Solvabilité 2 : les faiblesses des rapports SFCR

Solvabilité 2 : les faiblesses des rapports SFCR

Le cabinet Mazars a passé au crible les rapports « solos » sur la solvabilité et la situation financière (SFCR) de 17 assureurs. Certaines informations, comme l'analyse de la sensibilité aux risques, ne sont pas assez détaillées. 

L’objectif est-il atteint ? Le contenu des rapports sur la solvabilité et la situation financière (SFCR), reporting annuel public rendu obligatoire par la directive Solvabilité 2, est globalement en ligne avec les exigences réglementaires, conclut le cabinet Mazars. Celui-ci a passé au crible les rapports SFCR « solos » (c’est-à-dire au niveau des entités individuelles, et non au niveau des groupes) de 17 assureurs dans l’Hexagone. Dans le détail : 7 assureurs vie  (Allianz VIE, Generali VIE, Predica, BPCE VIE, CNP assurances, AXA France vie, AVIVA VIE) et 10 assureurs non-vie (Pacifica, Allianz IARD, Axa France IARD, Macif, Generali IARD, AVIVA Assurance, MGEN, Harmonie mutuelle, Eovi MCD Mutuelle, Smacl assurances).

Les ratios de couverture du SCR (capital de solvabilité requis) sont compris entre 120% et 329% pour les assureurs du panel. Ils s’établissent en moyenne à 160% pour les assureurs vie et 211% pour les assureurs non-vie. Bien au-delà du taux de couverture exigé de 100%. Quant au contenu du SFCR, il est « en lien avec les exigences du référentiel » imposé par la directive (activité et performance, système de gouvernance, profil de risque, évaluation de la performance, gestion du capital).

Un contenu très hétérogène

Les rapports SFCR demeurent, toutefois, très hétérogènes « aussi bien sur le fond que sur la forme », souligne Mazars. Une disparité qui s’explique, en partie, par des différences méthodologiques liées au recours ou non à un modèle interne (c’est le cas pour 6 assureurs du panel, 2 utilisent un modèle interne partiel), mais également par la propension des assureurs à fournir un contenu plus ou moins détaillé. Le nombre de pages des SFCR oscille ainsi entre 31 et 136 selon les acteurs du panel. Ainsi, au chapitre dédié au profil de risque, tous les assureurs n’ont pas présenté les effets de la diversification sur le SCR. Certains acteurs ont tenu compte des «autres risques », non référencés dans la formule standard. Décrits comme des risques commerciaux ou de survenance conjointe d’évènements adverses, ils pèsent peu : 3% des risques pour les assureurs vie étudiés.

En matière de spécificités méthodologiques comme le recours à la correction pour volatilité et aux mesures transitoires sur les provisions techniques, « peu d’acteurs communiquent de manière détaillée sur ces sujets », relève Mazars. La correction pour volatilité, qui vise à lisser l’effet des mouvements de spreads, est utilisée par 13 assureurs sur 17 dans ce panel, à l’exception des mutualistes dont 2 ne l’utilisent pas et 2 ne communiquent pas. Cela peut s’expliquer par le moindre impact de l’ajustement pour volatilité sur le ratio SCR des branches courtes. Seuls 5 assureurs sur les 13 ayant recours à cette mesure ont communiqué sur son impact : chez les assureurs vie, elle améliore le ratio SCR de 24 points en moyenne. Sur le panel étudié, 14 indiquent ne pas recourir aux mesures transitoires et 3 assureurs mutualistes ne communiquent pas sur le sujet.

Développer l'analyse de sensibilité

Parmi les « axes d’amélioration » des rapports SFCR, Mazars relève également que « les informations données en matière de volatilité du ratio de solvabilité et de gestion de capital mériteraient d’être davantage développées ». Ainsi, seuls 9 assureurs sur 17 ont communiqué des analyses de sensibilité de leur SCR. 9 d’entre eux ont testé les effets de variation des taux d’intérêt et des marchés actions, 5 d’entre eux l’effet des corporate spreads (écarts de taux sur les obligations d’entreprises), 2 d’entre eux l’effet des spreads sur les obligations souveraines, 2 d’entre eux l’action combinée des taux et des marchés actions, 2 d’entre eux la variation du prix de l’immobilier et 2 d’entre eux l’effet de l’inflation. Sans surprise, la sensibilité du SCR est la plus forte pour le risque de taux (-19 points de base en cas de choc négatif de 50 points de base sur les taux).

L’optimisme est, tout de même, de mise après cette première campagne de reporting. « Il est probable que les rapports évoluent dans les années à venir, lorsque les assureurs les moins bien préparés auront gagné en maturité dans la maîtrise de leur communication et que les meilleures pratiques de marché auront été identifiées », conclut Mazars.

 

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