Stratégie : Maif, assureur militant... et collaboratif

Stratégie : Maif, assureur militant... et collaboratif

Après quatre années d’efforts de rigueur et de transformation interne, la Maif repart à la conquête commerciale sur ses marchés traditionnels et mise sur de nouvelles communautés issues de l’économie collaborative pour se démarquer.

«L’audace de la confiance. » Les termes du nouveau plan stratégique de la Maif pour la période 2015-2018 ont été savamment choisis. De l’audace, les dirigeants de la mutuelle des instituteurs, qui pèse quelque 3 Md€ pour un peu plus de 3 millions de sociétaires, en auront manifestement besoin au regard des mutations qui agitent le secteur. « Rarement dans son histoire, la Maif aura été intrinsèquement aussi solide, et en même temps, les menaces n’ont jamais été aussi fortes », pointe d’ailleurs son directeur, Pascal Demurger. Des menaces qui tiennent d’abord à l’environnement de marché, marqué par une stagnation de la matière assurable en IARD, sans compter l’essor des comparateurs et la montée en puissance des bancassureurs. Et qui viennent sans doute perturber avec une plus grande force le modèle économique même de la Maif, dont 80 % de l’activité repose sur la branche non-vie, à la différence de ses concurrents mutualistes comme la Macif (51,9 % du chiffre d’affaires) ou Covéa (68,7 %).

Menaces en vie et en virtuel

D’autant que la santé, segment sur lequel les mutuelles d’assurances se sont positionnées dans la perspective de l’accord national interprofessionnel (ANI) de janvier 2013, est loin de constituer une priorité pour le groupe mutualiste : « Face à l’ANI, sauf à imaginer un partenariat, nous sommes loin de notre positionnement. Quant à la santé collective, je ne suis pas sûr que le jeu en vaille la chandelle, et que nous puissions espérer engranger des gains », évoque Dominique Mahé, son PDG.

L’autre grande menace identifiée par la Maif concerne les ruptures portées par l’économie numérique. Au premier rang desquelles figurent à la fois les dangers d’« ubérisation » (en référence à la plate-forme de mise en relation de chauffeurs Uber) de l’assurance par un acteur du digital comme Google, dont « il serait intéressant de sonder les intentions », selon Pascal Demurger, mais aussi de remise en cause du principe de mutualisation des risques, conséquence du big data.

Le grand frère de la communauté

C’est dans ce contexte que la mutuelle des instituteurs a entamé depuis quelques mois sa mue collaborative à la faveur de ses prises de participation dans Koolicar et GuestToGuest. C’est d’ailleurs l’un des axes principaux du nouveau plan stratégique de la Maif qui vise à lui faire dépasser sa communauté originelle des enseignants pour tisser de nouveaux liens affi­nitaires dans le champ de l’économie du partage. « Nous serons moins dans la gestion d’un portefeuille et davantage dans l’animation de communautés », détaille Pascal Demurger pour qui la Maif a « vocation à être le grand frère de l’économie collaborative ».

À terme, le groupe souhaite s’appuyer sur un écosystème de start-up, une sorte de « fab lab » pour à la fois expérimenter des assurances de fonctions liées à l’usage des biens et se placer en amont des modèles disruptifs de consommation. « Cet écosystème nous permettra quatre choses : adresser des communautés existantes proches de la conception Maif d’un point de vue comportemental, rajeunir la marque, porteuse de valeurs fortes qui peuvent, dans l’esprit du public, être datées, déployer nos offres. Enfin, il s’agit de moderniser nos modes de fonctionnement. Nous avons à apprendre des start-up sur des aspects tels que l’innovation ouverte, l’agilité », détaille Pascal Demurger.

De la ressemblanceà la complémentarité

Pour y parvenir, la mutuelle niortaise envisage d’industrialiser ses prises de participation, qui représentent environ 10 M€, une part somme toute très modeste au regard de ses 15 Md€ d’actifs gérés. D’ici à l’été, un fonds d’investissement dans l’économie collaborative, doté de plusieurs dizaines de millions d’euros, devrait voir le jour. Il sera dédié à des jeunes pousses, y compris issues du digital. Des discussions devraient déboucher dans quelques semaines sur des partenariats.

Entre la massification et la différenciation, la Maif continue de privilégier la seconde option. Un positionnement qui l’avait d’ailleurs encouragé à quitter Sferen, la société de groupe d’assurance mutuelle (Sgam) commune à la Macif et la Matmut il y a un an. « La Maif a souvent eu une lecture traditionnelle des partenariats entre gens qui se ressemblent. Nous avons désormais une vision plus ouverte. L’objectif est de se rapprocher de la complémentarité. Un partenariat est un moyen au service d’une stratégie, mais pas une stratégie en soi », explique Dominique Mahé. Qui se complète, s’assemble…

Emploi

Groupama

CHARGE(E) DE DÉVELOPPEMENT COMMERCIAL

Postuler

Groupama

CHARGE(E) DE DÉVELOPPEMENT COMMERCIAL

Postuler

+ de 10 000 postes
vous attendent

Accéder aux offres d'emploi

Commentaires

Stratégie : Maif, assureur militant... et collaboratif

Merci de confirmer que vous n’êtes pas un robot

Votre e-mail ne sera pas publié