Terrorisme : plus d'attentats, mais moins de dommages matériels

Terrorisme : plus d'attentats, mais moins de dommages matériels
Les attentats (ici sur le marché de Noël de Berlin en décembre 2016) sont plus fréquents mais leur ampleur est, généralement, plus limitée.

Si les attentats sont malhreuseument plus fréquents, les événements structurés comme le 11 septembre 2001 sont néanmoins moins probables, selon le criminologue Alain Bauer, invité de la "Journée du marché" annuelle organisée par le courtier Aon Benfield. Peu de dommages matériels sont indemnisés en France.

 

La recrudescence des actes terroristes a -t-elle une incidence sur le monde de l'assurance ? Si les attentats sont plus nombreux depuis 2010, il semble que "l'hyperterrorisme" du début des années 2000, entendre par là des attentats structurés, de masse, organisés avec le support d'Etats ou d'anciens opérateurs d'Etat comme celui du World Trade Center le 11 septembre 2001, est "de moins en moins probable", a jugé le criminologue Alain Bauer, invité de la "Journée du marché" annuelle organisée par le courtier Aon Benfield"Sur 100 attentats planifiés, aujourd'hui, 90 n'ont pas lieu. 1% d'entre eux sont des attentats structurés que l'on n'empêchera jamais. Les 9% restants sont des attentats qui auraient pu ne pas avoir lieu mais on n'a pas réussi à connecter les informations dont on disposait", explique Alain Bauer.

"Terrorisme en essaim"

On assiste, généralement, à l'avénement d'un "terrorisme en essaim", caractérisé par de multiples micro-événements dont les effets sont moindres. "Les terroristes ont compris qu'ils n'avaient pas besoin de causer beaucoup de morts ou de dégâts. Il y a une hyperfébrilité de la population et un terrorisme médiatique permanent", explique Alain Bauer. Les dommages matériels en Europe Occidentale et en Amérique du Nord sont ainsi inexistants ou "mineurs", c'est à dire inférieurs à 1 M d'€, selon les données du Global Terrorism Database.

En France, en matière d'assurance de personnes, le Fonds de Garantie des victimes d'Actes Terroristes et autres infractions (FGTI), qui indemnise toutes les victimes d'attentats commis sur notre territoire ainsi que les Français victimes d'attentats perpétrés à l'étranger, est "le plus impacté", de l'ordre de "plusieurs centaines de millions d'euros", souligne François Pimbert, analyste chez Aon Benfield Analytics. Pour répondre à cet enjeu, la "taxe attentat" prélevée sur les assureurs dommages a été relevée de 4,30€ à 5,90€ au 1er janvier 2017 et l'Etat s'est engagé, par une convention-cadre, à apporter sa garantie au Fonds si les dépenses annuelles d'indemnisation excèdent 160 M d'€. Les garanties individuelles accidents, et donc les couvertures de réassurance cat', sont, elles, "légèrement touchées".

Dommages, une "couverture standard inchangée"

En matière d'assurance de biens, on recense "peu de dommages indemnisés en France", explique François Pimbert. Les pertes économiques générées par les attentats dans les secteurs du tourisme, des loisirs ou des agents de sécurité sont pourtant nombreuses. Mais la "couverture standard proposée par l'industrie reste inchangée". Il existe ainsi un "décalage entre l'offre proposée par les assureurs et la réalité économique". Les discussions doivent s'intensifier à ce sujet avec les pouvoirs publics, mais le calendrier des prochaines élections présidentielles et législatives bloque pour l'heure toute initiative.

Des assurances complémentaires commencent à émerger pour des marchés ciblés, afin de protéger la perte d'exploitation non consécutive à un dommage matériel, par exemple la baisse de fréquentation des hôtels ou les cyberattaques. Selon Aon Risk Services (ARS), les demandes d'information des risk managers ont augmenté en 2016 de 35% et les souscriptions de 22%. Soit un taux de transformation de deux tiers. Ces nouvelles couvertures sont, pour l'heure, exclues des traités de réassurance. Face à des sinistres peu importants, les prix de la réassurance baissent depuis quelques années. Si ces nouvelles garanties s'étendent, il faudra faire évoluer les traités de réassurance dommages en développant un vocabulaire juridique adapté et une modélisation fréquence/coût afin d'ajuster les besoins de capacité. Plus que l'ampleur des dégâts matériels, c'est en effet aujourd'hui la fréquence des attentats qui est préoccupante.

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Commentaires

Terrorisme : plus d'attentats, mais moins de dommages matériels

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30/03/2017 08h:05

.....malhreuseument plus fréquents, les événements structurés...................................................................................................................................................

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