Rentrée 2015 : la réforme Peillon pèse sur la rentabilité de l'assurance scolaire

Rentrée 2015 : la réforme Peillon pèse sur la rentabilité de l'assurance scolaire
Le 1er septembre 2015, près de 5,8 millions d'enfants feront leur rentrée dans le primaire et 4,3 millions dans le second degré. ©Stephane Hette/Fotolia

La généralisation de la réforme des rythmes scolaires à l’ensemble des écoles primaires depuis la rentrée 2014 a provoqué une augmentation de la sinistralité. De quoi fragiliser la rentabilité technique de l’assurance scolaire dans un environnement économique déjà tendu.

Dans moins de 24 heures, un peu plus de 10 millions d’élèves, de la maternelle au lycée, retrouveront les chemins de l’école. Une rentrée 2015 marquée notamment par la mise en place des nouveaux programmes de maternelle, la création de l'enseignement moral et civique ainsi que la médiatique généralisation de la réforme de l'éducation prioritaire portée par la ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem. La réforme des rythmes scolaires, initiée en 2012 par Vincent Peillon, dont la généralisation est intervenue en septembre 2014, est, quant à elle, maintenant intégrée dans le fonctionnement des écoles primaires.

L’effet pénalisant de la réforme Peillon

Pourtant, ce découpage du temps scolaire - entre temps d’enseignement (entre 22 et 24 heures) et activités périscolaires (une demi-journée) - n’a pas été sans conséquence sur la sinistralité 2014 de l’assurance scolaire. La MAE, leader sur ce segment de niche avec 8 millions d’enfants couverts (dont 3 millions en adhésion individuelle) pour un chiffre d’affaires de 82 M€ au 31 août 2014, en a ressenti les effets sur ses résultats techniques au cours de l’exercice passé.

« Concernant la première formule de notre assurance, qui couvre le temps scolaire et le trajet école-domicile, les nouveaux rythmes scolaires ont généré une légère poussée de la sinistralité. C’est la raison pour laquelle, nous avons décidé de réajuster le montant de la prime appelée de 9,90 € [inchangée depuis 6 ans] à 11 € par an », souligne Edgard Mathias, son président, joint par l’Argus de l’assurance. Soit une augmentation tarifaire de 11,1%.

Restaurer la rentabilité technique du portefeuille

Le ratio sinistres à primes (S/P) s’est établi à 45% pour un ratio combiné compris « entre 103 et 104% » qui s’explique notamment par l’augmentation de la fréquence des petits corporels : le dentaire ou encore la lunetterie, les deux principaux postes qui pèsent sur la charge sinistres. En maternelle, le dentaire représente 55,4% des accidents constatés contre 67,6% à l’école élémentaire.

Un déficit technique que la mutuelle d’assurance a compensé par ses produits financiers dont la portée à terme reste limitée compte tenu du contexte économique : « Nous avons conscience que les rendements de nos produits financiers ne sont pas en voie d’expansion. Nous restons donc attentifs à la tenue de nos résultats techniques », poursuit Edgard Mathias.

Un marché de niche ultra-concurrentiel

En dépit d’une sinistralité défavorable, l’assurance scolaire, dont le marché est estimé à près de 200 M€ de primes en France, fait l’objet d’une concurrence soutenue en témoigne l’offensive commerciale récente d’Euro-Assurance ou encore des incursions des bancassureurs et de la grande distribution avec le groupe Carrefour ou Casino (via Banque Casino).

Un environnement de marché qui, aussi paradoxal soit-il, profiterait d’abord et avant tout à son leader : « Pendant de longues années, notre activité a connu un effritement du fait de cette concurrence. Mais, depuis trois ans, nous avons retrouvé une dynamique de reconquête liée à une progression de nos effectifs », explique le président de la MAE qui précise que 800 000 contrats ont été souscrits via Internet, le reste (2,2 millions d’adhésions) par tacite reconduction ou via son réseau physique de 93 agences.

Une assurance facultative sauf en périscolaire et sorties facultatives

Quel que soit l’âge des quelques 10 millions d’élèves scolarisés cette année, l’assurance scolaire n’est pas obligatoire dans le cadre des activités scolaires obligatoires, excepté lors des sorties scolaires facultatives dépassant les horaires habituels de la classe (séjours linguistiques, classes découvertes…). La responsabilité civile, généralement incluse dans le contrat multirisques habitation (MRH) des parents couvrent les enfants lorsqu’ils sont responsables de dommages. L'individuelle corporelle, qui couvre les enfants lorsqu'ils sont victimes d'un accident (avec ou sans tiers identifié), ne figure pas, en temps normal, dans un contrat MRH. A moins de l'intégrer en option complémentaire.

Les contrats d'assurance scolaire, qui intègrent la responsabilité civile et l'individuelle corporelle, couvrent le temps scolaire et l'extra-scolaire.

Retrouvez le bilan 2014 de la sinistralité liée à l'assurance scolaire dans le Digest de l’Argus de l’assurance.

L’assurance scolaire en chiffres :

5,8 millions d’enfants dans le premier degré (de la maternelle au CM2)

4,3 millions d’enfants dans le second degré (du collège au lycée)

Coût moyen d’un sinistre : 420 €

23 € : montant moyen consacré à l’assurance scolaire et extrascolaire dans le portefeuille de la MAE, soit environ 1% du budget annuel d’un foyer français en assurance à 2860 € (Source : CLCV)
Comment souscrire une assurance scolaire à l’école ?

Jusqu’en 1981, la MAE disposait d’une exclusivité pour distribuer ses contrats d’assurance scolaire auprès des enseignants. Depuis la loi Monory en 1981, seules les associations de parents d'élèves (FCPE, PEEP) peuvent faire des propositions d'assurance scolaire au sein de l’école. La FCPE a fait, par exemple, le choix de la MAE et la PEEP celui de MMA. Elles n'assurent pas d'activité de courtage en tant que telle et se limitent à transmettre les propositions de contrats aux parents le jour de la rentrée.

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