Voiture autonome : le gouvernement veut que ça roule dès 2020

Ministres, secrétaires d’état et présidents de région se sont mobilisés, le 14 mai 2018, autour d’Anne-Marie Idrac. La Haute responsable pour la stratégie nationale du développement des véhicules autonomes a présenté les ambitions du gouvernement.

Le calendrier est posé. Ancienne présidente de la RATP, puis de la SNCF, Anne-Marie Idrac, aujourd’hui Haute responsable pour la stratégie nationale du développement des véhicules autonomes, a exposé, le 14 mai 2018, sa feuille de route découlant de la mission qui lui a été confiée par le gouvernement en novembre dernier. Cristallisant tous les enjeux de la transformation digitale, le sujet est suffisamment important pour que se soit mobilisées, autour de l’auteure du rapport, d’éminentes personnalités politiques et publiques.

Le temps de l'action publique

Le message est clair : l'heure de l'action publique a sonné, avec un rétro-planning ambitieux : faire rouler des voitures autonomes de niveau 3 (le conducteur délègue la conduite à des destinations prédestinées) et 4 (le conducteur délègue la conduite) dès 2020 sur les routes françaises (lire dossier de l'Argus). A cette fin, la France autorise, dès 2019, les expérimentations à grande échelle sur ses routes, suite à une cinquantaine de tests qui se sont jusqu'ici déroulés sans incident.

« Cette stratégie repose sur une vision commune partagée entre les acteurs industriels et publiques, souligne Anne-Marie Idrac. Elle pose un cadre en identifiant les blocs juridiques, souvent européens, à résoudre en matière de responsabilité, d’expérimentations, d’homologations, de cyber-risques, de protection des données personnelles, d’infrastructures ou encore de code de la route ». Si la France se veut fer de lance en la matière, riche de deux constructeurs automobiles et d'équipementiers avancés sur le sujet, l’ancienne secrétaire d’État aux Transports sait que l'enjeu économique est européen. Elle n’a pas hésité à s’adresser à Claire Depré, chef de l’unité transports intelligents et DG de Move à la Commission européenne, pour que la France travaille plus étroitement avec Bruxelles : « Sur le financement européen, si vous pouviez nous expliquer la clé de vos tiroirs…, nous on a compris la clé des nôtres ».

La France veut devenir le champion mondial de la voiture autonome

Inscrit dans le cadre de la loi Pacte (plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises) du ministre de l’économie, Bruno Le Maire, mais aussi de la loi d’orientation sur les mobilités, la voiture autonome bénéficie de financement à l’échelle nationale et notamment de 300 M€ prévus pour les fameuses expérimentations auxquels viendront rapidement s’ajouter une partie des budgets consacrés à l’intelligence artificielle – autre cheval de bataille qui vient aussi de faire l’objet d’un rapport – et de ceux dévolus à la modernisation de l’infrastructure (100 M€ à court terme). Un appel à projet en milliards d’euros doit enfin permettre de capitaliser sur des cas d’usage. L’idée consiste à homologuer rapidement les véhicules et comme le souligne Bruno Le Maire « préciser le régime de responsabilité ». Pour l’heure, « C’est celui qui conduit l’expérimentation qui a la responsabilité », note Elisabeth Borne, la ministre chargée des transports.

(Elisabeth Borne, Anne-Marie Idrac et Valérie Pécresse le 14 mai 2018 lors de la présentation du rapport sur le développement de la voiture autonome)

Révolution des usages

Outre une souveraineté économique sur le marché de l'automobile 3.0, la finalité, pour le gouvernement, est sociétale : desservir enfin les territoires ruraux, offrir de la mobilité aux personnes âgées ou aux revenus modestes, décongestionner des régions comme l’Ile-de-France. Et faire gagner du temps aux gens : 2 ans de nos vies seraient consacrés à conduire !

« Nous sommes face à une révolution des usages », estime Muriel Barneoud, directrice de l’engagement sociétal du groupe la Poste. « 40% des rouennais n’ont pas accès aux transports en commun », confirme Frédéric Sanchez, président de la métropole Rouen Normandie qui mène une expérimentation poussée avec, entre autres, la Matmut sur des zoe autonomes et électriques. Luc Chatel, président de la PFA (plateforme de la filière automobile), représentant à ce titre les constructeurs et équipementiers Français, estime que l’industrie tricolore a l’avantage du savoir-faire technologique et dispose aujourd'hui de l’opportunité de muer en « prestataire de service de véhicules autonomes semi-collectifs à moteur électrique ». Pour lui, « la France peut devenir un champion mondial de la voiture autonome ». Les navettes et autres robot-taxi sont d'ailleurs au coeur de la nouvelle donne industrielle que le gouvernement veut encourager avec le plan de route d'Anne-Marie Idrac. Bien plus, en somme, que la voiture individuelle sans chauffeur encore réservée à une clientèle très aisée.

Et les Français, qu'en pensent-ils ? Selon un sondage révélé le 14 mai, 59% des Français savent ce qu’est une voiture autonome, près d’un sur deux l’utiliserait, mais 72% n’ont pas confiance dans la délégation de conduite et 15% craignent qu'elle ne soit facilement piratée.

 

 

 

 

Emploi

LVS EXPERTISE

Un Assistant Expert H/F

Postuler

PARANGON INVESTISSEMENT

Conseiller Commercial H/F

Postuler

KAPIA RGI

ANALYSTES FONCTIONNELS en Assurance Vie et /ou IARD

Postuler
Accéder aux offres d'emploi

APPELS D'OFFRES

Souscription d'un contrat d'assurance complémentaire de frais de santé obligatoire

AFNIC - Association Française pour le Nomage Internet en Coopération

22 octobre

78 - AFNIC

ASSURANCES DE LA CCIIG.

CCI de région des iles de Guadeloupe

21 octobre

971 - POINTE A PITRE

Proposé par   Marchés Online

Commentaires

Voiture autonome : le gouvernement veut que ça roule dès 2020

Merci de confirmer que vous n’êtes pas un robot

Votre e-mail ne sera pas publié