[DOSSIER] Dossier Spécial comptes 2015 : «Déroutant !» 6/8

Top 20 Europe : Stabilité des positions dans un contexte compliqué (Dossier)

Top 20 Europe : Stabilité des positions dans un contexte compliqué (Dossier)

Confronté à une mutation sans précédent, le secteur européen de l’assurance confirme en 2014 le regain de dynamisme observé en 2013. La liste des 20 principaux acteurs est confirmée, sans grands bouleversements, avec un Top 5 inchangé qui confirme sa suprématie.

Le rendement moyen des fonds propres du Top 20 s’effrite légèrement, passant de 9,9% à 9,4%. Les écarts types sont importants : les ROE s’échelonnent entre 0% et 19%.

Malgré un contexte économique morose, le Top 20 affiche un chiffre d’affaires en hausse de 7% en 2014, poursuivant le regain de dynamisme déjà constaté en 2013.

Axa, Allianz, Generali, Zurich et Prudential constituent un Top 5 inchangé, qui se distingue de plus en plus du reste du classement.

Le secteur de l’assurance affiche un ratio moyen de résultat net sur primes en légère augmentation, passant de 4% des primes en 2013 à 4,9% en 2014. Allianz et Mapfre caracolent en tête avec une marge nette de 9%.

Axa, Allianz, Generali, Zurich et Prudential constituent un Top 5 inchangé, qui se distingue de plus en plus du reste du classement.

Malgré un contexte économique morose, le Top 20 affiche un chiffre d’affaires en hausse de 7 % en 2014, poursuivant le regain de dynamisme déjà constaté en 2013.

Le classement des assureurs européens reste globalement stable malgré un contexte compliqué. Depuis plus de deux ans le monde de l’assurance ne cesse d’évoluer : restructuration, internationalisation, digitalisation, sont des concepts qui sont désormais bien familiers du secteur. Pour autant, le bouleversement du classement auquel on serait en mesure de s’attendre n’a pas eu lieu. Ainsi, à l’instar des années passées, Axa reste en tête du classement, suivi de près par Allianz et Generali. Le reste du Top 20 est également en ligne avec cette constatation : certains acteurs ont évolué marginalement dans le classement, mais la liste des 20 acteurs principaux reste inchangée.

Un secteur qui se porte globalement bien

Première constatation à la lecture du classement : malgré un contexte économique morose, le chiffre d’affaires global du Top 20 ressort en hausse. En effet, les primes émises en 2014 sont en augmentation de 7 % par rapport à 2013 et cette croissance porte aussi bien sur les primes domestiques que non domestiques, ce qui montre le dynamisme des assureurs sur tous les fronts. Géographiquement, la croissance des primes non domestiques est plus forte en Europe et en Amérique du Nord tandis qu’elle est moins significative en Asie. Est-ce à dire que les acteurs du marché se sont moins concentrés sur le développement de leurs activités en Asie-Pacifique en 2014 qu’en 2013 ? En réalité, l’effet est à modérer par la dépréciation d’un certain nombre de monnaies asiatiques enregistrée au cours de l’année 2014, ce qui joue certainement un rôle important dans la valeur des primes émises inscrites au compte de résultat.

De la même façon, le volume des placements financiers a significativement augmenté entre 2013 et 2014 et la hausse de 19 % fait même atteindre un niveau global supérieur à celui de 2012, reflétant la reprise de confiance des acteurs de l’assurance envers les marchés financiers. Le taux de rendement observé est lui aussi en légère augmentation, d’environ 0,2%.

Ainsi, le Top 20 européen de l’assurance se porte bien et poursuit son regain de dynamisme constaté en 2013. Néanmoins, ce nouveau souffle ne permet pas aux trois premiers assureurs du classement d’atteindre à nouveau leur niveau de capitalisation boursière précédant la crise des subprimes survenue en 2007. À titre d’illustration, la valeur du titre d’Axa au 30 décembre 2014 ne représentait que 60 % de sa valeur au 30 avril 2007.

Les assureurs phares creusent l’écart

En tête du classement en termes de chiffre d’affaires, Axa, Allianz, Generali, Zurich et Prudential, dans l’ordre d’importance en termes de chiffre d’affaires, conservent les mêmes positions qu’en 2013, tout en se démarquant de plus en plus du reste du classement.

De son côté, Axa poursuit sa stratégie de développement tournée vers les pays émergents. Ainsi, au cours de l’année 2014, Axa s’est développé aussi bien sur les marchés asiatiques (acquisition de 50% de Tian Ping, société chinoise d’assurance dommages), que sur les marchés d’Amérique du Sud (rachat de 51% des activités d’assurance de Grupo Mercantil Colpatria en Colombie) et d’Afrique (avec une participation majoritaire dans Mansard Insurance plc au Nigéria).

Autre phénomène intéressant : si Axa et Allianz dominent toujours le classement, les écarts se lissent entre les trois ténors européens puisque Generali rattrape Allianz en termes de primes émises (avec respectivement 70,4 Md€ et 73,9 Md€). L’assureur italien affiche ainsi une croissance de 6,9%, reflet de progressions à la fois sur son marché domestique et à l’étranger. C’est d’ailleurs sur ce dernier point qu’il se distingue d’Allianz, dont la croissance globa­le de 2,5% masque un repli de 1% sur ses activités non domes­tiques.

Cette année 2014 est également marquée par l’amélioration globale des chiffres de Zurich et Prudential. Ces deux derniers voient leur chiffre d’affaires s’améliorer de 25% chacun avec une progression respective de 8,6 M€ et 7,4 M€ à la hausse sur leurs primes non domestiques, et, dans la même logique, leurs résultats croissent respectivement de 22,3 % et 90,5%.

Concernant Zurich, cette hausse est à pondérer par la fluctuation du taux de change euro-dollars entre les années 2013 et 2014, mais la stratégie affichée consistant à se recentrer sur son activité historique d’assureur entre 2014 et 2016 semble déjà payante.

À propos de Prudential, ces résultats sont d’autant plus significatifs que l’année 2014 a été marquée par la dépréciation de plusieurs devises asiatiques, comme évoqué précédemment, combinée à l’appréciation de la livre sterling. Rappelons qu’en 2013, le business asiatique représentait la moitié des revenus de l’assureur. Par ailleurs, Prudential se démarque en affichant le meilleur ratio résultat/fonds propres du classement, à hauteur de 19%.

Certains assureurs en difficultés

Ce classement fait également ressortir le manque de dynamisme de certains assureurs. Ainsi, du côté des évolutions de milieu de tableau, Talanx perd deux places cette année par manque de croissance de son CA par rapport à ses concurrents. Son ratio résultat/fonds propres reste néanmoins stable à 11%.

UnipolSai perd lui aussi deux places et se retrouve en 19e position. C’est l’assureur qui perd le plus d’activité entre 2013 et 2014 du fait notamment de cessions d’1,1 Md€ de primes à Allianz en mars 2014. Son résultat est cependant en hausse et son ratio résultat/fonds propres parmi les plus hauts du panel, à 14%.

L’assureur RSA se trouve particulièrement en difficultés à fin 2014, terminant à la dernière place du classement, enregistrant une perte de 3,9 % de chiffre d’affaires. Néanmoins, RSA obtient un résultat positif de 96 M€ contre – 404 M€ en 2013, en ligne avec le mouvement de restructuration impulsé par Stephen Hester. Le nouveau directeur général a notamment procédé à une augmentation de capital de 976 M€ et a cédé plusieurs actifs jugés non stratégiques ce qui a rapporté 932 M€ au cours de l’année. En outre, en 2014, RSA a cédé ses activités en Italie, à Hong Kong et à Singapour, et s’est séparé de sa société de courtage canadienne Noraxis, se recentrant ainsi sur son cœur de métier, à l’instar de Zurich, ce dernier ayant d’ailleurs caressé un temps, à l’été 2015, l’idée de racheter son homologue britannique.

Un marché instable avec un contexte de taux bas difficile

Si le millésime 2014 semble plutôt rassurant quant à la situation du marché de l’assurance, il est sans doute un peu tôt pour faire état d’une reprise pérenne du secteur. À l’observation du classement, un quart des acteurs enregistrent une baisse, plus ou moins sensible, de chiffre d’affaires et de résultat. À titre d’exemple, Aviva a vu son résultat net reculer de 6,5 %, Groupama de 9,5 % et Société Généra­le Insurance de 14,8 %. Des replis évidemment plus modes­tes que les chutes de résul­tat affichées par RSA (-124 %) et Achmea (-95 %). Ces assureurs pourraient ainsi se faire distancer par d’autres acteurs plus dynamiques si ces moindres performances étaient dues à un manque de solidité financière, de par le contexte de taux bas qui pourrait détériorer leur situation.

De façon générale, le secteur de l’assurance affiche un ratio de résultat net sur primes en légère augmentation à 4,9 % (contre 4 % en 2013) mais un léger effritement de son rendement des fonds propres (ROE), lequel passe de 9,9 % à 9,4 %, avec dans les deux cas d’importants écarts types entre les acteurs.

Enfin, le quantitative easing ayant eu lieu au mois de janvier 2015 et la perspective des taux durablement bas ne sont pas rassurants pour le marché de l’assurance. Comme l’Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles (EIOPA) l’avait déjà souligné en 2014 suite à la publication de ses stress tests visant à mettre en avant le risque de marché et la stabilité financière des assureurs en cas de crise, les assureurs européens sont très sensibles aux taux bas et bien qu’ils fassent gonfler la valeur de leurs actifs, leur exigence de solvabilité pourrait se voir non respectée, impliquant de probables changements dans les classements 2016 portant sur le résultat, le ratio de solvabilité et le ROE.

Camille Rabeau et Alexandre CHALLAL, Consultants Actuariat Sia Partners

Méthodologie et limites

Cette année, L’Argus a retenu les méthodes suivantes afin de construire les tableaux comparatifs du Top 20 des assureurs européens.
  • Les données utilisées sont tirées des comptes consolidés ou combinés établis par les groupes, en normes françaises ou IFRS. Pour ceux qui publient des comptes dans le référentiel IFRS, il convient de noter l’importante hétérogénéité qui existe dans la présentation de l’information financière d’un groupe à l’autre. Des retraitements plus ou moins significatifs ont ainsi dû être réalisés, lorsque cela était possible, pour parvenir à des données comparables. Le classement des 20 premiers groupes européens a retenu comme chiffre d’affaires, le total des primes émises pour les activités d’assurance. Pour les groupes établissant leurs comptes en normes IFRS, ce montant correspond uniquement aux contrats entrant dans le champ de la norme IFRS 4. Les primes des contrats d’investissement relevant de la norme IAS 39 n’ont pas été réintégrées dans le CA.
     
  • Placements : les montants reportés correspondent à la juste valeur (valeur de marché) et non la valeur comptable. Ils intègrent les catégories suivantes : placements financiers ; prêts (lorsqu’ils sont assimilable à des immobilisations financières) ; trésorerie et équivalent de trésorerie (lorsque le détail du cash proprement relatif à l’activité d’assurance était remonté dans les états financiers consolidés) ; placements en unités de compte (ci-après UC) et investissements immobiliers.
     
  • Provisions techniques : les montants de provisions techniques reportés sont nets de réassurance (y compris pour les provisions techniques relatives aux contrats indexés sur des unités de compte).
     
  • Résultat, fonds propres, plus-values latentes, dette subordonnée : sont reportés tels qu’inscrits au bilan. À fin 2014, ces éléments sont renseignés selon normes françaises ou IFRS et ne prennent pas, encore, en compte la norme Solvabilité 2. Il est à noter que tous les chiffres ont été basés sur les éléments publiés. Parmi ces éléments, il n’a pas été possible dans certains cas d’obtenir le niveau de détail suffisant. Dans ce cas, les informations manquantes ont été repérées par un « NC ».

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