Très chère assurance santé américaine

La santé constitue un thème majeur de la prochaine élection présidentielle. La hausse des primes d'assurance s'est accélérée depuis 2001. La réforme envisagée par George W. Bush n'est pas à la hauteur.
Partager

Déjà mal en point depuis longtemps, le système de santé américain est maintenant gravement malade. Selon l'étude du centre Kaiser Family Foundation, le coût des programmes des entreprises, lesquels couvrent plus de 61 % de la population âgée de moins de 65 ans, a augmenté de 59 % au cours de la période 2001-2004. Pour 2004, le rapport table sur une hausse de 11,2 %. Pour sa part, l'assurance publique, qui assure une couverture à 29 % de la population américaine, vient d'annoncer un relèvement des cotisations de 17,4 % en 2005, soit une progression de 56 % depuis 2001.

Cette décision s'applique aux bénéficiaires du Medicare, le système réservé aux plus de 65 ans et aux handicapés, et à ceux du Medicaid, c'est-à-dire les indigents. Conséquence : à la fin 2003, près de 45 millions d'Américains étaient privés de toute couverture santé, selon le bureau du recensement (Census Bureau), soit une progression de 4 millions en quatre ans.

Les salariés subissent, leurs patrons aussi...

Néanmoins, les employés ne sont pas les seules victimes de cette crise. En 2003, General Motors a déboursé 4,5 Md$ (3,6 MdE), soit 1 200 $ par véhicule vendu (970 E), pour protéger son 1,5 million d'employés et de retraités. Les engagements d'assurance du constructeur automobile ont dépassé 60 Md$ (50 MdE) fin 2003. Selon Kaiser Family Foundation, l'assurance santé représente en moyenne une charge supplémentaire de 7 289 $ (5 900 E) par employé par an en 2004, soit 22 % du salaire moyen. De son côté, le collaborateur garde à sa charge 2 661 $ (2 155 E) par an. « Les PME ne sont pas en mesure de dépenser 10 000 $ par famille pour un employé rémunéré à 30 000 $ », estime Kate Sullivan Hare, directrice de la politique de santé à la Chambre de commerce des États-Unis (l'équivalent américain du Medef), qui note que ce service coûtait 4 500 $ il y a six ans.Les entreprises ont compensé cette explosion des coûts de deux manières : par l'arrêt de la couverture pour les plus petites et par un transfert de charge vers les salariés pour les plus grandes.

... tandis qu'assureurs et pharmaciens fixent leurs prix

La part des PME offrant un programme de couverture santé a chuté à 50 % en 2004, contre 58 % en 2001, et les 5 millions d'Américains nouvellement privés de toute couverture sont surtout des employés de petites sociétés. De leur côté, les grandes entreprises (plus de 300 salariés) réduisent leur prise en charge en transférant une part plus importante des primes vers les employés. Selon Dennis Cuneo, vice-président de Toyota États-Unis, le coût de l'assurance santé pousse aussi les grandes entreprises « à différer les recrutements aussi longtemps que possible ». « Nous devons nous préparer à payer davantage », résume Drew E. Altman, président du Kaiser Family Foundation. Pessimistes, les employeurs ne voient aucune lueur d'espoir dans l'approche individualiste de George W. Bush et estiment que la plus grande intervention de l'État prescrite par John F. Kerry ne s'attaque pas suffisamment à la dérive des dépenses de santé.

En effet, en l'absence d'une politique publique de santé, les différents intervenants sont libres de fixer leurs prix et, selon l'observatoire public National Health Accounts, les laboratoires, les assureurs et les pharmacies sont à l'origine des difficultés actuelles. Entre 2001 et 2004, leurs coûts ont respectivement augmenté de 71 %, 59 % et 56 %. Or, l'administration Bush s'oppose à l'importation de médicaments moins onéreux venant du Canada, en invoquant un risque quant à leur qualité.George W. Bush a fait adopter en décembre 2003 la plus importante réforme du Medicare depuis sa création en 1965. Estimée à 400 Md$ (320 MdE) sur dix ans, elle renforce le rôle des assureurs privés au sein du Medicare. Elle est majoritairement désapprouvée par les Américains, pour deux raisons : la Maison blanche a volontairement sous-évalué d'un tiers le montant de la réforme et les couvertures des assureurs privés coûtent 7 % de plus que le programme traditionnel du Medicare, alors que l'administration Bush envisageait en 2003 une réduction des coûts de 5 %. Le vainqueur de l'élection présidentielle devra poursuivre ou réaménager cette réforme, qui devrait s'appliquer dans sa totalité avant 2006.

Base des organismes d'assurance

Abonnés

Retrouvez les informations complètes, les risques couverts et les dirigeants de plus de 850 organismes d’assurance

Je consulte la base

Sujets associés

LES ÉVÉNEMENTS L’ARGUS DE L’ASSURANCE

Tous les événements

Les formations L’ARGUS DE L’ASSURANCE

Toutes les formations

LE CARNET DES DECIDEURS

Stéphane Mircich, DG du groupe Colonna 2022

Stéphane Mircich, DG du groupe Colonna 2022

Groupe Colonna

Directeur général

Astrid Cambournac, SPVie 2022

Astrid Cambournac, SPVie 2022

SPVie

Secrétaire générale

Julien Alzouniès, DG Leader Insurance 2022

Julien Alzouniès, DG Leader Insurance 2022

Groupe Leader Insurance

Directeur général opérationnel

Michèle Horner, Beazley France 2022

Michèle Horner, Beazley France 2022

Beazley

Responsable relations courtiers pour la France

LES SERVICES DE L’ARGUS DE L’ASSURANCE

Trouvez les entreprises qui recrutent des talents

La Mutuelle Générale

CONSULTANT TRANSFORMATION SENIOR -F/H- CDI

La Mutuelle Générale - 22/12/2022 - CDI - Paris - 13ème arrondissement

+ 550 offres d’emploi

Tout voir
Proposé par

ARTICLES LES PLUS LUS