[DOSSIER] Les courtiers des cent premières entreprises françaises 7/15

Risques politiques : un segment porté par l’offre et la demande

Depuis le « printemps arabe » et le phénomène de confiscation rencontré En Amérique latine, les entreprises françaises ont repris conscience de la nécessité de trouver des couvertures adaptées à leurs risques politiques.

Comme tout sinistre de forte intensité et de faible fréquence, les risques politiques n’étaient pas ancrés dans la stratégie assurantielle des entreprises françaises. Mais le « printemps arabe » et les nationalisations en Argentine et au Venezuela « ont évidemment éveillé la vigilance des risk managers sur les risques de confiscation, de frustration de contrats ou encore de violences politiques dans des zones que l’on n’estimait pas à forts risques », constate Juliette Barré, souscripteur senior chez XL Group.

Multiforme et complexe

Francis Van Den Heste, président de la commission pays de l’Amrae : «Les risques politiques correspondent à l’une des préoccupations grandissantes des risk managers français. Une réelle complexité se cache derrière ce type de risques. Traditionnellement, on pense aux dangers inhérents aux investissements à l’étranger (confiscation, expropriation...). Il faut aussi prendre en compte les dommages et pertes liés au transport (garantie des risques de guerre), au crédit, aux biens (le terrorisme est un risque politique), aux personnes et aux responsabilités, avec, notamment, la clause d’embargo.»

Une vigilance des assurés qui trouve aujourd’hui de plus en plus d’échos dans l’offre assurantielle qui s’est développée dans le monde et sur la place de Paris. «Nous sommes passés de vingt-cinq à plus de quarante acteurs en l’espace de dix ans et, sur la place parisienne, nous avons aujourd’hui une dizaine de compagnies contre deux hier », confirme Xavier Mallez, responsable des activités risques politiques de Marsh France. Xavier Monsaingeon, directeur de Platus (Verspieren), de préciser : «Historiquement, le marché londonien est plus à même de répondre à l’ensemble des couvertures liées aux risques politiques.»

De plus, certains assureurs, comme Zurich, sont, depuis plusieurs années, très bien positionnés en matière de risques politiques. «Nous disposons de capacités très importantes, pouvant aller, par risque, jusqu’à 150 M$ pour l’assurance des risques politiques », précise Nuria Gorog, responsable souscription risques politiques chez Zurich France. Pour compléter ce marché assurantiel, les courtiers notent aussi l’apparition de quelques assureurs, qualifiés de « multilatéraux », intervenant sur des territoires bien précis tel le Miga, filiale de la Banque mondiale opérant principalement en Afrique.

Tendance à la couverture globale du portefeuille

Malgré quelques absences notables d’assureurs traditionnels, l’ensemble du marché mondial donne ainsi l’impression qu’il peut dégager assez de capacités pour répondre aux différentes expositions rencontrées par les industriels, les exportateurs ou les investisseurs mondiaux. Pour autant, selon Françoise Cabon, directrice du département risques politiques de Siaci Saint-Honoré, « les capacités sont en théorie suffisantes, mais, en pratique, c’est un peu compliqué de convaincre certains assureurs de suivre le développement de quelques entreprises. Pour répondre à l’ensemble des besoins grandissants des risk managers en la matière, le marché devra encore se renforcer ». Ce segment des risques politiques est un marché assurantiel gouverné par l’offre et la demande.

Cependant, la montée en puissance de l’instabilité dans certains territoires du monde, comme l’Afrique subsaharienne ou l’Asie provoquent un décalage de plus en plus notable entre l’offre réelle et la demande. Pour répondre à cette problématique, les solutions sont aussi nombreuses qu’il existe d’entreprises. «Certains grands comptes achètent des programmes pour couvrir la totalité de leurs risques à l’étranger, tandis que d’autres préfèrent les sélectionner et n’en assurer qu’une partie », détaille Crispin Hodges, souscripteur risques politiques et crédits commerciaux chez Beazley.

On constate néanmoins un mouvement qui commence à gagner les risk managers confrontés à de fortes expositions sur certains territoires. «De plus en plus d’entreprises raisonnent effectivement sur l’ensemble de leur portefeuille et non plus actif par actif. C’est une démarche intéressante à présenter aux assureurs, qui y trouvent une certaine forme de mutualisation », lance Jean-Luc Debièvre, directeur du département risques financiers et politiques de Gras Savoye. D’autres grands comptes, comme certains énergéticiens, ont plutôt pris le pli de gérer leurs actifs région par région, diminuant le volume de couvertures et, du coup, le niveau de la prime, jugé trop colossal pour l’ensemble des risques concernés.

Devant ces deux manières d’aborder les risques politiques, des assureurs comme Zurich, XL ou encore Beazley essaient de s’adapter aux besoins de chacun. Juliette Barré, de XL, prévient que la vigilance des risk managers et des assureurs n’est pas prête de diminuer : «Rien qu’en 2013, il y a plus d’une vingtaine d’élections présidentielles prévues, qui, potentiellement, peuvent provoquer des instabilités d’ordre politique et économique.»

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