Prévoyance : un marché à hauts risques

Prévoyance : un marché à hauts risques
nesharm_PA / Getty Images / iStockphoto

Qu’elle soit individuelle ou collective, la prévoyance offre de belles perspectives de développement, à condition de prendre des précautions. C’est ce que révèle l’étude réalisée par Actuaris.

La prévoyance est aussi attirante que risquée. C’est bien ce que montre l’étude que vient de lui consacrer Actuaris – une démarche d’autant plus intéressante que les données sur ce risque sont rares. In fine, le cabinet de conseils en actuariat évalue le marché de la prévoyance à 29 Md€, divisé en trois parts – prévoyance collective, individuelle et assurance emprunteur – quasi égales. Un montant total inférieur à celui de la complémentaire santé, mais avec bien plus de potentiel. « Les besoins en prévoyance sont réels tant en individuel qu’en collective », confirme Céline Blattner, qui vient de prendre la direction générale d’Actuaris, avant de rappeler que « 3,3 millions de salariés non-cadres du privé ne dispo­sent d’aucune couverture ». Et pour ceux qui le sont, la couverture est souvent partielle et pourrait être améliorée.

Relais de croissance

Pas étonnant, donc, que la prévoyance fasse figure de relais de croissance, d’autant plus dans un contexte où l’activité s’avère compliquée tant en IARD qu’en épargne. La censure des clauses de désignation dans les branches professionnelles et les dispositions législatives (loi Hamon et amendement Bourquin) en assurance emprunteur ont, par ailleurs, ouvert plus grandement ces deux segments à la concurrence. L’étude d’Actuaris relève ainsi que le marché de l’assurance de prêt a progressé de 36 % entre 2007 et 2016. Et pour ne citer qu’elles, les mutuelles santé, poussées par l’impérieuse nécessité de se diversifier, ont récemment investi ce territoire de la prévoyance.

Toutefois, la rentabilité n’est plus tout à fait au rendez-vous. La prévoyance collective est dans le rouge et le ratio combiné de la prévoyance individuelle s’est fortement dégradé ces dix dernières années. En cause, le vieillissement de la population française, et tout particulièrement en collective. « Avec le recul de l’âge de la retraite, la part des seniors en activité est croissante, ce sont ceux qui pèsent le plus sur la sinistralité », explique Céline Blattner.

Céline Blattner, directrice générale d’Actuaris
« En emprunteur, la maîtrise de la tarification exige du temps »

  • Comment se comporte le marché de l’assurance emprunteur ?
    Pour prendre des parts de marché, les nouveaux entrants n’ont souvent d’autres choix que de se montrer plus agressifs sur les tarifs. Les bancassureurs vont certes subir une érosion de leurs portefeuilles, mais ils ont mis en place des stratégies défensives et peuvent s’appuyer sur des marges encore conséquentes. Il n’en va pas de même pour les assureurs alternatifs qui pourraient souffrir davantage de cette situation hyperconcurrentielle.
  • Est-ce que cette situation peut perdurer ?
    On peut s’interroger sur les tarifs pratiqués par certains nouveaux entrants. En assurance emprunteur, la maîtrise de la tarification exige du temps – 5 à 10 ans – et le nouveau contexte réglementaire (loi Hamon, amendement Bourquin...) oblige à retenir des hypothèses sur les comportements futurs des emprunteurs, faute de disposer encore de statistiques.

Baisse des taux

Et cela dans un contexte très défavorable. La baisse continue des taux depuis dix ans a eu pour conséquence de relever l’estimation de la charge de provision – « elle explique à elle seule une dégradation des ratios combinés de plus de 10 points en arrêt de travail », précise l’étude – et, dans le même temps, de réduire les produits financiers qui « ne permettent plus de compenser d’éventuelles pertes techniques ou de gestion. »

Si les taux d’intérêt peuvent difficilement aller plus bas, le vieillissement de la population va perdurer. « En seulement 8 ans (entre 2012 et 2020), le vieillissement de la population active (d’environ 1 an), explique à lui seul une hausse de la sinistralité en décès de 8 points », peut-on lire dans l’étude d’Actuaris. Et le cabinet d’actuariat pointe ainsi « un besoin de pilotage accru, face à un risque complexe à évaluer » sachant que ces « outils de pilotage sont indispensables pour disposer de cartographies précises de la rentabilité des segments de porte­feuilles, permettant d’opérer des redressements ciblés ». De fait, l’étude montre bien que, dans le cas de la collective, les résultats diffèrent fortement entre les TPE et les autres entreprises.

Bref, le bon sens et les règles de bonne gestion voudraient que les assureurs augmentent les primes et les cotisations. « Il y a une prise de conscience sur la nécessité de reconstituer les marges en prévoyance, mais elle est plus marquée au sein des tenants du marché que des nouveaux arrivants », explique Céline Blattner.

Autrement dit, la forte concurrence qui se développe sur la prévoyance risque encore de peser longtemps sur les tarifs. Même en assurance emprunteur les marges se réduisent et le risque de déconvenues paraît bien réel !

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