans les 10 premières minutes. Et nul hasard derrière le choix de l’intitulé de la séance inaugurale «L’investissement, rythme de l’histoire du monde ». Il a permis à Yossi Vardi d’International Technologies de redire devant un très large auditoire déjà convaincu que «  la croissance économique est uniquement conditionnée par les nouvelles technologies et le numérique ». Cette révolution n’a pas échappé au secteur de l’assurance, à tel point que Eric Lombard comme Bernard Spitz, la place parmi les thèmes économiques majeurs, même si à les entendre « elle n’est pas encore totalement intégrée dans le secteur de l’assurance ». Néanmoins, les choses avancent avec, entre autres, la création d’une commission numérique commune à la FFSA et au Gema. Une commission qui devrait favoriser la création de solutions de place à l’image de ce que le e-constat s’apprête à faire… davantage que l’échange de bonnes pratiques, les ambitions et moyens déployés par les uns et les autres étant encore, à l’heure actuelle, bien trop stratégiques pour être portés sur la place publique.

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