Transformation numérique : les RH à l'épreuve du 2.0 (conférence Argus)

Transformation numérique : les RH à l'épreuve du 2.0 (conférence Argus)
La conférence de l’Argus consacrée à la transformation digitale de l’assurance, le 2 juillet, a mis en exergue l’importance des ressources humaines dans la réussite de ce projet. © phtos : laetitia duarte

C’est l’un des enjeux de la transformation numérique : comment les assureurs, qui souffrent d’une image vieillotte, peuvent-ils attirer les nouveaux talents que toutes les entreprises convoitent ?

Qui dit nouvelles techno­logies, nouveaux consommateurs, nouvelles données, nouveaux usages, nouvelle expérience client dit d’abord nouveaux talents ! Dans le cadre de la gestion prévisionnelle des emplois qu’ils mènent depuis plusieurs années, les acteurs de l’assurance ont clairement pris conscience que leur transformation digitale doit commencer par celle de leurs collaborateurs (lire encadré page suivante). Premiers interlocuteurs de leurs clients, ils sont leurs ambassadeurs. Ils véhiculent leur image.

Et c’est cette image, justement, qui doit changer. « Bien que GMF, Maaf et MMA soient des marques très fortes, qui reçoivent chacune environ 25 000 CV par an, un volume important rapporté, par exemple, aux 7 700 collaborateurs de Maaf, peu de petites filles et de petits garçons rêvent d’être assureur », reconnaît Sonia Gori-Babin, responsable projets et marketing RH de Covéa. « Nous n’avons pas un capital sympathie ni une notoriété suffisants pour séduire les meilleurs profils, alors que nous sommes en plein plan Ambition Client 2020. »

Penser à un assureur plutôt qu’à un banquier, un constructeur automobile ou un groupe de cosmétique : voilà le challenge des acteurs du secteur, avides de têtes bien faites alors que s’amorce leur virage numérique.

La carte du mutualisme 3.0

L’École européenne des métiers de l’Internet (lire encadré ci-contre) l’a bien compris, qui s’active depuis quatre ans pour former les futurs data scientists, chargés d’affiliation, chefs de projets, webdesigners, programmateurs, développeurs et autres community managers tellement prisés des entreprises. « Nos élèves apprennent aussi bien à créer un site de e-commerce qu’à devenir le responsable tant recherché qui insufflera l’innovation au sein de groupes traditionnels en mutation numérique », explique Stéphanie de Kerdrel, directrice de l’EEMI. Pour répondre à cette demande croissante, l’école a créé en 2012 un master manager des systèmes d’information-parcours Web en partenariat avec Grenoble École de management. Objectif : apprendre aux étudiants à mettre en place des projets digitaux via l’obtention de compétences managériales et techniques.

Mais ces diplômés iront-ils pour autant frapper à la porte des groupes d’assurances ? « On essaie de se singulariser, notamment sur les réseaux sociaux, auprès de candi­dats qui, avec Internet, postulent tous azimuts », affirme Sonia Gori- Babin, qui joue donc la carte du « mutualisme 3.0 », comprendre l’alliance subtile de l’économie et du social, (re)devenue le comble de l’avant-gardisme. Les 1 000 personnes recrutées l’an dernier par Covéa ont précisément rejoint le groupe pour cette raison.

Une révolution culturelle

« Historique, cette révolution digitale invente une nouvelle organisation sociale et un nouveau modèle économique que les assureurs sont en train d’accompagner », estime Norbert Girard, secrétaire général de l’Observatoire de l’évolution des métiers de l’assurance (Oéma). Dans ce modèle, l’implication et l’enga­gement des collaborateurs pré­valent. « Les services ressources humaines travaillent à faciliter cette transformation, qui est culturelle, et qui doit, avant tout, être appréhendée sous cet angle. C’est la seule solution pour le secteur de l’assurance de se départir de son image d’Épinal. »

ll est vrai que l’innovation tend à se cristalliser autour de projets de partage (voiture, maison, parking… et même franchise d’assurance) à l’aide d’outils digitaux.« La nouvelle génération réinvente le mutualisme », conclut ainsi Norbert Girard. Preuve que, finalement, les assureurs disposent peut-être de l’argument clé pour séduire les « digital talents ».

L’école qui forme les futures recrues du digital

C’est la première école du genre, ouverte en 2011 par trois patrons de l’Internet, Jacques- Antoine Granjon (vente-privee.com), Xavier Niel (Free) et Marc Simoncini (Meetic). S’échinant à trouver les compétences dont ils avaient besoin, ces entrepreneurs ont créé « leur » école, dédiée aux métiers du Web. Dirigée par Stéphanie de Kerdrel, l’École européenne des métiers de l’Internet (EEMI ) prépare environ 350 étudiants à ces nouvelles professions dans trois pôles : le marketing, le webdesign-graphisme et la programmation. « Les entreprises nous demandent des profils aux compétences transverses et élargies », explique-t-elle. Avec un élève pour sept stages ou emplois proposés, ce sont les recruteurs qui se bagarrent pour attirer les étudiants. Qu’en est-il des assureurs ? « L’assurance pêche par une image un peu institutionnelle, mais nous incitons nos élèves à intégrer ces groupes où ils peuvent participer à des réflexions de grande envergure, avec des moyens. Nous pourrions mettre en place des journées thématiques, façon job dating, consacrées à plusieurs secteurs. Pourquoi pas celui de l’assurance ? » À bon entendeur...

Près de 13 000 recrutements par an

Le taux d’embauche dans l’assurance, qui emploie près de 220 000 personnes, dont 150 000 exerçant dans une entreprise affiliée à la FFSA ou au Gema, est stable, à 8,9 %. Cela signifie qu’environ 13 000 salariés sont recrutés chaque année, un tiers remplaçant un départ à la retraite. « La digitalisation ne réduit pas les effectifs des compagnies d’assurances. L’automatisation et le transfert sur l’assuré génèrent des gains de productivité qui sont réinvestis dans l’optimisation de la relation client », analyse Norbert Girard, secrétaire général de l’Observatoire de l’évolution des métiers de l’assurance (Oéma), pour qui une part importante des jeunes collaborateurs en poste a déjà accompli sa révolution numérique. Sur les 15 familles de métiers du secteur, la première est la fonction commerciale avec 31% de l’effectif (46 000 salariés) et la deuxième les postes administratifs, à savoir 28% de gestionnaires de contrats (41 000 personnes).

Nous devrions bien le savoir en tant qu’assureurs : recruter est un aléa !

Norbert Girard, secrétaire général de l’Observatoire de l’évolution des métiers de l’assurance (Oéma)

Le digital est un état d’esprit axé sur l’ouverture et le collaboratif. Nous avons intégré l’adaptabilité à notre référentiel de compétences.

Sonia Gori-Babin, responsable projets et marketing RH de Covéa

La génération Y est née avec le digital, mais elle méconnaît totalement les métiers qui y sont associés.

Stéphanie de Kerdrel, directrice de l’école européenne des métiers de l’Internet (EEMI)

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