Sgam – Résultats – Stratégie : Covéa, groupe unifié, et maintenant ?

Le groupe mutualiste poursuit sa réorganisation pour gagner en efficacité mais reste flou sur sa stratégie : acquisitions, diversification, développement international... Les pistes ne manquent pas.
Jusqu’où son ambition peut-elle porter Covéa ? En à peine un an, le numéro un français de l’assurance dommages aura réussi son pari de gagner en agilité et en simplification au prix d’une vaste entreprise de réorganisation juridique, financière et humaine. Dernière étape de cette transformation en date, le 6 juin, des directions intégrées ont été créées au niveau de la Société de groupe d’assurance mutuelle (Sgam), dans un souci de mise en commun des moyens et des fonctions, ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent, du moins formellement. La nouvelle organisation, qui repose notamment sur une direction générale assurances centralisée confiée à Christian Baudon – ancien directeur général de MMA –, aura pour objectif de générer des gains de compétitivité réinvestis dans les tarifs. Mais aussi et surtout de faciliter la prise de décision grâce à une équipe resserrée autour de la présidence.

Croissance externe

Avant cela, Thierry Derez, le président de la Sgam, a mené tambour battant, fin 2012, la création du holding Covéa coopérations, une société anonyme intermédiaire entre les mutuelles de tête et les sociétés opérationnelles en capacité de centraliser les ressources financières. Et, accessoirement, les décisions.
L’enjeu, pour Covéa, consiste à se parer des atours d’un groupe capitalistique intégré tout en veillant à conserver son assise mutualiste, sachant qu’une mutuelle ne peut disposer de capital social. En un mot, il n’est pas question de reléguer les trois enseignes – MMA, Maaf et GMF – au rang de simples marques : « Les mutuelles sont souveraines », a fait valoir Thierry Derez, lors la présentation des résultats de l’exercice 2012. Résultat de ce processus d’unification, Covéa se trouve désormais en ordre de bataille pour saisir de nouvelles opportunités tant en termes de diversification de ses activités que d’un point de vue purement stratégique : course à la taille, acquisitions, fusions, recapitalisation…
Reste que les contours de cette stratégie demeurent flous. Et le président, Thierry Derez, de brouiller les pistes volontairement : « En matière d’acquisitions, notre démarche est totalement opportuniste. Nous ne nous fixons aucun objectif ni en termes d’activités ni d’un point de vue géographique.» Seul indice : le bilan 2012 du groupe mutualiste se caractérise à la fois par le faible poids de ses actifs incorporels, à 256 M€, et de ses écarts d’acquisition (goodwill), à 232 M€, par rapport aux fonds propres, évalués, eux, à 9,64 Md€. Un élément de prudence, certes, dans un contexte économique dégradé, mais également l’il-lustration de la façon dont le groupe entend mener ses opérations de croissance externe. De fait, les marges de manoeuvre ne manquent pas à l’international, où Covéa ne réalise que 10,5% de son chiffre d’affaires combiné. « Notre groupe doit, pour ses croissances internationales, plutôt s’orienter vers des marchés où la culture assurantielle est compatible et intelligible par rapport à ce que nous faisons en France », souligne Thierry Derez. Quitte à exclure un positionnement sur les marchés émergents : « Covéa n’a pas besoin d’aller sur les marchés dits émergents, décrits comme des eldorados de l’assurance, car nous n’avons pas le savoir ni de retours d’expérience particulièrement flatteurs du côté de nos confrères. Nos yeux et nos oreilles sont plutôt ouverts vers des marchés en Europe occidentale déjà bien développés.» Outre un possible déploiement international, Covéa continue d’engranger des parts de marché dans l’Hexagone sur ses activités historiques – l’assurance automobile (+ 3,4%), l’habitation (+ 5,5%) – là où la Sgam bénéficie de positions de leadership. Revers de ces bonnes performances, ces segments disposent désormais d’un potentiel de croissance limité.

En matière d’acquisitions, notre démarche est totalement opportuniste.

Thierry Derez, président de la Sgam Covéa


Rapprochement en cours

Pour le groupe mutualiste, il s’agit donc de privilégier la solution de la diversification, à l’instar de son rapprochement récent avec des entités issues du monde mutualiste et paritaire. En effet, le début de l’exercice 2013 a été marqué par le rapprochement avec la mutuelle SMI. Cette dernière, dont l’adhésion au sein de la Sgam devrait être effective fin juin, réalise l’essentiel de son activité en complémentaire santé collective (159 M€ sur un total de 206 M€ de cotisations), un segment appelé à se développer dans la perspective de la généralisation de la complémentaire santé. Au sein de Covéa, SMI sera notamment appelée à coopérer avec l’Apgis (349 M€ de cotisations, dont 279 M€ en complémentaire santé), une institution de prévoyance qui avait rejoint la structure en 2011. Bref, la santé et la prévoyance restent clairement dans la ligne de mire.

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