Télématique : la voiture de demain sera connectée… ou ne sera pas

Télématique : la voiture de demain sera connectée… ou ne sera pas

«Car as a service» : tel sera le nouveau visage de la voiture de demain, aidé en cela par l’apport de la télématique, assure le cabinet de conseil Roland Berger dans une récente étude sur la voiture connectée. Et les applications ne manquent pas : santé, sécurité, divertissement, préventionmaintenance, mobilité urbaine, navigation… Le changement de paradigme est à l’œuvre, à en croire les conclusions de l’enquête. Chiffres à l’appui.

90% de voitures connectées en 2025

Un peu plus d’un tiers des véhicules commercialisés en 2015 seront considérés comme connectés, contre 17% actuellement. Une tendance qui devrait s’accélérer encore pour atteindre 67% des ventes annuelles en 2018 (soit 88 millions d’unités) et 90% en 2025 (soit 118 millions d’unités).

Sur ce marché, les constructeurs ne disposeront pas du même stade de maturité sur les systèmes de télématiques embarquées. Selon le cabinet Roland Berger, 100% des ventes annuelles de BMW, Audi, Ford, Lexus, Hyundai et Kia concerneront en 2018 des voitures connectées, contre à peine 30% pour Mazda et 50% pour Opel.

Des catalyseurs technologiques, comportementaux et règlementaires

Les catalyseurs au développement de la voiture connectée sont nombreux. Ils sont d’abord technologiques. Les dernières innovations en matière de réception des données (3G, 4G, cloud…), de navigation et de géolocalisation constituent de sérieux atouts pour accompagner la mutation technologique de nos autos. Ils sont aussi et surtout comportementaux. Les consommateurs, poussés par l’essor du smartphone, basculent dans une logique d’usage au détriment d’une logique de propriété. La voiture ne devrait pas échapper à cette révolution mentale.

Enfin, la réglementation sur la sécurité au volant pourrait expliquer la montée en puissance de l’auto connectée. En témoignent les récents débats au Japon et aux Etats-Unis sur l’appel d’urgence (l’e-call).

Des freins persistants

La longue route vers l’auto connectée ne se fera pas sans coups de freins, prévient-on toutefois chez Roland Berger. Au premier rang desquels le manque de convergence technologique entre les constructeurs automobile. A l’heure actuelle, chaque marque expérimente son propre process, à l’image du R-Link conçu par Renault avec Android, Ford Sync de Ford avec Microsoft ou encore Mini avec Apple. Une diversité de supports qui soulèvent des problématiques de compatibilités technologiques avec les objets connectés des consommateurs (smartphone, tablette...).

La bataille du data

Autre frein et non des moindres : celui de la propriété des données. Constructeurs automobiles, opérateurs télécoms, professionnels de la donnée (Google, Facebook, Apple…) et compagnies d’assurance se livrent en coulisses une bataille rangée autour de la propriété et surtout de la monétisation du data. Il faut dire que l’enjeu économique n’est pas négligeable. L’étude Roland Berger estime à 120 Md€ le montant des revenus générés (ventes exclues) par la voiture connectée et ses services environnants en 2018. Un chiffre qui devrait plus que doubler en 2025 (275 Md€).

Dans un écosystème en pleine ébullition et en l’absence d’un véritable business model, les différentes parties prenantes tentent de nouer des alliances et de trouver des compromis. Les assureurs seraient plus prompts à valoriser la donnée plutôt que le service, là où les constructeurs chercheraient à monétiser davantage les applications. Mais ces équilibres sont loin d’être figés.

Trois modèles d’assurance en gestation

Au même titre que les équipementiers et les constructeurs automobiles, les compagnies d’assurance gravitent autour de l’écosystème de la voiture connectée. Dans cette phase de gestation, trois modèles d’assurance sont actuellement expérimentés. Le modèle américain dit du «leadership pricing», qui a vocation à fournir une tarification affinée sans démutualiser, au plus près des comportements de l’assuré, au moyen d’un boîtier installé. Portée outre-Atlantique par des compagnies comme Progressive ou OnStar, cette approche trouve son pendant français avec la deuxième génération d’offre «Pay as you drive» (PAYD) d’Amaguiz (Groupama).

L’autre modèle, britannique, repose davantage sur une segmentation marketing poussée à l’extrême. C’est le cas de «Drive like a girl», un acteur, qui, utilisant les dernières innovations en matière de télématique, ne s’adresse qu’à une clientèle féminine. En revanche, en respect de la réglementation européenne sur le genre, «Drive like a girl» rappelle dans ses conditions générales ventes que ses assurées sont considérées comme «gender neutral» (genre neutre). Le dernier modèle est enfin italien. L’assurance connectée intervient essentiellement en prévention avec des dispositifs antivol ou antifraude.

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