Résultats de l'assurance française : 2016, année test

Résultats de l'assurance française : 2016, année test
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En dépit d’une « année 2015 faite de chocs et de défiance » selon les mots de Bernard Spitz, président de la FFSA et de l’AFA, l’assurance française a su conserver ses couleurs. L’an dernier, le secteur a enregistré une progression de près de 4 % des cotisations à 208 Md€. Un rythme de croissance toutefois plus faible qu’en 2014 où le chiffre d’affaires s’était valorisé de 6 %. Dans le détail, l’activité a été portée par l’assurance de personnes à 156 Md€ (+4,7 %) et dans une moindre mesure par l’assurance de biens et de responsabilité à 52 Md€ (+1,5 %), dont « l’essentiel de la croissance provient d’un effet volume plus que d’un effet prix en période de grande modération tarifaire », rappelle Pascal Demurger, président du Gema. Côté sinistralité, les événements climatiques ont généré une facture annuelle d’1,5 Md€ aux assureurs dont 600 M€ pour les seules inondations dans le Sud-Est en octobre dernier. Un montant situé dans la fourchette haute des dix dernières années.

Application de la loi Hamon

Le secteur avait pris date en 2016 pour commenter les premiers effets de la loi Hamon. C’est désormais chose faite ! Durant l’année, l’AFA a observé un « effet d’accélération du turn-over des portefeuilles en auto et habitation », conséquence directe de la résiliation infra-annuelle des contrats en auto et habitation. La preuve : en auto, le taux de rotation a progressé d’1,1 point sur un an, de 13,8% à 14,9%. En MRH, l’amplitude est plus forte. Le turn-over s’est apprécié d’1,5 point, de 12,6% à 14,1%. Un mouvement de marché que la profession tempère : « Nous n’assistons pas à une rupture dans le fonctionnement du marché mais l’effet est néanmoins visible », souligne Pascal Demurger. Rupture ou non, cette accélération serait de nature à entretenir la pression tarifaire et accroître les frais de gestion liés aux coûts d’acquisition, dixit l’AFA. De là à penser que la loi Hamon explique la dégradation de la profitabilité technique des assureurs, il n’y a qu’un pas que la profession n’hésite pas à franchir. « Il existe un lien entre les ratios combinés dégradés et l’entrée en vigueur de la loi consommation. Le marché perd de l’argent en auto », confie Arnaud Chneiweiss, secrétaire général du Gema. Chiffres à l’appui. Le ratio combiné 2015 en auto s’établirait à 106% contre 104 % en 2014. Une première projection qu’il convient toutefois de nuancer, le ratio combiné 2014 ayant lui-même fait l’objet de deux révisions successives, de 107 à 106%, puis de 106 à 104%. D’autant que pour Pierre Michel, délégué général de la FFSA, ces mauvais résultats s’expliquent d’abord par « l’augmentation des coûts moyens d’indemnisation des dommages corporels et matériels ». En habitation, l’effet de la loi Hamon est sans doute plus contestable. La branche, dont le ratio combiné s’est amélioré de 3 points en 2015 à 96%, a renoué pour la deuxième année consécutive avec la rentabilité, notamment sous l’effet de la baisse des cambriolages.

Sébastien Acedo

2016, année test pour les UC et l’eurocroissance

Le bilan est formel : l’assurance vie a non seulement confirmé l’an dernier son statut de « placement préféré des Français » (les cotisations ressortent en hausse de 4,9 %, à 135 Md€, et l’encours de 4 %, à 1 580 Md€), mais surtout opéré un virage historique sur les UC, lesquelles représentent 54 % des 24,6 Md€ de collecte nette. Du jamais vu ! Reste à transformer l’essai dans un contexte de grande volatilité des marchés financiers. L’appétit des épargnants pour les placements à risque se confirmerat- il cette année ? « 2016 sera un test sur les UC », reconnaît Bernard Spitz, le président de l’AFA. Une chose est sûre : euro ou UC, vu le contexte d’inflation zéro, l’assurance vie n’a jamais autant rapporté – respectivement 2,3 % et 4,1 % sur 2015, estime l’AFA – et ce malgré la faiblesse historique des taux d’intérêt. Il est donc « évident », selon les termes de Bernard Spitz, que l’Eurocroissance peine à monter en puissance, car « les conditions ne sont objectivement pas réunies pour son décollage ». À fin 2015, seuls 123.000 contrats Eurocroissance ont été souscrits, représentant 1,7 Md€ d’encours, soit 1,075 % du total de l’assurance vie. Bref, « il faut que la promesse de l’Eurocroissance soit supérieure », notamment à celle des fonds en euros... D’où l’idée, défendue par le gros de la profession, de permettre aux épargnants acceptant de basculer vers l’Eurocroissance (et donc de bloquer leurs fonds pendant au moins 8 ans) de continuer à profiter, au nom du principe de mutualisation, d’une partie des plus-values accumulées sur les contrats en euros. Reste à l’orchestrer sur le plan technique et prudentiel. « Le sujet est délicat, car il est très important. On s’entoure donc d’un maximum de précautions », explique Bernard Spitz.

Sur le fond, tout le monde semble d’accorder sur la nécessité d’inciter à l’épargne longue, en récréant un alignement vertueux entre rendement, risque, et horizon de placement. À cet égard, l’abandon de la loi Noé « ne devrait pas avoir d’incidence négative » selon Bernard Spitz sur la création, annoncée en novembre, de « fonds de pension à la française », étant entendu « qu’il ne faut pas mélanger “fonds de pension” et pension funds à l’anglo-saxonne ». En attendant, la France fait figure d’exception, avec une part de retraite par capitalisation parmi les plus faibles au monde.

Géraldine Vial

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