[DOSSIER] Argus Factory 2019 : l'assurance se transforme 4/12

Ces cinq technologies qui vont (peut-être) bousculer l'assurance

Ces cinq technologies qui vont (peut-être) bousculer l'assurance
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Les nouvelles technologies constituent un vecteur essentiel de la transformation des acteurs de l’assurance. Mais faut-il encore pouvoir séparer l’innovation de la communication. Panorama de ces « techs » et de leur potentiel futur réalisé en collaboration avec le fonds d’investissement spécialisé dans l’assurance, Astorya.vc. Cinq technologies qui bousculeront l’assurance… ou pas totalement !

Quand l’intelligence artificielle va au-delà de l’effet de mode

L’IA est-elle un phénomène de mode ? Un fonds anglais a évalué récemment que 40 % des start-up se réclamant de l’IA… n’en proposent pas. Dans l’enquête mondiale « Technology Vision 2019 » d’Accenture, près de la moitié des dirigeants citent l’IA comme la technologie qui aura le plus d’impact dans l’assurance. Deux applications semblent tirer leur épingle du jeu : les outils d’aide à la vente et la gestion de sinistres pour lesquels plusieurs assurtech utilisent les techniques de machine-learning et de réseaux neuronaux. Ainsi, le néerlandais Friss recourt à l’IA pour représenter graphiquement des schémas de fraude à l’assurance, une analyse difficile à réaliser par des moyens traditionnels. D’autres cherchent à améliorer le processus de décision des régleurs ou bien mixent l’IA et la reconnaissance d’images pour estimer les coûts d’un sinistre. Mais l’efficacité des solutions tient à la richesse de la base de données de l’assureur. De manière empirique, l’IA apporte un « plus » là où les techniques traditionnelles d’analyse de données sont déjà utilisées. Les assureurs ont codifié leur savoir dans de bons vieux moteurs de règles qui représentent encore la majeure partie des « scores » obtenus dans les processus de décision. Ils doivent donc maximiser l’amélioration permise par l’IA, par exemple en remplaçant totalement les moteurs de règles sur certains cas d’usage, et se spécialiser par métier (santé, auto…). La condition pour passer du statut de fournisseur de solutions technologiques à véritable partenaire.

 

Tout ou presque reste à fairesur la blockchain

Il y a plusieurs années déjà que la technologie de la blockchain intéresse l’ensemble des secteurs de l’économie… Pour l’heure, elle n’a débouché que sur peu d’applications concrètes dans l’assurance. « C’est une industrie encore jeune : le sujet est l’infrastructure, pas – encore – les cas d’usage », estime Nicolas Cantu, à la tête du Chain Accelerator, plus important accélérateur de start-up consacrées à la blockchain, hébergé à la Station F de Paris et lancé en 2018. Place donc, toujours, à l’expérimentation. Le marché en est d’ailleurs bien conscient : 14 assureurs se sont ainsi associés, fin 2017, au sein du groupe de travail Blockchain de la commission numérique de la Fédération française de l’assurance (FFA) pour de premiers échanges de données sécurisées. Autre projet plus détaillé : Axa s’est associé à la fintech lilloise Utocat, fin 2017, sur le projet Fizzy, une plateforme d’assurance paramétrique ayant recours à la blockchain pour couvrir les retards d’avion. Mais l’application la plus aboutie jusqu’à présent concerne l’assurance maritime et le projet Insurewave, qui réunit le transporteur A.P. Møller-Maersk, les compagnies Axa XL et MS Amlin ainsi que le courtier Willis Towers Watson (voir L’Argus n° 7579). Objectif : couvrir le risque de plus d’un millier de navires marchands presque en temps réel.

 

Les API représentent un avantage concurrentiel fort

Avec l’émergence de l’open banking, la technologie API (application programming interface – pour interface de programme d’application) s’est progressivement imposée dans le secteur bancaire comme un passage obligé. Porte ouverte vers des partenaires extérieurs pour créer des écosystèmes de services, les API représentent également l’opportunité pour les assureurs de se rapprocher d’acteurs technologiques complémentaires de leurs solutions développées en interne, ou d’acteurs tiers (les plateformes, par exemple) pour distribuer leurs produits. C’est sur ce second aspect de la distribution qu’émergent les premières initiatives. Ainsi l’assurtech Kasko travaille étroitement avec les assureurs à la création et à la distribution de produits adaptés à ces nouveaux canaux, ainsi qu’à une gestion flexible grâce à un parcours s’appuyant intégralement sur les API. Cette technologie nécessite une interconnexion avec les systèmes informatiques existants et imposeparfois de repenser certains processus. C’est donc un enjeu plus large qui se présente aux assureurs : la capacité à repenser les systèmes informatiques pour s’adapter à de nouveaux besoins du marché. Les API constituent un outil central de la prochaine génération d’assurance. La maîtrise de cette technologie et son implémentation au cœur même de la stratégie, seront un avantage concurrentiel fort pour les assureurs. Et déjà, certaines assurtech poussent les API plus loin en investissant de nouvelles niches du marché (assurance impayés pour les TPE, assurance à la demande dans la mobilité urbaine…).

 

Le big data ne va pas partout

2,4 Md$ (environ 2 Md€) : tel est, dans le monde, le montant des investissements des assureurs dans des projets relatifs au big data – un montant qui devrait croître de 50 % d’ici à 2021 (1). Le sujet n’est donc pas nouveau et diverses stratégies ont déjà émergé : Axa a créé dès 2014 un Data Innovation Lab. Comme l’explique l'un des responsables de l’époque, le chief data scientist Marcin Detyniecki, ce lab « était une expérimentation destinée à trouver des moyens de créer de la valeur avec les données. À l’époque, l’écosystème data n’était pas celui d’aujourd’hui… ». Cinq ans plus tard, ce lab s’est fondu dans Axa Rev, une structure connexe à Axa Next. « Axa Next explore des projets qui intègrent des données et des technologies innovantes pour développer de nouveaux business models », ajoute Marcin Detyniecki, devenu directeur en charge de la recherche d’Axa Rev. Si les applications concrètes dans l’assurance auto ou, plus généralement, la lutte contre la fraude se multiplient déjà, d’autres champs assurantiels ne sont pas en reste. « Il est, par exemple, plus aisé d’estimer l’impact des tempêtes et de recalibrer plus rapidement nos modèles internes », note Marcin Detyniecki. Et de poursuivre avec un autre exemple : « L’analyse des data permet de prédire le nombre d’appels sur nos plateaux téléphoniques d’assistance » – et donc d’en ajuster la composition au besoin. Mais l’enjeu est plus sensible sur d’autres secteurs, comme l’assurance vie et la santé, où la régulation des données reste forte.

1. Selon le rapport SNS Telecom & IT de 2018, « Big data in the insurance industry : 2018-2030 ».

 

L’Internet des objets (IoT) surfe sur une nouvelle vague

L’intérêt pour l’IoT (Internet Of Things) a connu un pic en 2015 : l’abondance de données et les technologies connectées promettaient de révolutionner des pans entiers de l’assurance comme l’automobile connectée ou l’assurance de personnes. Quatre ans après, le sentiment est partagé. L’IoT continue de concentrer investissements et projets de la part des assureurs. Generali Italie a par exemple créé Jeniot, entreprise consacrée à l’assurance connectée, et les initiatives sont nombreuses concernant l’automobile, la maison connectée ou la silver economy. Mais ces business models sont fragiles et les projets peinent parfois à exister. Ainsi, selon les pays, il n’est pas toujours autorisé de tarifer en fonction de l’état de santé, ce qui limite l’usage des trackers d’activité à la prévention. Pour autant, une nouvelle vague d’assurtech arrive dans les commercial lines et l’assurance paramétrique, qui traitent des problématiques spécifiques avec des solutions novatrices. Parsyl s’est récemment associé à un syndicat du Lloyd’s pour optimiser la supply chain de produits sensibles en introduisant des capteurs (température, humidité…) afin de simplifier et de sécuriser l’expédition et les problématiques de couvertures afférentes. Dans un autre domaine, Floodflash a développé des capteurs qui permettent de couvrir plus efficacement le risque d’inondation, y compris dans des zones non assurables auparavant, et de déclencher une gestion de sinistres paramétrique.

 

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