[DOSSIER] C'était en 2015 : Rendez-vous de septembre, la [...] 7/13

Classement réassurance 2015 : Le nouveau tiercé gagnant

Classement réassurance 2015 : Le nouveau tiercé gagnant

La solidité des résultats techniques et la bonne capitalisation des réassureurs ne doivent pas masquer des conditions de marchés tendues qui pèsent sur leur rentabilité. De quoi chambouler le podium du Top 15 de la réassurance...

A quelques heures du coup d’envoi de la 59e édition des Rendez-vous de septembre (RVS) à Monte Carlo, haut lieu de rassemblement annuel de la réassurance, le Rocher accueille pour l’occasion un nouveau tiercé de tête mondial. Et pour cause : avec un volume de primes nettes émises de 31,64 Md$ l’an dernier (+3,8%), Swiss Re a détrôné son rival de toujours, Munich Re (31,18 Md$, -15,17 % par rapport à 2013), comme le révèle le classement 2015 de la réassurance réalisé sur la base de l’activité 2014 par Standard & Poor’s en exclusivité pour L’Argus de l’assurance. Une 1ère place que le réassureur zurichois n’avait plus occupé depuis presque dix ans !Munich Re n’est pas le seul réassureur allemand à subir une rétrogradation. Hannover Re (15,293 Md$) a cédé sa 3e place sur le podium à son concurrent américain Berkshire Hathaway (16,568 Md$ de primes nettes émises), le conglomérat aux mains du milliardaire Warren Buffet. à noter que Scor, seul réassureur tricolore à figurer au classement, conserve son 5e rang mondial avec 12,3 Md$ de primes devant le Lloyd’s et le réassureur vie Reinsurance Group of America (RGA).

1er : SWISS RE (Suisse)

Résultats 2014 :
  • Primes nettes émises 31,64 Md$ (en hausse)
  • Résultat opérationnel 2,904 Md$ (en baisse)
  • Marge nette 8,1 % (en baisse)

2ème : MUNICH RE (Allemagne)

Résultats 2014 :
  • Primes nettes émises 31,18 Md$ (en baisse)
  • Résultat opérationnel 3,927 Md$ (en baisse)
  • Marge nette 10% (en baisse)

3ème : BERKSHIRE HATHAWAY (Etats-Unis)

Résultats 2014 :

  • Primes nettes émises 16,57 Md$ (en hausse)
  • Résultat opérationnel ND
  • Marge nette ND

Quant aux Bermudes, l’un des centres actifs de la réassurance mondiale, PartnerRe et Everest Reinsurance se maintiennent respectivement aux 9e et 10e rangs. Ce jeu de chaises musicales, aussi médiatique soit-il, ne reflète pas pour autant de modification en substance des fondamentaux du secteur. Les résultats techniques demeurent solides – le ratio combiné moyen du Top 15 ressort à 90,28 % en 2014 – liés, entre autre, à une sinistralité catastrophe favorable tout comme le niveau de capitalisation qui flirte allègrement autour des 332 Md$ dont plus du tiers reposant sur le seul Berkshire Hathaway !

Dans le même temps, les conditions de marché n’ont eu de cesse de se durcir en l’espace de quatre ans. Sont notamment évoquées des opportunités limitées en termes de souscription, une pression tarifaire persistante à la baisse, notamment sur les risques « cat’ » en réassurance de dommages aux biens. Sans compter une détérioration généralisée du fait de l’intense concurrence de la réassurance alternative (cat bonds, réassurance collatéralisée, ILS..) en provenance des hedge funds et des fonds de pension, qui se tournent de plus en plus vers ces classes d’actifs pour trouver du rendement.

Trève tarifaire en vue ?

Signe de cet environnement défavorable, la marge nette des quinze premiers acteurs s’est dégradée de 0,88 point en à peine un an. Dans le détail, Swiss Re a vu sa marge nette pratiquement fondre de moitié en trois exercices, de 15,4 % en 2012 à 8,1 % en 2014. Cette situation est-elle partie pour durer ? Sans jouer les oracles, les dirigeants de Swiss Re et Munich Re entrevoient des signes d’accalmie dans la bataille tarifaire. « Le niveau des prix dans notre portefeuille n’est pas malsain », déclarait fin août Michel Lies, DG de Swiss Re tandis

que Munich Re concède également voir « le bout du tunnel » en matière tarifaire. De ce point de vue, les RVS en livreront sans doute un premier aperçu. Reste qu’en situation d’excès de liquidités et de conditions de marché tendues, les fusions et rapprochements continuent d’avoir le vent en poupe entre acteurs de petites et moyennes tailles : entre RenaissanceRe et Platinum ; XL et Catlin ; Endurance et MontpelierRe… Sans oublier la dernière opération d’envergure entre PartnerRe et Exor en juillet dernier. à l’origine tenté par un rapprochement industriel avec son homologue bermudien Axis Capital, les actionnaires de PartnerRe ont finalement opté pour une opération capitalistique en acceptant un rachat par Exor, la holding italienne de la famille Agnelli et premier actionnaire de PartnerRe, pour un montant de 6,9 Md$… Et le mouvement ne devrait pas s’arrêter en si bon chemin prédisent les agences de notations. Un constat partagé par le PDG de Scor, Denis Kessler pour qui « les grands réassureurs tirent mieux leur épingle du jeu que les petits ». Une course à la taille à laquelle échappent pour le moment les big five. Soucieux de préserver la diversification de leurs risques, ils s’efforcent d’investir de nouveaux marchés (cyber- risques, pertes d’exploitation, pays émergents) ou bien chasser sur les terres de leurs cédantes (les assureurs) à l’instar de Munich Re, Swiss Re et Berkshire Hathaway.

Le niveau des prix dans notre portefeuille n’est pas malsain.

Michel Lies, directeur général de Swiss Re

ND : Non disponible.
NS : Non significatif.
(1) Le ratio combiné 2013 diffère de l’édition précédente du fait de retraitements dans les comptes annuels de Swiss Re.
(2) Les fonds propres ajustés totaux sont ceux du groupe dans son ensemble (réassurance + assurance primaire).
(3) Le ratio combiné intègre l’activité d’assurance primaire.
(4) Les primes, le résultat d’exploitation et le ratio combiné sont ceux de l’activité de réassurance. Les autres données sont celles du marché, proforma basées sur les données agrégées des différents syndicats du Lloyd’s.
(5) Les primes nettes émises de l’activité réassurance correspondent à la somme des trois principales compagnies du groupe (quatre en 2013), sans ajustement de consolidation.
(6) Nommée auparavant NKSJ Holdings.

Méthodologie

Le Top 15 de la réassurance mondiale est établi à partir des données collectées par Standard & Poor’s. Le périmètre retenu pour ce classement est celui de l’activité 2014.

« La réassurance doit démontrer sa pertinence dans une économie en mutation » : Dennis Sugrue, directeur assurance chez Standard & Poor’s

  • Excès de capitaux, concurrence accrue, baisse des prix… L’environnement de marché de la réassurance n’a guère changé d’une année à l’autre.
    Cette situation peut-elle durer ?

Le secteur de la réassurance continue à faire face à un contexte d’excès de capital. Les fonds propres des quarante premiers réassureurs mondiaux ont atteint un nouveau record en 2014, à 422,8 Md$ s’ajoutant à un nouveau pic en capital alternatif de 64 Md$. 2014 a également été une bonne année en termes de ratios combinés, la moyenne du Top 40 monde s’établissant à 89 % (89,1 % en 2013) en raison de pertes liées aux catastrophes et de dégagements de réserves faibles. Toutefois, il est improbable que les ratios combinés s’améliorent à terme sans une inversion du cycle tarifaire. Et ce, d’autant plus que les commissions de courtage connaissent une dérive inflationniste. Selon nos projections, les tarifs devraient continuer de se détériorer, bien que de manière plus graduelle que ces trois dernières années.

  • Une des conséquences du contexte de marché est la consolidation du secteur. Ce mouvement va-t-il s’intensifier dans les prochains mois ?Quels réassureurs seront les plus exposés ?

Nous nous attendions à cette vague de consolidation depuis quelques temps et pensons qu’elle n’est pas encore terminée. Les opérations impliquant de grands réassureurs mondiaux auxquelles nous avons assisté jusqu’à aujourd’hui ne se traduisent pas par un retrait de capitaux du marché. Moins de 5 Md$ en capitaux seront versés aux actionnaires, soit moins de 3 % du capital total du secteur. Avec une capacité excessive, il est peu probable que la pression sur les prix se relâchera. En réalité, la concurrence pourrait même encore s’intensifier. Nous pensons que les petits ou moyens réassureurs sans avantage concurrentiel avec des profils de risque concentrés, seront les plus explosés au mouvement de consolidation dans les douze à dix-huit mois à venir.

  • Quels sont les risques émergents sur lesquels la réassurance fait le pari de nouveaux gisements de croissance ?

Nous avions indiqué l’an passé que le marché de la réassurance devra démontrer la pertinence de son modèle face à une économie mondiale en rapide mutation. Cette conjecture est toujours valable aujourd’hui. Alors que la croissance économique mondiale est soutenue par les marchés émergents, en particulier l’Asie, l’Amérique latine et l’Afrique, les réassureurs sont à la recherche de marchés pour soutenir cette croissance. De ce point de vue, le cyber risque est un autre domaine qui est aujourd’hui largement sous-assuré. Les réassureurs explorent les moyens d’offrir une protection dans ce domaine sans exposer excessivement leur bilan.

 

Moins de 5 Md$ en capitaux seront versés aux actionnaires, soit moins de 3 % du capital total du secteur.

Testez L'Argus de l'assurance en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Le Magazine

ÉDITION DU 17 juillet 2020

ÉDITION DU 17 juillet 2020 Je consulte

Emploi

CEGEMA

Chargé(e) de Gestion Emprunteur H/F

Postuler

SOLUSEARCH.

Animateur Commercial PME H/F

Postuler

+ de 10 000 postes
vous attendent

Accéder aux offres d'emploi

APPELS D'OFFRES

Proposé par   Marchés Online

Commentaires

Classement réassurance 2015 : Le nouveau tiercé gagnant

Merci de confirmer que vous n’êtes pas un robot

Votre e-mail ne sera pas publié