Résultats semestriels 2016 : l’assurance en recul

Résultats semestriels 2016 : l’assurance en recul
La volatilité des marchés actions a pesé sur la vente d'unités de compte en assurance vie © RVNW - Fotolia

Environnement de taux bas persistant, volatilité des marchés financiers, incertitudes macro-économiques liées au Brexit, poids des catastrophes naturelles… tous les ingrédients (ou presque) étaient concentrés sur les six premiers mois de l’année pour que les ténors de l’assurance et de la réassurance livrent des perfor­mances en demi-teinte. La plupart des grands groupes ont, en effet, publié des résultats en recul sur la période à l’instar du trio de tête européen : Allianz et Generali ont vu leur résultat opérationnel fondre de 10 % tandis qu’Axa limite l’ampleur de la baisse à 1,3 % (voir tableau ­ci-contre). Le faible niveau des taux d’intérêt – le rendement du Bund à 10 ans évoluant en territoire négatif à -0,09 %, celui de l’OAT à +0,14 % – continue d’obérer la rentabilité des portefeuilles d’actifs des compagnies. Actifs qui sont encore majoritairement investis en obligations, à hauteur de 74 %, selon Standard & Poor’s, contre 6 % en actions. « Nous constatons que la plupart des ­assureurs hésitent à ajouter de manière significative plus de risques dans leurs actifs dans la mesure où les charges de capital sont plus lourdes sous Solvabilité 2 », souligne l’agence de notation. Et quand bien même le cadre ­prudentiel l’encouragerait, la forte volatilité observée sur les marchés actions ces dernières semaines n’a guère rendu cette classe d’actifs plus attractive. Pire, en assurance vie, cette situation a eu tendance à peser sur la vente d’unités de compte au cours du premier semestre, les épargnants ayant privilégié des placements sur des ­produits obligataires moins générateurs de commissions.

Dans la plupart des cas, l’assurance dommages n’a pas permis de contrebalancer des publications en berne en vie. Loin de là. Sur la période, les ratios combinés des assureurs et réassureurs ont, en effet, souffert de la hausse du coût des catastrophes naturelles et humaines (­incendie de Fort McMurray au Canada en mai, inondations en Allemagne et en France, attaques terroristes en Belgique…), après plusieurs trimestres plutôt cléments sur le front de la sinistralité.

Dans cet environnement économique pour le moins ­adverse, les groupes poursuivent leurs efforts pour être plus performants sur leurs cœurs de métier : mesures de réduction des coûts, réorientation des activités vers des lignes moins consommatrices de capital (­unités de compte…) à l’image d’Axa ou de Generali, cessions d’actifs peu rentables… Toutefois, la santé financière ­globalement solide du secteur le place en capacité de ­répondre aux enjeux futurs. Les taux de couverture de la marge de ­solvabilité – sous référentiel S2 depuis le 1er janvier 2016 – demeurent confortables au 30 juin 2016, dans un corridor de marché situé entre 160 et 220 %, de même que les fonds propres se sont renforcés. De quoi permettre aux majors de tenir leurs objectifs en matière de distribution de ­dividendes (pay out ratio) pour l’exercice 2016.

S’adapter aux vents contraires

  • Le trio de tête de l’assurance européenne – Allianz, Axa, Generali – a tenté de résister aux vents contraires avec des fortunes diverses. Avec une charge de près de 500 M€ sur la période, les catastrophes naturelles ont pesé sur le résultat opérationnel d’Allianz, qui recule de 10,3 % à 5,1 Md€, et, dans une moindre mesure, sur celui d’Axa (-1,3 % à 3,06 Md€), dont les cat’nat’ ont représenté une charge de 100 M€.
  • Le bénéfice opérationnel de Generali a davantage souffert de contre-performances en vie (-3,5 % à 1,653 Md€) et d’une dégradation des performances financières sous l’effet « du scénario de taux bas, des secousses au deuxième trimestre sur les marchés actions », souligne le groupe. Une volatilité des marchés actions qui s’est traduite par une chute des ventes, en assurance vie, de produits en unités de comptes de l’ordre de 23 % pour Generali et de 18 % pour Axa, et par une contraction de l’activité en gestion d’actifs. Ailleurs, en Europe, Aviva qui récolte les fruits de son recentrage stratégique, a rassuré en dévoilant des résultats meilleurs qu’attendu, avec un bénéfice opérationnel de 1,33 Md£ (1,55 Md€), en hausse de 13 %.
  • Dans un environnement de taux bas qui oblige le secteur à revoir son modèle, en particulier en vie, les majors de l’assurance ont engagé, dans le cadre de leurs plans stratégiques, toute une série de mesures. Allianz a ainsi enregistré une provision pour dépréciation de 352 M€ liée à la cession en cours de ses activités vie en Corée du Sud, pays où les garanties en capital sont trop élevées pour assurer une rentabilité suffisante. Zurich Insurance, qui a vu son bénéfice net fondre de 22 % à 1,58 MdCHF (1,45 Md€), a essuyé d’importantes charges liées à sa restructuration en cours. De son côté, Axa, dont Thomas Buberl, futur directeur général, a dévoilé la feuille de route du groupe pour 2020, poursuit sa réorientation vers des produits d’épargne peu consommateurs en capital. Même constat pour Generali, où Philippe Donnet, à la tête du groupe depuis mars 2016, entend « concentrer les ressources sur les activités les plus rentables » en plus d’une réduction des dépenses.
  • Malgré cela, le Top 3 a confirmé ses objectifs : Allianz vise un résultat opérationnel à fin 2016 entre 10 et 11 Md€ tandis qu’Axa table sur une croissance annuelle moyenne du résultat opérationnel par action entre 3 et 7 %. Un objectif « adapté à l’environnement actuel », souligne Gérald Harlin, directeur financier d’Axa, mais qui constituera toutefois « un défi » selon un analyste d’UBS.

Coup de froid lié aux cat’ nat’

  • À l’instar de leurs cédantes, les comptes des réassureurs mondiaux n’ont pas été épargnés par le coût des catastrophes naturelles au cours du deuxième trimestre. La preuve : Swiss Re, numéro un mondial, a dévoilé un bénéfice net en baisse de 17 % à 1,87 Md$ (1,68 Md€) après avoir essuyé une charge de 220 M$ pour le seul incendie de Fort McMurray au Canada (net de rétrocession et avant impôt). Même constat pour Scor, dont les catastrophes naturelles ont eu un impact de 12 points sur le ratio combiné au deuxième trimestre pour un résultat net en recul de 15,9 % à 275 M€ sur les six premiers mois. Sur le périmètre réassurance, Munich Re est, quant à lui, parvenu à compenser la charge sinistres liée aux cat’nat’ grâce aux plus-values dégagées sur la période (réduction de l’exposition aux actions et aux dérivés avant le vote du Brexit). Au plan financier, les groupes ont vu leur rendement des fonds propres annualisé (ROE) reculer sous l’effet d’une baisse du résultat net couplé à une augmentation des fonds propres.
  • Munich Re s’est dit confiant dans l’atteinte de ses objectifs annuels, qui prévoient un bénéfice net de 2,3 Md€. Un niveau de confiance partagé par Hannover Re qui vise un résultat net de 950 M€ à condition « que les dépenses du groupe, liées à la sinistralité et à la volatilité des marchés financiers, n’excèdent pas un budget de 825 M€ », précise le réassureur. De son côté, à quelques semaines de la présentation de son nouveau plan stratégique, le 7 septembre prochain, Scor a coché toutes les cases de son plan à 3 ans « Optimal Dynamics » : la marge technique en vie atteint 7,1 %, le rendement des actifs à 3,1 % ainsi qu’un ratio de solvabilité à 210 %, tous trois en ligne avec les objectifs.

L’assurance, catalyseur des résultats des banques

  • Le premier semestre 2016 confirme le poids croissant des filiales d’assurance dans la contribution aux bénéfices des groupes bancaires français. Et pour cause : Société générale Insurance, qui rassemble les filiales Sogecap et Sogessur, a enregistré un résultat net de 175 M€, soit une hausse de 11,5 % par rapport au premier semestre 2015, et une contribution au résultat net du groupe bancaire de 7,2 %. Croissance à deux chiffres aussi pour Crédit agricole Assurances (CAA) dont le résultat net (+16,7 % à 650 M€) représente désormais 1/5e des performances du groupe. Quant à La Banque postale, le résultat d’exploitation des filiales d’assurance de celle-ci a crû de 2,7 % à 47 M€ alors même que le résultat net du groupe recule sur la période de 2,6 % à 360 M€.
  • En parallèle, les bancassureurs continuent d’afficher leur dynamisme commercial aussi bien en assurance de personnes qu’en dommages. Avec 13,03 Md€ (+4 %), l’activité épargne retraite continue de constituer le socle du chiffre d’affaires de Crédit agricole Assurances, lequel s’établit à 16,78 Md€. En six mois, la collecte nette atteint 3,9 Md€, dont 2,4 Md€ en France. Les encours gérés poursuivent leur ascension : ils ressortent à 264,2 Md€ à fin juin 2016 (+3,4 %) pour CAA, 95,8 Md€ pour Société générale Insurance (+2,8 %) et 123,8 Md€ pour La Banque postale (+1,3 %). En dommages, même s’ils partent de plus loin que les poids lourds du secteur (Covéa, Macif, Groupama...), les filiales de groupes bancaires affichent des croissances de leurs portefeuilles supérieures au marché, encouragés par la loi Hamon : +10 % chez BPCE et +16 % à La Banque postale. De son côté, CAA a dépassé le seuil de 12 millions de contrats pour un chiffre d’affaires en hausse de 5,3 % à 2,135 Md€.

Abonnés

Base des organismes d'assurance

Retrouvez les informations complètes, les risques couverts et les dirigeants de plus de 850 organismes d'assurance

Je consulte la base

Le Magazine

ÉDITION DU 15 juillet 2022

ÉDITION DU 15 juillet 2022 Je consulte

Emploi

CNA HARDY

Souscripteurs et Gestionnaires H/F

Postuler

CNA HARDY

Souscripteurs et Gestionnaires H/F

Postuler

+ de 10 000 postes
vous attendent

Accéder aux offres d'emploi

APPELS D'OFFRES

Proposé par   Marchés Online

Commentaires

Résultats semestriels 2016 : l’assurance en recul

Merci de confirmer que vous n’êtes pas un robot

Votre e-mail ne sera pas publié