Tesla : «il s'agirait d'une coïncidence malheureuse» (Arnaud de la Fortelle, Mines Paris Tech)

Tesla : «il s'agirait d'une coïncidence malheureuse» (Arnaud de la Fortelle, Mines Paris Tech)
PHOTOS : Laetitia Duarte Arnaud de la Fortelle

Tandis que l’enquête est en cours pour éclaircir les raisons du premier accident routier mortel à bord d’une voiture semi-autonome, Arnaud de la Fortelle, directeur du laboratoire de robotique de Mines ParisTech livre, pour l’Argus de l'assurance, son opinion d’expert.

L’accident ne cesse de faire débat depuis sa médiatisation, le 30 juin 2016, lors de l’ouverture par l’organisme responsable de la sécurité routière aux Etats-Unis (NHTSA) d’une enquête. Pourquoi, sur une double voie rapide, en Floride, par beau temps, la fonction de pilotage automatique d’un Tesla modèle S n’a pas détecté un semi-remorque qui lui coupait la route ?  « Il s'agirait d'une coïncidence malheureuse, explique à l’Argus  Arnaud de la Fortelle, directeur du laboratoire de robotique de Mines ParisTech et expert ès-voiture automatisée. C’est-à-dire la conjugaison d’une mauvaise configuration des capteurs liée à des techniques d'apprentissage qui n'ont pas programmé ce cas de figure – rare - et une utilisation plutôt abusive de la conduite "automatisée" car l'autopilote n'est que semi-automatique et devait donc être supervisé par le conducteur. Mais il est évident que personne ne semble vouloir l'utiliser ainsi ».

Combiner automatisation et savoir-faire humain

Toutes les leçons de l'accidentologie montrent, selon ce spécialiste, qu'un accident routier est un événement rare qui a toujours plusieurs causes simultanées. « Rare » signifie donc qu'il est difficile voire impossible de l'apprendre, au sens du machine learning (ndlr : le système d’intelligence artificielle embarqué dans les véhicules n’est autre qu’un logiciel qui auto-apprend sur la base de situations programmées).

C’est d’ailleurs en raison de l'adaptation de l'homme aux assistances, et donc à leur détournement, que les constructeurs mettent la pédale douce sur les autopilotes… « On se doutait qu'un tel accident arriverait. C'est une surprise, en revanche, que cela arrive si vite et que le premier accident soit mortel. Ceci ne signifie aucunement que la conduite automatisée est moins sûre que la conduite manuelle. Mais que le sujet mérite des analyses plus poussées. Et en particulier sur la meilleure manière de combiner assistance (voire automatisation) et savoir-faire humain. Ou sur les techniques qui donnent des garanties, notamment mathématiques, ce sur quoi je travaille ! ».

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