Classement Prévoyance 2019 : l'individuelle reprend des couleurs

Classement Prévoyance 2019 : l'individuelle reprend des couleurs

La croissance du marché de la prévoyance est restée soutenue en 2018 mais, en comparaison des années précédentes, l’activité en individuelle affiche une progression inédite.

Une bonne dynamique se poursuit pour le marché de la prévoyance. Selon les données de notre classement annuel exclusif, sa croissance dépasse pour la deuxième année les 4 %, après plusieurs exercices atones. Mais contrairement à l’année dernière, c’est le segment des contrats individuels qui booste le secteur : après plusieurs années de croissance entre 1% et 3%, il affiche une progression inédite de 5,5% en 2018, sur la base de notre classement.

« La prévoyance individuelle permet à nouveau de dégager des marges et de s’inscrire dans des stratégies de multiéqui­pement (sur des portefeuilles santé ou IARD). Ce segment devient donc d’autant plus stratégique qu’un assuré qui a plusieurs contrats auprès du même assureur résiliera moins que celui n’en ayant qu’un seul », note Caroline Albanet, présidente du cabinet R & B Partners. Cible particulièrement visée : les travailleurs non-salariés (TNS). Le marché n’est pas saturé en prévoyance, notion encore peu connue des indépendants alors même qu’elle constitue une couverture essentielle en cas de perte de revenus.

Les mutuelles affûtent leurs armes

Une évolution se distingue dans les résultats en collective : la Mutuelle générale affiche une hausse à deux chiffres. « La progression de 22 % en collective est tirée par les cotisations des contrats collectifs à adhésion obligatoire de 22,2 % (13,2 % pour ceux à adhésion facultative) », glisse la 3e mutuelle de France. Les mutuelles sont encore discrètes sur la prévoyance, mais leur intérêt est bien réel. « Les portefeuilles des mutuelles en prévoyance sont encore marginaux mais elles disposent d’une capacité de progression : leurs efforts pour maintenir de bonnes relations avec leurs clients et alimenter leur proximité avec eux devraient payer dans les années à venir », estime-t-on au cabinet R&B Partners. Le groupe Vyv (+5,2 % cette année) talonne désormais Groupama et AG2R La Mondiale, alors qu’Aesio et Macif ont créé une société commune, PAM.

 

Efficace et simple

Pour ce public ayant peu de temps à consacrer à sa protection sociale, la simplicité est l’un des principaux facteurs de succès. « Nous cherchons continuellement à simplifier nos démarches de souscription : dans 70 % des cas, un TNS devra répondre à cinq questions ou moins pour conclure un contrat », illustre Nathalie Aubonnet, directrice dépendance et prévoyance individuelle au sein d’Axa France. La compagnie est une nouvelle fois en tête du classement cette année… avant que Malakoff Médéric Humanis puisse contester ce leadership. Le groupe paritaire créé au 1er janvier 2019, qui n’a pas souhaité communiquer des comptes distincts pour l’année 2018, représente pro forma environ 2,1 Md€ de cotisations en affaires directes.

Axa France s’est aussi positionné sur les nouvelles formes d’entrepreneuriat avec des offres spécifiques dont le maître mot, là aussi, est le multiéquipement. La compagnie a ainsi lancé en 2018 un produit groupé pour les micro-entrepreneurs combinant santé, prévoyance, RC Pro et banque. « Nous poussons notamment notre programme d’accompagnement à destination de nos agents généraux Promium pour favoriser le multiéquipement des TNS », note-t-on chez Axa France.

La très grande majorité des acteurs pousse les feux sur le marché des professionnels : il est loin d’être saturé alors que le besoin et les marges existent.

Caroline Albanet et Philippe Trémoureux, associés chez R&B Partners

 

La croissance des GAV

Parmi les différents risques, la garantie des accidents de la vie (GAV) poursuit sa croissance soutenue, avec une hausse annuelle supérieure à 7 % depuis 2014 – un produit typiquement diffusable en multiéquipement, par exemple avec un contrat auto ou MRH – alors que la dépendance est à la peine (3,7 %, contre 5,5 % pour l’individuelle en général). « Le marché de la dépendance va nécessairement finir par se développer, car le besoin est indéniable », note Nathalie Aubonnet, ajoutant : « Le marché n’attendra pas que la politique s’empare réellement du sujet. Aujourd’hui, le problème des pouvoirs publics est bien plus un manque de moyens que de volonté d’agir… »

A contrario des progressions plutôt limitées mais régulières de l’individuel, la prévoyance collective s’avère plus volatile (5,6 % en 2017, 0,2 % en 2016, 4,3 % en 2015…). Ce marché affiche encore une croissance de 3,9 % cette année, mais sus­cite moins d’intérêt qu’auparavant. « Les marges de manœu­vre en prévoyance se situent dans l’individuelle : la croissance sur la collective n’existe encore que dans le middle market (TPE / PME) mais la priorité est pour l’heure à la rentabilité », estime Philippe Trémoureux, directeur général du cabinet R & B Partners.

Illustration de ces difficultés : sur les sept acteurs de notre classement affichant une croissance 2018 inférieure à 2 %, on compte… six paritaires, l’exception étant CNP Assurances ! Les institutions de prévoyance professionnelles tirent leur épingle du jeu (BTP Prévoyance et IRP auto au-delà de 8 % de croissance). Derrière, l’atonie sur la collective se justifie de plusieurs manières. Uniprévoyance souligne avoir perdu un grand compte pour expliquer la plus forte baisse de notre classement (- 10,1 %). Toutefois, 2019 devrait être « une belle année commerciale qui devrait relancer la croissance ». Agrica et Klesia se montrent également plutôt optimistes, le premier avec la montée en puissance de son « offre agricole » commune avec Crédit agricole Assurances et Groupama, le second grâce à sa co-recommandation (avec Apicil) en prévoyance lourde sur la branche du travail tempo­raire.

Des incertitudes…

Ceci étant, le contexte n’est pas des plus évidents. « Si la fin des clauses de désignation n’a eu qu’un faible impact sur la suprématie des institutions de prévoyance en collective, il subsiste encore d’importants déséquilibres techniques et l’heure est au redressement plus qu’au développement », soulignent Caroline Albanet et Philippe Trémoureux. Ce maître mot du redressement se traduit par la résiliation de contrats chroniquement déficitaires et / ou de forts rattrapages tarifaires, occasionnant certaines tensions lors des négociations avec les branches professionnelles. Et la hausse continue des arrêts de travail, le possible report de l’âge de la retraite ainsi que le contexte durable de taux bas sont autant de raisons incitant à la prudence…

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