Réseaux sociaux : quand l'assurance auto parie sur le pay how you like

Réseaux sociaux : quand l'assurance auto parie sur le pay how you like

Utiliser les données issues des réseaux sociaux pour obtenir un tarif d’assurance auto ne relève plus du fantasme actuariel. Deux initiatives – l’une au Royaume-Uni, l’autre en France – expérimentent les premières offres dites pay how you like.

Dites-moi ce que vous ­publiez sur Facebook et je vous dirai quelle prime d’assurance auto payer. À première vue, établir un lien entre cotisation auto et comportement sur les ­réseaux sociaux, peut sembler surprenant. Et pourtant, une telle ­association n’a rien du fantasme actuariel, si l’on en croit la tentative menée, début novembre, outre-Manche par la compagnie d’assurance Admiral et son programme FirstCarQuote. Le principe : « En utilisant vos données Facebook, [ce] service peut offrir une assurance auto moins chère aux nouveaux automobilistes qui conduisent en toute sécurité », peut-on lire sur le site de l’assureur britannique. Concrètement, Admiral a conçu un algorithme fondé sur le text mining ou l’analyse linguistique, qui profile un prospect en passant au crible ses « posts » : ponctuation, syntaxe, style d’écriture… De telle manière qu’une écriture concise et concrète, ou le fait de tenir à jour ses rendez-vous avec ses amis ­refléteraient, des personnalités consciencieuses. À l’inverse, l’excès de confiance ou une agressivité matérialisée par des points d’exclamation à outrance, traduirait un comportement moins précau­tionneux sur la route. Une analyse qui laisse perplexe François Nédey, directeur techni­que des assurances de biens et de responsabilités d’Allianz France : « Il pourrait exister un lien entre un profil déterminé par text mining et sinistralité. Je n’ai cependant jamais lu aucuns travaux universitaires l’établissant avec pertinence. On peut penser que ce type d’offre ne s’appuie pas sur une analyse quantitative ». À l’arrivée, Fisrt­CarQuote promet aux assurés, en priorité des jeunes conducteurs dont les primes sont plus élevées outre-Manche (montant moyen de 1 240,5 £, environ 1 372 €), des remises comprises entre 5 à 15 %. Problème : avant même sa commercialisation, le programme FirstCarQuote a été reporté. Officiellement pour « ­régler des derniers détails ». Officieusement, Facebook aurait ­bloqué l’initiative d’Admiral, la jugeant contraire à sa politique d’utilisation des données.

La France en pointe

Ce « no way » du réseau social ne sonne toutefois pas le glas de cette nouvelle forme d’assurance au comportement, celle du pay how you like . Et pour cause : une ­expé­rience similaire serait sur le point de voir le jour d’ici début 2017… en France ! La start-up Road-b-Score a mis au point un algorithme qui prédit le comportement sur la route d’un prospect en fonction de son activité sur Facebook. Avec une différence de taille avec l’offre d’Admiral : l’analyse ne repose pas sur la sémantique, mais sur la structure de langage, les photos, les « likes », à partir desquels l’outil établit une cartographie psychologique établissant un score. « L’exemple d’Admiral légitime notre démarche d’interface entre l’assureur, l’assuré et le réseau social. À aucun moment, l’assureur n’a accès au profil du prospect. On pourrait même imaginer que Road-b-Score soit une solution pour qu’Admiral sorte de cette situation de blocage », ­souligne Christophe Méheut, ­associé-fondateur de Road-b-Score, qui n’exclut pas ­d’approcher le Britannique. Dans un rôle de « tiers de confiance », la start-up estime être un atout pour « convaincre Facebook d’autoriser le transfert de données » le jour où le projet quittera la phase expérimentale. Reste que ce program­me, qui a déjà séduit deux grands ­assureurs auto français, doit encore franchir un certain nombre d’obstacles, au premier rang ­duquel celui de la Commission nationale de l’informatique et ­libertés (Cnil). « Sur l’aspect juridique, notre position est d’être un bon élève vis-à-vis de la Cnil. On espère des échanges constructifs avec eux pour éviter de commettre des erreurs. Notre objec­tif est respectueux des contraintes que fixe le régulateur », précise Christophe Méheut. Contraintes renforcées depuis l’adoption du Règlement européen sur la protection des données personnelles (d’application directe en mai 2018) (1) en termes de portabilité des données, droit à la limitation du traitement droit d’accès, droit de rectification, droit à l’oubli. Autant de garde-fous qui pourraient bien faire du pay how you like un ­chemin tortueux.

Admiral

Profil : compagnie d’assurance britannique

Localisation : Cardiff, Pays de Galles (Royaume-Uni)

Création : 1993

Activité : chiffre d’affaires de 2,1 Md£ (2,4 Md€ environ) à fin 2015.

Bénéfice (avant impôt) : 377 M£ ( soit 423 M€).

  • Description : FirstCarQuote désigne le programme d’assurance auto basée sur l’activité de ses clients, en particulier les jeunes conducteurs, sur Facebook.
  • Comment ça marche ? Le service repose sur un algorithme capable de qualifier le comportement du nouveau conducteur en fonction de la nature des publications.
  • Quelles données utilisées ? Text mining (technique d’analyse linguistique) : analyse sémantique, ponctuation, syntaxe, style d’écriture des posts et commentaires... Seuls les textes sont exploités. Quels avantages pour l’assuré ? Des réductions de primes comprises entre 5 et 15 %, mais aucune surprime appliquée en cas de présomption de mauvaise conduite.
  • Lancement : Lancement prévu initialement début novembre, mais retardé depuis en rasion de l’opposition de Facebook.

Road score

Profil : start-up hébergée au sein de l’incubateur de la Caisse d’épargne Rhône-Alpes, Le B612
Localisation : Lyon (France) Création : 2016

  • Description : Road-b-Score propose de prédire le profil de conduite d’un automobiliste cherchant à s’assurer, à partir de ses données issues des réseaux sociaux.
  • Comment ça marche ? L’algorithme définit un profil de conduite en analysant l’activité du prospect sur Facebook au moyen de différents axes psychologiques : traits de personnalité, empathie, respect des règles, respect d’autrui. La synthèse produit alors un score, lequel est transmis avec l’accord du prospect à l’assureur.
  • Quelles données utilisées ? Road-b-Score repose sur l’association entre réseaux sociaux et psychologie comportementale. L’application utilise les données de type posts, « likes » et photos. Il s’agit moins d’analyser la sémantique que la structure de langage.
  • Quels avantages pour l’assuré ? En fonction du score transmis et de la qualité du signal, l’assureur établira un tarif remisé d’assurance auto associant le comportement sur les réseaux sociaux et le risque d’accident.
  • Lancement : Signature d’un premier contrat avec un assureur français début 2017. S’ensuivra une phase de déploiement et d’implémentation de l’application avec la direction des systèmes informatiques. Par la suite, développement en dehors de la France.

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