Prévoyance : comment retrouver l’équilibre ?

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Les tribunes d'experts de l'UNMI sur la prévoyance et les services

Autrefois considérée comme une activité rentable, la prévoyance fait face à des déséquilibres techniques et structurels aggravés par la crise sanitaire. Les contrats collectifs sont les plus impactés. Devant cette situation dégradée, les organismes réagissent…

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Prévoyance : comment retrouver l’équilibre ?

Selon le Centre technique des institutions de prévoyance (Ctip), la crise sanitaire de 2020 aurait coûté plus d’un milliard d’euros au secteur de la prévoyance. En 2021, grâce à une hausse de 8,3 % des cotisations¹ (santé, retraite supplémentaire et prévoyance) par rapport à 2020 et des efforts de maîtrise des coûts de gestion, les organismes de prévoyance sont revenus à l'équilibre. Toutefois, la prudence reste de mise, car la hausse des arrêts maladie et l’augmentation des troubles psycho-sociaux post-Covid risquent de peser durablement sur les comptes. « Les équilibres techniques de la prévoyance sont malmenés depuis quelques années par une dérive structurelle liée à l’absentéisme avec pour marqueurs principaux, une hausse de la fréquence des arrêts de travail et de leur durée. Cette tendance a été confirmée et amplifiée par la crise sanitaire », analyse Loredana Maïer, Directrice générale de l’UNMI. Selon une étude menée en 2021 par Axa France sur l’absentéisme en entreprise², les arrêts de travail de plus de 2 mois sont en effet en hausse de 8,7 % en 2021, ceux de 3 mois et plus en hausse de 10 % par rapport à 2020. Cette tendance s’explique par l’augmentation des absences liées aux risques psychosociaux (+ 9 % en un an) et le report des soins de 2020.

" Un risque complexe qui nécessite un pilotage spécifique "

Cette dérive de l’activité prévoyance touche surtout les portefeuilles collectifs qui sont devenus déficitaires tandis que les contrats TNS sont juste à l’équilibre. Seuls les contrats individuels sont aujourd’hui encore rentables. « La prévoyance est un risque complexe qui nécessite un pilotage spécifique. Depuis 2 ou 3 ans, nous assistons à une régulation du risque prévoyance avec des redressements annuels opérés par les principaux acteurs du marché », précise Loredana Maïer qui se dit convaincue que le marché de la prévoyance connaîtra un pilotage identique à celui des acteurs en santé, avec des redressements annuels qui tiennent compte des évolutions réglementaires, conjoncturelles, et du contexte sanitaire.

Face à ce déséquilibre technique et structurel, quels leviers les organismes de prévoyance peuvent-ils activer ? « Outre un pilotage très fin du risque, nous devons développer, voire renforcer, les outils que nous avons déjà mis en place, et notamment les actions de prévention du risque arrêt de travail », ajoute la directrice générale de l’UNMI. C’est ainsi que dès le début de la crise sanitaire, l’UNMI a pris l’initiative d’élargir son offre de soutien psychologique Stimulus à l’ensemble de ses contrats en incluant les particuliers et les TNS.

► Lire l’article : Soutien psychologique : l’UNMI étend son offre prévoyance aux particuliers et aux TNS

L’union mutualiste réfléchit également à une nouvelle offre de prévention qui viendrait compléter celles déjà mises en œuvre par ses mutuelles adhérentes. Enfin, c’est par une approche commune que l’UNMI et ses partenaires entendent faire face à cette nouvelle donne. « C’est à l’UNMI de faire preuve de pédagogie dans les enjeux de ce nouveau pilotage, en sensibilisant nos partenaires à la gestion de leurs portefeuilles et en exerçant un contrôle accru sur les actes de gestion », conclut Loredana Maïer en rappelant que le rôle de l’UNMI est d’accompagner ses mutuelles adhérentes, de les former et de leur donner des outils nécessaires pour répondre le plus efficacement possible et à moindre risque aux nouveaux défis du marché de la prévoyance.

Sources

1 Rapport annuel 2021 de la CTIP.
2 News assurances pro : Forte hausse des arrêts de travail longs en 2021.

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