[DOSSIER] Présidentielle 2017 (Spécial) 6/11

Rendez-vous du Courtage 2017 : des courtiers en panne de candidat

Rendez-vous du Courtage 2017 : des courtiers en panne de candidat
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Usés par l’accumulation des réformes, les courtiers de proximité que L’Argus a sondés à l’occasion des «Rendez-vous du courtage», à Marseille le 21 mars dernier, parlent de la présidentielle sans conviction ni enthousiasme. Beaucoup voteront par défaut le 23 avril prochain.

«Mon problème aujour­d’hui, c’est que je vote plus par soustraction que par addition». Comme Patrick Ligerot, patron d’un cabinet spécialisé en gestion de patrimoine à Cannes, rares sont les courtiers qui se montrent enthousiastes sur cette présidentielle. Ce mardi 21 mars, dans les allées du parc Chanot, à Marseille, où se tient la 4e édition des «Rendez-vous du courtage», la campa­gne pour la magistrature suprême ne déchaîne pas les passions, au contraire. Il faut dire que dans cette région historiquement marquée à droite, beaucoup se sentent orphelins depuis la défaite de leur champion : Nicolas Sarkozy. L’ex-chef de l’État avait réalisé quelques-uns de ses meilleurs scores dans la région Paca en novembre dernier au premier tour de la primai­re de la droite et du centre.

Un vote par défaut

Jean-Éric Malaplate, lui, n’a pas participé à la primaire. «Mais si j’y étais allé, j’aurais voté Nicolas Sarkozy. Comme en 2012. J’avais voté pour lui aux deux tours». À 58 ans, ce courtier vient de rouvrir une affaire à Seillans, une petite commune de 2 500 âmes dans le Var. «Je rouvre pour payer mes impôts», lâche-t-il. Le petit patron, qui travaille avec l’aide de sa femme Virginie, ne cache pas son ras-le-bol. «On a l’impression, en France, qu’on ne veut pas que les gens s’enrichissent et qu’ils se créent un patrimoine. C’est n’importe quoi. Moi je veux vivre dans un pays riche», s’emporte-t-il. Comme beaucoup de ses confrères, Jean-Éric Malaplate trouve que l’État lui en demande trop. «Je travaille de chez moi. Je n’ai pas remonté un cabinet parce que j’ai trop de charges», explique-t-il.

Son choix est déjà fait pour la présidentiel­le. Au premier tour il votera Nicolas Dupont-Aignan : «C’est le seul qui dit les choses». Et au deuxième tour ? «Je voterai Marine Le Pen. Je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’elle dit. Mais il faut mettre un grand coup de pied dans tout ça».

La principale requête exprimée par les courtiers est simple. «Qu’ils ne touchent pas trop à la législation. Ce sera déjà bien. Qu’ils ne cassent pas tout comme ils l’ont fait avec l’ANI», implore Alexandre Chasle, courtier grossiste basé à Boulogne-sur-Mer (62). Ce besoin de stabilité, Bruno Kespi l’exprime lui aussi avec force. Depuis vingt-cinq ans dans le courtage, ce patron de TPE toulonnais attend des politiques de la visibilité et que cessent «les abattages de réfor­mes». «Il faut voir loin en termes de réformes fisca­les et sociales, nous avons déjà subi le contrat responsable auquel aucun citoyen ne comprend rien, et l’ANI. Je voterai pour celui qui évitera, pour tout ce qui concerne la protection sociale, de casser ce qui a été mis en place comme les recommandations».

Plus de liberté patronale

La libéralisation du marché du travail est une autre grande attente du milieu. «J’en aurais du travail à donner. Mais je n’embauche pas. Parce que si je me retrouve avec quelqu’un qui ne fait pas l’affaire, je ne peux pas m’en séparer», s’indigne Stéphane Casalini, courtier marseillais à la tête d’un cabinet généraliste qui emploie une vingtaine de salariés. «Une bonne idée pour favoriser les embau­ches au sein de nos cabinets serait de supprimer la taxe sur les salaires en passant au régime de la TVA», avance, de son côté, Richard Restuccia qui cogère un cabinet cannois spécia­lisé en vente de produits IARD, ex-président de la Chambre syndicale des courtiers d’assurances.

Face à ce type de demandes, François Fillon est longtemps apparu comme une forme de messie. Le candidat des Républicains, qui promet notam­ment d’amaigrir le code du travail à 150 pages et la fin des 35 heu­res, avait trouvé ses principaux soutiens chez les petits patrons pendant sa campagne pour la primai­re. Mais, fin mars, dans la cité phocéen­ne, l’ex-Premier ministre n’a plus la cote depuis les révélations du Canard enchaîné sur l’emploi, entre autres, de son épouse Pénélope. «J’ai été choqué par Fillon. Toutes les magouil­les ça me choque», s’indigne Patrick Ligerot. Ce gestionnaire de patrimoine cannois, dans les affaires depuis trente ans, explique pourtant être plutôt porté à droite. «Moi je suis issu de la classe ouvrière. En 1981, j’ai voté Mitterrand pour voir. J’ai vu ! Depuis, je suis resté à droite», confie-t-il. Déçu par le candidat des Républicains, il songe aujourd’hui à voter Macron, sans conviction… Un mois seulement avant le 1er tour, la seule à faire l’unanimité, c’est l’indécision.

Bruno Kespi, dirigeant du cabinet Adstrat

  • Activité : assurance de personnes
  • Localisation : Toulon (83)
  • Effectif : 2 collaborateurs
  • Chiffre d’affaires 2016 : 200 000 €

«Il faut voir loin en termes de réformes fiscales et sociales, nous avons déjà subi le contrat responsable auquel aucun citoyen ne comprend rien, et l’ANI. Je voterai pour celui qui évitera, pour tout ce qui concerne la protection sociale, de casser ce qui a été mis en place comme les recommandations. Les courtiers ont besoin d’exister et c’est pénible ce combat existentiel.»

 

Patrick Ligerot, dirigeant du cabinet Crédit Patrimoine

  • Activité : gestion de patrimoine, crédit, formation
  • Localisation : Cannes (06)
  • Effectif : 3 salariés
  • Chiffre d’affaires 2016 : 400 000 €

«En tant que chef d’entreprise et contribuable, ma préoccupation c’est la simplification et la souplesse. Éviter les lourdeurs administratives. J’attends aussi une réduction des charges pour qu’on puisse embaucher. Du 1er janvier jusqu’au 30 septembre, tout ce que je paye ce sont les charges. Je pensais voter pour François Fillon, mais je m’aperçois que c’est un démon déguisé en ange.»

 

Richard Restuccia, cogérant du cabinet de courtage Novelliance

  • Activité : assurance IARD
  • Localisation : Cannes (06)
  • Effectif : 2 salariés
  • Chiffre d’affaires 2016 : 360 000 €

«J’attends du prochain gouvernement qu’il arrête les lois inutiles comme l’ANI qui ne fait l’unanimité ni chez les chefs d’entreprise ni chez les consommateurs que nous sommes censés protéger et qui a affaibli nos chiffres d’affaires. Une deuxième bonne idée pour favoriser les embauches au sein de nos cabinets serait de supprimer la taxe sur les salaires en passant au régime de la TVA».

 

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