Coronavirus : l’assurance emprunteur relativement épargnée par la crise

Coronavirus : l’assurance emprunteur relativement épargnée par la crise
© Schluesseldienst de Pixabay

Les affaires nouvelles sont au point mort pour cause de gel du marché immobilier, mais les assureurs se sont adaptés pour faire avancer les dossiers en instance et la sinistralité n’aura que peu d’impact sur le stock. 

La perspective d’un déconfinement au 11 mai redonne un peu de visibilité au marché immobilier, à l’arrêt depuis un mois. « Il n’y a plus rien, l’activité est complètement stoppée », se désespère un directeur d’agences Century 21 à Paris, dans le Figaro. De fait, 100 000 projets d’achat immobilier enclenchés avant la crise ont été mis sur pause, selon la Fnaim, la fédération nationale de l’immobilier. Selon le Conseil supérieur du notariat, 80% des signatures ont été reportées d’un commun accord entre acheteurs et vendeurs, rapportent Les Echos, et pour cause : les offices notariaux sont fermés, seuls les déménagements considérés comme « non reportables » sont autorisés, les pièces à réunir auprès des administrations et des syndics sont parfois impossibles à obtenir, et les diagnostiqueurs ne se déplacent plus. Un décret autorisant les actes notariés à distance pendant la période d’urgence sanitaire, depuis le 3 avril, a pu débloquer certaines situations, mais c’est une goutte d’eau dans par rapport à la masse des autres blocages.

Gel du marché immobilier

Les nouveaux projets sont aux abonnés absents : l’activité crédit des banques tourne au ralenti pour donner la priorité au financement des entreprises et des professionnels, les visites de logement sont impossibles. Durant les trois premières semaines de confinement, chez Vousfinancer, les demandes de prêt ont chuté de 72% sur un an. « Nous recevons peu de demandes de nouveaux crédits et de moins en moins chaque nouvelle semaine du confinement », explique Jérôme Robin, directeur général du courtier en crédit.

Mécaniquement, les nouvelles affaires en assurance emprunteur suivent le même chemin. La 2e semaine du confinement, le gestionnaire spécialisé en assurance de prêts CBP recevait la moitié du volume habituel de dossiers, nous indique son directeur général délégué Stéphane Soudeix. Il souligne cependant que les banques continuent de faire avancer les dossiers déjà engagés. Ceux qui bloquent sont « ceux pour lesquels l’assurance emprunteur est conditionnée à des examens médicaux », précise dans les Echos Philippe Taboret, le président du courtier Cafpi.

Assouplissement des formalités médicales pendant la crise

Dans le but de répondre à ces situations compliquées, des assureurs se sont adaptés en proposant aux emprunteurs de remplir eux-mêmes les questionnaires médicaux complémentaires, en mettant en place des systèmes de téléconsultation, en en allégeant les formalités médicales simples (prise de sang, rendez-vous chez un médecin généraliste…) qui concernaient les emprunts de plus de 300 000 euros et les emprunteurs de plus de 45 ans, relève le courtier en assurance emprunteur sur internet Magnolia. C’est notamment le cas du courtier grossiste Digital Insure, qui a mis en place des dispositions exceptionnelles en accord avec ses partenaires assureurs et réassureurs : suppression de la visite médicale dans les centres de santé remplacée par l’envoi d’informations en ligne et d’attestations sur l’honneur via une plateforme sécurisée, et report possible à tout moment de la date d’effet de l’assurance.

Pas d'exclusion du décès lié au Covid, mais pas de couverture du chômage partiel

Malgré tout, l’assurance emprunteur est relativement épargnée par rapport à d’autres activités assurantielles qui subissent de plein fouet la crise sanitaire et économique actuelle. « Un mois de production, sur des stocks de crédit immobilier qui durent 8 à 9 ans en moyenne, ce n’est pas grand-chose. Les autres échéances continuent de tomber », relativise Stéphane Soudeix. En effet, même si les emprunteurs suspendaient massivement leurs mensualités de crédit immobilier pour cause de difficultés financières, ils devraient rester couverts par l’assurance pendant cette période pour les risques de décès, invalidité et incapacité, car le crédit n’est pas interrompu. Les mensualités d’assurance emprunteur restent donc dues. BNP Paribas Cardif, par exemple, nous confirme que les emprunteurs qui suspendent le paiement du principal et/ou des intérêts, et qui règlent habituellement leurs échéances de crédit et d’assurance en une seule et même mensualité (parce qu’ils ont souscrit un contrat groupe), voient leur mensualité se réduire à celle de l’assurance emprunteur.

En outre, si l’assurance emprunteur couvre bien les décès dus à la pandémie (concernant la maladie, les exclusions les plus fréquentes sont celles de certaines pathologies d’ordre psychologique ou psychiatrique, les affections dorsales et vertébrales, et les catastrophes nucléaires), nous indique le médiateur de l’assurance Philippe Baillot, elle exclut l’indemnisation du chômage partiel. Même pour les assurés ayant souscrit la garantie perte d’emploi. Cette garantie, souscrite par 1 à 2% des emprunteurs seulement selon Stéphane Soudeix, chère et restrictive, ne couvre que le risque de licenciement économique. La sinistralité, pour l’assurance emprunteur, devrait donc être relativement limitée.

Quelle reprise, après le confinement ?

La principale incertitude concerne la reprise des affaires nouvelles à l’issue de la période de confinement. « Soit il y aura juste un effet report, soit des pertes d’affaires pour les gens qui auraient perdu leur capacité à acheter : chômage, portefeuille de titres utilisé pour l’apport personnel qui a plongé, etc. », analyse Stéphane Soudeix. « Nous craignons que le marché reparte avec un décalage, car ceux qui auront subi une baisse de revenus, en chômage partiel, mais surtout les indépendants et artisans commerçants, devront patienter avant de refaire une demande de prêt, le temps de retrouver une bonne situation financière...», déclare Jérôme Robin, directeur général de VousFinancer. Autre signe d’inquiétude, la hausse des taux de crédit immobilier. Le courtier indique qu’au mois d’avril, une quinzaine de banques ont remonté leurs taux, de 0,15 à 0,25% en moyenne. « Dans le contexte actuel ces remontées peuvent être un véritable frein à la reprise…», alerte la société.

Stéphane Soudeix évalue à environ 20 Md€ le manque à gagner du secteur par mois d’inactivité. En 2019, la production de crédit immobilier avait atteint 258 Md€ selon la Banque de France. Mais il se veut optimiste. « Le chiffre d’affaires de l’assurance emprunteur sera quand même, à mon avis, supérieur à celui de 2019 ».

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